Le catalan en catalogne (Espagne)
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Institut de Sociolingüística Catalana
Versió catalana
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Le catalan en catalogne (Espagne)
  1. Introduction à la langue
  2. La langue dans le pays où elle est parlée
    1. Données générales sur la communauté linguistique
    2. Description géographique, démographique et linguistique
    3. Histoire générale de la région et de la langue
    4. Statut juridique et politique officielle
  3. Présence et usage de la langue par domaines
    1. Enseignement
    2. Autorités judiciaires
    3. Autorités et services publics
    4. Masse média et technologies de l'information
    5. Production et industries culturelles
    6. Le monde des affaires
    7. Usage familial et social de la langue
    8. Echanges transfrontaliers
  4. Conclusion


1. Introduction à la langue

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2. La langue dans le pays où elle est parlée

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2.1. Données générales sur la Communauté linguistique

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2.2. Description géographique, démographique et linguistique

La Catalogne occupe un territoire de 31.895 km2 à l'extrême nord-oriental de la Péninsule ibérique. Elle est traversée par quatre chaînes montagneuses, dont les Pyrénées sont la plus importante. La population est de 6.059.494 habitants (1991), ce qui représente 15,5% de la population totale de l'Espagne. La distribution démographique est très inégale: les zones proches à Barcelone ont une densité élevée (plus de 1.100 habitants par km2), tout spécialement l'aire métropolitaine de Barcelone (16.087 habitants par km2).

La croissance démographique de la Catalogne a eu lieu tout au long du XXe siècle suite aux mouvements migratoires successifs provenant d'autres régions d'Espagne, principalement dans les années 20 et entre 1940 et 1970 (entre 1961 et 1970 seulement, l'immigration nette fut de 720.000 personnes). Ainsi les personnes nées en-dehors de la Catalogne et leurs enfants représentent actuellement 41 % de la population totale.

La population est principalement urbaine puisque en 1991 plus de 3.500.000 personnes habitaient dans des villes de plus de 50.000 habitants, alors que seulement 6% habitaient dans des villages de moins de 2.000 habitants. Barcelone (1.681.000 habitants), l'Hospitalet de Llobregat (273.000), Badalona (218.000), Sabadell (189.000) et Terrassa (157.000) sont les villes les plus peuplées.

L'activité écononùque de la Catalogne est typique d'une société industrielle. En 1990, l'agriculture n'occupait que 4% de la population active, tandis que le secteur industriel occupait 34% du total, la construction 9%, et le secteur des services (où le tourisme occupe une place importante) avec 53% du total. Les quatre provinces catalanes ont un PIB supérieur à la moyenne nationale.

Quant à la démographie linguistique, les données du recensement de 1991 indiquent que 5.577.855 personnes âgées de plus de 2 ans comprennent le catalan (94% du total), 4.065.841 savent le parler (68%); 4.019.276 savent le lire (68%) et 2.376.201 savent l'écrire (40%). La compétence en catalan est en étroite relation avec l'origine culturelle. Là où le nombre de personnes nées en-dehors de la Catalogne est très faible, le pourcentage de ceux qui se déclarent capables de parler en catalan atteint presque 100%. Néanmoins, même dans les régions habitées majoritairement par les personnes nées en-dehors de la Catalogne, la compétence dépasse toujours 60% (sauf dans un cas du Baix Llobregat, où elle est légèrement inférieure).

La compétence a augmenté rapidement depuis 1975. La compréhension est passée de 81% en 1981 à 94% en 1991; la capacité de parler, de 64% (1986) à 68% (1991); la capacité de lire de 61% à 68%, et celle d'écrire de 32% à 40%. C'est d'ailleurs entre les jeunes de 10 à l9 ans que les niveaux de compétence linguistique sont les plus élevés. Selon une étude récente, 74% des adultes savent parler le catalan; 65% savent le lire et 41% savent l'écrire. Le catalan est la langue principale de 50% des enquêtés, alors que l'espagnol est celle de 49%. Environ 10% des personnes qui actuellement savent parler le catalan avaient l'espagnol comme langue habituelle dans leur enfance, mais ont adopté par la suite le catalan comme langue habituelle. La majorité des locuteurs catalans l'utilisent dans toutes les situations quotidiennes. Une autre source établit que 54% des adultes utilisent le catalan au foyer, 11 % le catalan et l'espagnol et 34% l'espagnol.

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2.3. Histoire générale de la région et de la langue

L'histoire de la Catalogne commence vers l'an 800 après J.C. avec la conquête par Charlemagne des terres du sud des Pyrénées qui avaient été occupées par les Sarrasins. Le texte le plus ancien totalement rédigé en catalan est un fragment d'une traduction du Foruni iudicuni (c.1131), un code de lois Wisigothique. Depuis son domaine originel aux deux côtés des Pyrénées, le catalan s'étendit vers le Sud, suite aux conquêtes des rois de la Couronne de Catalogne et Aragon. Vers la dénommée Catalunya Nova (1148-53), le Pays de Valence (1232-45) et les îles de Majorque et Ibiza (1229-35). Par la suite furent incorporées au royaume catalan, l'île de Menorca (1287), et la ville d'Alguer, en Sardaigne, qui fut repeuplée par les catalans dès 1372 et toujours catalanophone aujourd'hui. La Sicile, Naples, la Corse, et même Athènes -qui fut un duché sous influence de la Couronne de Catalogne et Aragon pendant près de 70 ans- furent conquises par les Catalans. Barcelone devint alors le premier port commercial de la Méditerranée occidentale, et établit des comptoirs commerciaux dans la plupart des villes d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Le premier code de lois maritùnes, "El Llibre del Consolat del niar", écrit à Barcelone, fixa les bases des relations commerciales entre tous les pays méditerranéens.

Le royaume de Catalogne et Aragon connu un embryon de monarchie constitutionnelle dès le Xlle siècle. Les rois devaient prêter serment aux Usatges i Cotistituciotis de Cataluilya (Usages et Constitutions de la Catalogne) qui limitaient quelque peu leurs pouvoirs. Les Corts (composées, à proportions égales, par l'Eglise, la noblesse commerçante et les artisans) furent créées en tant qu'organisme qui controlaît dans une certaine mesure les actions des souverains. Au cours du XlVe siècle fut créée la Generalitat de Catalunya, organisme éxécutif entre séances des Corts. Pendant tout le Moyen Age, le catalan fut la langue véhiculaire des sujets du roi d'Aragon dans le Principauté de Catalogne et les royaumes de Majorque et de Valence.

En 1469, Ferdinand d'Aragon épousa Isabelle de Castille et leurs deux royaumes s'unirent. À partir de ce moment-là, l'histoire de la Catalogne fut rattachée à celle de l'Espagne. Lorsque se produisit l'union des Couronnes d'Aragon et de Castille (1516), la langue catalane commença à connaître un certain déclin en tant qu'instrument de création littéraire, bien qu'elle continua à jouir de son statut de langue officielle jusqu'à l'extinction de la dynastie des Habsbourg.

Suite à la Guerre de Succession d'Espagne (1705-1715), Philippe V, de la dynastie des Bourbon, occupa Barcelone (1714), abolit toutes les institutions gouvernementales qui existaient encore en Catalogne, et fit appliquer les lois castillanes. L'espagnol devint la seule langue officielle de l'administration publique, alors que sa connaissance était loin d'être générale parmi la population. Plus tard, l'introduction de l'espagnol dans les domaines du commerce, de l'éducation publique et du notariat réduisit le catalan au domaine de l'oral et de la littérature populaire. Néanmoins, peu de temps après commença une étape connue sous le nom de Renaixença (Renaissance). Sur le plan économique, la Catalogne s'incorpora rapidement au processus d'industrialisation européen. La langue catalane renaquit comme véhicule de la culture littéraire et scientifique.

Les conflits d'intérêt entre la bourgeoisie catalane et les classes dirigeantes traditionnelles du reste de l'Espagne donnèrent naissance au catalanisme politique, qui devait introduire la question linguistique dans ses revendications réclamant l'autonomie. La bourgeoisie catalane commença à contrôler les conseils provinciaux et, grâce à la Mancomunitat (Organisme qui regroupa les conseils provinciaux catalans entre 1914 et 1925), fut mise en place une campagne de modernisation technique et administrative de la Catalogne, ainsi que la promotion de la langue catalane, d'où la création en 1907 de l'Institut d'Estudis Catalans (EEC), au sein duquel eurent lieu les travaux de codification du catalan (publication des normes orthographiques, du dictionnaire et de la grammaire normatifs entre 1913 et 1918).

La dictadure du général Primo de Rivera (1923-1930) abolit la Mancomunitat. Mais la proclamation de la Seconde République (1931) permit au catalan de récupérer le statut de langue officielle perdu au XVIIIe siècle. La Generalitat de Catalunya fut réinstaurée avec des compétences considérables. La guerre civile espagnole (1936-39) et la victoire du général Franco mirent fin à l'autonomie, et s'ensuivit une dure répression. Le franquisme (1939-1975) anéantit le processus de normalisation linguistique que la Generalitat avait entrepris quant à l'usage officiel et public du catalan, et à son introduction dans l'enseignement, les mass-média, le monde de l'édition, etc.

Une fois réinstaurée la démocratie, la Catalogne fut reconnue constitutionnellement en tant que nationalité et la Generalitat fut rétablie par un Décret Royal (1977), ce qui permit la récupération de l'usage public du catalan: la normalisation linguistique avait commencé. Ce processus engendra quelques réactions contraires, suite auxquelles les associations culturelles et civiques de la Catalogne fondèrent la Crida a la Solidaritat en Defensa de la Llengua, la Nacio i la Cultura Catalanes, organisation qui a fut très active au cours des années 80, mais qui décida son auto-dissolution en 1993. D'autres polémiques eurent lieu par la suite (sur la qualité de la langue parlée, sur le modèle de langue des médias, sur les programmes d'immersion à l'école) sans qu'aucune n'exerce une réelle influence sur la société catalane et son compromis avec la normalisation linguistique

Suite à la demande introduite par les parlements des Iles Baléares (1987) et de la Catalogne (1988) afin que le catalan soit reconnu comme langue officielle des institutions de la Communauté Européenne, le Parlement Européen approuva le 1 1 décembre 1990 la "Résolution sur la situation des langues dans la Communauté et sur celle de la langue catalane". Il est proposé au Conseil et à la Commission que les traités et textes fondamentaux des Communautés soient publiés en catalan; que l'information sur les institutions européennes adressée aux citoyens se fasse en catalan; que le catalan soit inclu dans les programmes établis par la Commission pour l'apprentissage des langues, et que le catalan soit utilisé dans les relations avec le public dans les délégations de la Commission des communautés autonomes concernées. Depuis 1986, la Commission a donné quelques aides à la promotion du catalan dans la Catalogne.

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2.4. Statut juridique et politique officielle

La Constitution espagnole de 1978 établit que le castillan est la langue officielle de l'État; que tous les espagnols ont le devoir de le connaître et le droit je l'utiliser; que les autres langues espagnoles seront également officielles dans les différentes communautés autonomes en accord avec leurs statuts d'autonomie; et que la richesse des diverses modalités linguistiques de l'Espagne est un patrimoine culturel qui doit être robjet d'une protection et d'un respect particuliers.

Outre les autres normes de l'Etat qui incluent des articles linguistiques dans les domaines éducatif, administratif social, etc., la Catalogne a sa propre législation. Le Statut d'Autonomie de la Catalogne (1979) affirme que "la langue propre de la Catalogne est le catalan; que la langue catalane y est la langue officielle, de même que le castillan, langue officielle dans tout l'Etat espagnol; que la Generalitat garantira l'usage normal et officiel des deux langues, adoptera les mesures nécessaires pour en assurer la connaissance et créera les conditions qui permettront d'atteindre leur pleine égalité en ce qui concerne les droits et les devoirs des citoyens de la Catalogne; et que la langue du Val d'Aran sera l'objet d'un enseignement, d'une protection et d'un respect particuliers."

La Loi 7/1983, de Normalisation Linguistique de la Catalogne, fut votée à l'unanimité au Parlement catalan, et développe le processus de consolidation de la langue catalane, tout particulièrement dans l'enseignement, l'administration publique et les médias. En 1993, le Conseller de Cultura (Ministre de la Culture du gouvernement autonome de la Catalogne) annonca la volonté du gouvernement de la mettre à jour à moyen terme.

Afin de développer les tâches annoncées dans cette loi, la Generalitat a mis en place (1980) un organisme chargée de coordonner les différentes actions entreprises: la Direction Générale de Politique Linguistique. Grâce au travail conjoint avec le Consell Social de la Llengua Catalania (1991), cet organisme a mis en place un premier Plan Général de Politique Linguistique, visant deux objectifs généraux: que la langue propre de la Catalogne soit habituellement utilisée par les institutions publiques et privées dans tous les usages publiques propres de leurs activités, en conditions de non-subordination; et que soient pleinement respectés les droits linguistiques de chaque citoyen de la Catalogne en ce qui concerne le développement de toutes les activités publiques, professionnelles, culturelles, sociales ou de loisir, dès lors que les pouvoirs publics doivent protéger l'exercice de ces droits, sans transgresser le droit collectif de la communauté linguistique à utiliser la langue propre du territoire.

La politique linguistique de l'état s'est caractérisée par une lente et timide adaptation à l'officialité des autres langues. Sauf quelques exceptions concrètes (formulaire de déclaration des impôts ou certaines campagnes institutionnelles), I'impression générale est que les institutions de l'Etat sont encore en retard quant à l'usage habituel des autres langues.

Quelques verdicts émis par le Tribunal Constitutionnel ont renforcé le statut du catalan, notamment celui qui autorise le gouvernement catalan à exiger la connaissance du catalan lors des épreuves de sélection des candidats à la fonction publique.

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3. Présence et usage de la langue par domaine

3.1. Enseignement

Depuis 1979 la Generalitat a pleine compétence sur l'enseignement, et la Loi de Normalisation Linguistique en Catalogne (1983) définit que le catalan est la langue propre de l'enseignement à tous les niveaux éducatifs; que les enfants ont le droit de recevoir le premier enseignement dans leur langue habituelle, qu'il s'agisse du catalan ou du castillan; que les deux langues devront être obligatoirement enseignées à tous les niveaux de l'enseignement non-universitaire, et que tous les enfants de la Catalogne devront pouvoir utiliser normalement et correctement le catalan et le castillan à la fin de leurs études primaires. Les élèves ne pourront pas être placés dans des centres scolaires différents en raison de leur langue maternelle, et la langue catalane sera employée progressivement à mesure que les élèves en auront la maîtrise.

La loi prévoit que les professeurs devront connaître les deux langues officielles, et que les programmes d'études pour la formation du professorat devront garantir que les élèves acquièrent una maîtrise suffisante du catalan et de l'espagnol. Dans les centres d'enseignement supérieur, les professeurs et les élèves ont le droit de s'exprimer dans toute situation, verbalement ou par écrit, dans la langue officielle de leur préférence. La Generalitat, qui créa en 1978 un Servei d'Ensenyament de Català, a suivi une politique d'accord avec l'esprit de la loi, promouvant le catalanisation des écoles (qui dépend, en dernière instance, de la décision du conseil scolaire de chaque centre éducatif).

En ce qui concerne le pré-scolaire, 87% des élèves ont reçu la plupart de l'enseignement en catalan (1992-93). Quant à la distribution d'élèves des classes qui ont le pourcentage adéquat d'élèves castillanophones pour pouvoir appliquer les programmes d'immersion, 82% des élèves des centres publics, et 53% des centres privés suivaient ces programmes.

Le catalan est la principale langue d'instruction de la plupart des centres d'enseignement primaire et elle est une matière obligatoire dans tous les centres. L'année scolaire 1992-1993, 69% des élèves ont reçu la plupart de l'enseignement en catalan. Presque tout le reste reçoit une partie de l'enseignement en catalan.

Pour ce qui est de l'enseignement secondaire, le catalan est la principale langue d'instruction de 73% des élèves de l'école publique, et de 74% des élèves des centres privés. Il est une matière obligatoire dans tous les centres. L'usage du catalan a considérablement augmenté au cours des dernières années, ainsi que la variété de livres de texte en catalan pour chaque âge et matière.

Dans l'enseignement technique, le catalan est la langue principale d'instruction de 31 % des élèves. Presque tous les autres reçoivent une partie de l'enseignement en catalan. Tous les élèves ont le catalan comme matière.

Quant à l'enseignement supérieur, 83% des étudiants de la Universitat de Barcelona, et 93% des étudiants de la Universitat Autonoma de Barcelona savaient parler le catalan en 1991-1992. A la Universitat Politècnica de Catalunya, le pourcentage pour l'année antérieure était de 68%. Quant aux épreuves d'accès à l'université, il y a eu une augmentation de l'usage du catalan au cours de ces trois dernières années (de 52% en 1990-91 à 59% en 1992-1993).

En ce qui concerne les professeurs, 51% des professeurs de l'UB donnent tous les cours en catalan, 60% de ceux de l'UPC utilisent toujours ou majoritairement le catalan; à l'Universitat Pompeu Fabra, 68% des matières sont en catalan, et à l'UAB, 67% du professorat donne les cours toujours ou majoritairement en catalan. La majorité des étudiants Erasmus (sauf certains étudiants de philologie romane) arrivent en Catalogne sans une connaissance suffisante du catalan pour pouvoir suivre les cours donnés en catalan, ce qui leur cause certains problèmes d'adaptation.

Cependant, le nombre de livres universitaires en catalan est très limité. La majorité des livres utilisés sont en espagnol ou en anglais selon les différentes spécialisations.

Un aspect important de l'enseignement en Catalogne est la formation pour adultes dont les compétences appartiennent à la Generalitat de Catalunya. Dans les programmes de cours de formation continue pour adultes, l'enseignement du catalan et du castillan est obligatoire.

Le Consorci per a la Normalitzacio Lingüistica, créé en 1988, coordonne les actions de promotion de la connaissance et de l'usage du catalan sur tout le territoire. Il est intégré par la Generalitat et plus de 100 corporations locales. Il offre des services permanents à l'ensemble de la population: enseignement du catalan aux adultes; consultation et assistance linguistique; activités de promotion de l'usage social du catalan. En 1991-92, le Consorci organisa 1.274 cours de catalan avec 25.843 élèves inscrits.

La Junta Permanent de Català, qui dépend de la Direcciô General de Politica Lingüistica, élabore et organise les épreuves pour l'obtention des certificats de connaissance générale de la langue catalane (en quatre niveaux) et de connaissances spécifiques. Le nombre d'inscriptions aux différentes épreuves est passé de 10.372 en 1991 à 36.621 en 1994.

La culture et l'histoire de Catalogne, ainsi que l'histoire de la langue, sont enseignées à tous les niveaux éducatifs obligatoires.

La formation des professeurs est prise en charge par les Escoles Universitàries de Formaciô del Professorat (Ecoles Normales), où le catalan est la langue d'instruction habituelle.

L'inspection scolaire, qui est prise en charge par le gouvernement de la Generalitat de Catalunya, contrôle la situation de la langue catalane dans les centres scolaires de primaire et secondaire.

La langue catalane est enseignée dans 110 universités du monde, dont 57 reçoivent une aide de la Generalitat de Catalunya. En 1993-1994, la Generalitat a promu la création ou la consolidation de 40 lectorats et 17 chargés de cours, dont 2 en Grande-Bretagne, 18 en Allemagne, 6 en France et 9 dans les autres pays de l'union Européenne. Il existe en outre plusieurs associations internationales: Anglo-Catalan Society, Associaciô Internacional de Llengua i Literatura Catalanes, Associazione Italiatia di Studi Catalani, North-American Catalan Society, Deutsche-Katalanische Gesellschaft. La Generalitat, co-fondatrice de lAssociation of Language Testers in Europe (ALTE), a créé le Certificat Internacional de Català pour les étudiants étrangers. Pour l'enseignement/apprentissage du catalan comme langue étrangère, il existe 10 méthodes rédigées en catalan (y compris le cours multi-média Digui, digui ... ), 13 méthodes rédigées en autres langues; et 7 livres ou méthodes complémentaires.

Le mouvement populaire qui commença dans les années soixante suite aux actions des cercles catalanistes qui revendiquaient le retour du catalan à l'école est de nos jours disparu, suite à la progressive réintroduction du catalan dans tous les centres scolaires. Omnium Cultural, une organisation culturelle privée responsable des cours de catalan pendant la dernière phase du régime franquiste et jusqu'à 1978, continue à aider les professeurs. De plus, toutes les années ont lieu plusieurs Escoles destiu (cours d'été de recyclage), dont la plus connue fonctionne depuis plus de 20 ans.

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3.2. Autorités judiciaires

La statut juridique du catalan dans le tribunaux de la Catalogne est définie par la Loi Organique 6/1985 du Pouvoir Judiciaire, qui permet son usage, et par la Loi de Normalisation Linguistique, de 1983, qui établit que les citoyens peuvent utiliser la langue officielle de leur choix dans leurs relations avec l'administration de Justice, sans qu'aucune traduction ne puisse être éxigée, que les documents présentés en catalan devant les tribunaux et les juges siégeant en Catalogne, ainsi que les comptes-rendus judiciaires établis en catalan, sont pleinement valides et recevables.

En général l'emploi du catalan est encore minoritaire, à l'exception de quelques tribunaux éloignés de Barcelone. 44% des rapports informels ou privés entre les membres de l'administration de Justice ou entre ceux-ci et les citoyens, se font en catalan. Dans les usages oraux de caractère formel l'usage du catalan descend à 15%, et seulement 8% des procès oraux se font en catalan. Dans les différents documents écrits (internes ou adressés aux citoyens), l'usage du catalan n'est que de 7%.

Si toutes les parties comprennent le catalan, et arrivent à un accord, l'avocat peut utiliser le catalan. Dans le cas contraire, l'avocat et le procureur sont obligés d' utiliser l'espagnol. En général, les travaux d'interprétation orale sont pris en charge gratuitement par des fonctionnaires du tribunal. Les réquisitoires et les témoignages, écrits ou oraux, formulés en catalan, sont souvent réfusés par les autorités judiciaires, malgré l'existence d'un service gratuit de traduction de textes judiciaires.

Cette situation est en partie explicable vu que le nombre de juges catalans est très faible et que le fait que le séjour des juges en Catalogne n'est que provisoire ne les encourage pas à investir beaucoup de temps dans l'appretissage du catalan.

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3.3. Autorités et services publics

La Loi de Normalisation Linguistique établit que le catalan est la langue spécifique du gouvernement catalan et de l'administration locale, et que les citoyens peuvent utiliser la langue officielle de leur choix dans leurs rapports avec l'administration. Le gouvernement catalan a émis de nombreux décrets d'action, ce qui a entrainé la presque totale catalanisation linguistique du personnel attaché à la Generalitat, ainsi que des documents produits par ses différents départements. Les documents officiels sont publiés en double version, en catalan et en espagnol. En outre, le Parlement de la Catalogne utilise presqu'exclusivement le catalan tant oralement que par écrit.

L'Administration locale s'est vue soumise aux décrets du gouvernement catalan et à l'heure actuelle la langue catalane y est prédominante dans les communications entre les fonctionnaires, entre ceux-ci et les citoyens et dans la production de documents. La rédaction des comptes-rendus des sessions, etc., se fait en catalan ou, rarement, en version bilingue. L'usage oral du catalan dans les assemblées municipales est presque total (sauf dans quelques communes de la région métropolitaines de Barcelone).

La maîtrise du catalan est une condition requise aux candidats aux épreuves d'accès à la fonction publique régionale, d'accord avec la Loi 17/1985 de la Fonction Publique de l'administration de la Generalitat.

Dans l'Administration déléguée de l'état en Catalogne, l'usage oral et écrit du catalan est très faible dans les rapports de celle-ci avec les citoyens, bien qu'il soit permis. Cependant, depuis 1990 le catalan est une condition requise pour accéder à certains postes.

La présence du catalan est importante dans les services publics: indications dans les hôpitaux publics, quittances et factures de téléphone, annuaire téléphonique, indications du bureau de poste, etc. sont généralement bilingues. Il existe la possibilité de choisir la langue de relation avec les compagnies de téléphone et d'électricité, et dans bureaux de poste et impôts. Par contre, presque toutes les indications et avis dans les commissariats de la police nationale sont rédiges en espagnol.

Quant à la toponymie, la Loi de Normalisation Linguistique établit qu'ils ont pour unique forme officielle (à l'exception de ceux du Val d'Aran) la forme catalane établie par le gouvernement catalan.

En ce qui concerne les prénoms et les noms de famille, une Loi de 1977 établit que les noms des nouveau-nés devront être enregistrés en une des langues espagnoles officielles, ainsi que les démarches à suivre pour traduire les noms et prénoms. La catalanisation des noms a été largement acceptée par la société.

Quant à la signalisation publique et routière, la situation a complètement changé depuis 1975. Ainsi, l'Arrêté Royal 334/1982 a établi le bilinguisme sur les panneaux de signalisation routière, aéroports, gares de chemins de fer, d'autobus et maritimes, ainsi que ceux des services publics d'intérêt général qui dépendent de l'administration centrale.

En ce qui concerne l'affichage dans les bâtiments publics des administrations régionale et locale, l'usage du catalan y est très majoritaire, ainsi que dans les installations publiques telles que piscines municipales, hôpitaux, salles omnisports, etc.

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3.4. Mass médias et technologies de l'information

Suite à la Loi de Normalisation Linguistique, la Generalitat a mis en place de nombreuses actions de promotion et règlement de l'usage du catalan dans les médias dont elle a la compétence et a établi que la langue normalement employée soit le catalan. En outre, elle est autorisée à subventionner les publications périodiques éditées totalement ou partiellement en catalan, et se doit d'encourager la promotion du catalan dans les stations de radio. La Generalitat donne également des aides financières à la presse écrite entièrement en catalan, à l'édition de publications périodiques, aux projets qui puissent étendre le catalan à la presse; et à l'utilisation de la presse en catalan comme véhicule de promotion et diffusion de la culture catalane.

En ce qui concerne la presse quotidienne, il existe 7 journaux écrits entièrement en catalan: Avui (fondé en 1976) a un tirage de 35.000 exemplaires- El Punt (fondé en 1979 à Gérone), 16.000 exemplaires, Regio 7 (fondé en 1978 à Manresa), 8.100 exemplaires; Diari de Girona (6 éditions par semaine), 7.500 exemplaires); Nou Diari de Reus et Nou Diari de Tarragona sont des initiatives assez récentes (tirage de 5 à 6.000 exemplaires). Bien que le catalan soit majoritaire dans la presse locale, les quotidiens catalans des grandes villes continuent à être minoritaire (quelque 10% de la circulation totale des journaux).

Quant aux périodiques, les plus importants sont: El Temps, publié à Valence, est un magazine hebdomadaire d'information générale (environ 26.000 exemplaires); Presència (supplément dominical du journal El Punt, 55.000 exemplaires); Serra d'Or (revue culturelle mensuelle, 8.000 exemplaires); et Cavall Fort (magazine bimensuel pour enfants, 25.000 exemplaires). Parmi les périodiques locaux: El 9 Nou-Osonia (deux éditons par semaine, 9.800 exemplaires), Diari de Vilanova et El 3 de Vuit (hebdomadaires, 5.600 et 5. 000 exemplaires respectivement).

Cinq stations de radio publiques émettent entièrement en catalan, 24 heures par jour: Ràdio Quatre, d'information générale; Catalunya Ràdio, d'information générale; Ràdio Associació de Catalunya, de musique moderne et pop; Catalunya Mùsica, musique classique, et Catalunya Informaciô. De plus, il y a 192 stations de radio municipales dont environ 80% des émissions sont en catalan.

Certaines stations de radio privées émettent en catalan, dont: Cadena Nova (7 stations locales qui émettent 50% des programmes en catalan; Antena 3 (30% des programmes en catalan), Cadenia M80 (10%), SER (1 5%); Cadena Flash (100%); Onda Cero (30%).

En ce qui concerne la télévision, quatre chaines publiques émettent sur le territoire de la Catalogne: les deux chaines Televisio de Catalunya (TV3, fondée en 1983), dont la programmation est variée; et Canal 33, plus spécialisée en programmes culturels et retransmissions sportives. Elles n'émettent qu'en catalan. Environ 80-85% de la publicité est en catalan. Le budget des deux chaines fût, en 1992, d'environ 190 milions d'ECU, dont 50% provenait de la publicité et 16% des subventions. Televisiôn EspaFiola est présente en Catalogne avec deux chaines (TVE1 et TVE2), qui émettent principalement en espagnol. En 1992, TVE en Catalogne émit en catalan 37 heures par semaine.

Il existe également depuis 1989 trois chaines privées qui ont leur siège à Madrid: Antena 3 TV n'émet en catalan que quelques programmes de nouvelles locales (15 minutes par jour); Tele-5 n'émet presque jamais en catalan, sauf quelques programmes de nouvelles locales (15 minutes par jour), bien que depuis mars 1994, elle a commencé à émettre quelques programmes en catalan au moyen du système dual. Canal Plus (fondé en 1990) est la seule chaine payante. Elle n'émet que quelques programmes de nouvelles locales (15 minutes par jour). Il faut aussi faire état des 50 chaines de TV locales. Leurs programmes sont majoritairement en catalan, à l'exception des films, et des vidéoclips.

Quant à l'audience des différentes chaines, la situation est la suivante: (a) les chaines en catalan: les émissions de TV3 sont suivies par 42% de l'audience, et celles de Canal 33 par 14%; (b) les chaînes publiques en espagnol: 54% pour TVE 1 et 22% pour TVE 2. Quant aux chaînes privées, Tele-5 avait une audience de 34%, Antetia 3, 25% et Canal Plus, 5%.

Finalement, le catalan est présent dans le monde de l'informatique avec cinq systèmes opérants (dont Windows 3.1, MS-DOS 5.0 et Macintosh 7.1). La catalanisation de MS-DOS 5.0 s'est produite grâce à la collaboration entre UNISYS, Siemens-Nixdorf, Olivetti, Investrônica, Quars, IBM, ICL España, Hewlett-Packard, Fujitsu Espanã, Data General Bull et APD-microteam. Il existe également quelques vérificateurs orthographiques pour le'catalan: ADHOC (développé par le Programa d'Informàtica Educativa du Département d'Éducation de la Generalitat): IBM (collaboration entre le gouvemement catalan et la Universitat de Barcelona); et Microsoft Word. En 1993, il y avait au moins 177 logiciels en langue catalane, produits par les différentes entreprises présentes sur le marché catalan. De plus, la maison d'édition Enciclopèdia Catalana a publié un dictionnaire catalan-espagnol-anglais (Hiperdiccionari) sur plateforme CD-ROM (1993).

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L'édition de livres en catalan eest multiplié depuis le mort du général Franco. En 1993 furent publiés 5.905 titres en catalan (12% du total de l'édition en Espagne), dont 4.582 en Catalogne et le reste à Valence et aux îles Baléares. Par genres, les données pour 1992 étaient les suivantes: livres de texte et scolaires (24%); ouvrages littéraires (19%) et livres d'histoire (8%). près de 20% des livres publiés en catalan sont des traductions, principalement de l'anglais, de l'espagnol et du français. Il existe également de nombreuses rencontres littéraires (Setmana del Llibre en Català, Setmana del Llibre Infantil; Fira del Llibre de Barcelona). Il existe depuis longtemps un Pen Club Català.

Depuis environ cinq ans, la discographie catalane est de bonne heure depuis l'éclosion et l'impact social et commercial de groupes de rock qui chantent en catalan (Sazi, Sopa de Cabra, els Pets, Sangtraït). De plus, quelques membres du mouvement d'auteurs-compositeurs né dans les années soixante -la Nova Cançô Catalana- continuent leur carrière avec beaucoup de succès.

L'activité théâtrale en catalan (très prestigieuse et traditionnelle) est de grande qualité.Un bon nombre de groupes professionnels travaillent entièrement (ou presque) en catalan: Els Comediants, La Compagnie Flotats, La Cubana, Dagoll-Dagom, Els Joglars, Teatre Lliure, la Companyia Nacional de Teatre, la Fura dels Baus, El Tricicle, Vol Ras, etc. Quant au nombre de spectateurs, plus de 483.000 personnes ont assisté à des pièces de théâtre en catalan à Barcelone pendant la saison 1989-1990.

Dans le monde cinématographique, les subventions assignées par l'Etat pour la production de films ne tiennent pas compte de la langue.En revanche, les aides officielles assignées par la Generalitat exigent que les films présentés en Catalogne soient exclusivement en catalan. Entre 1990 et 1993, 44 films ont été tournés en catalan.

Presque tous les films étrangers sont doublés en espagnol. Depuis 1991, le Département de Culture du gouvernement catalan donne des aides économiques aux entreprises de distribution pour doubler, sous-titrer, et faire la promotion de la version catalane. Le budget destiné aux subventions pour le doublage et sous-titrage a été de quelque 850.000 ECU pour 1993. En outre, suite à la nouvelle loi espagnole concernant l'industrie cinématographique (1994), le nombre d'entreprises de distribution qui doublent au catalan, sans avoir recours à la subvention du gouvernement catalan, a augmenté.

Dans le domaine des festivals culturels, de nombreuses rencontres ont lieu chaque année, dont la Nit de Santa Llùcia au cours de laquelle est décernée une douzaine de prix littéraires, et le Premi d'Honor de les Lletres Catalanes, décerné à un intellectuel par Ômnium Cultural, outre les quelque 5.000 rencontres culturelles locales organisées par les différentes associations de culture populaire catalane.

Finalement, l'activité terminologique est assurée par le Termcat, créé en 1987 par le Département de Culture de la Generalitat et l'Institut d'Estudis Catalans et chargé de la recherche technologique dans tous les domaines scientifiques et technologiques, ainsi que de la publication de lexiques et vocabulaires (dont celui des sports olympiques en vue des Jeux Olympiques de 1992).

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3.6. Le monde des affaires

Le catalan aune présence importante dans le monde du travail. Par exemple, dans le secteur privé la connaissance de la langue catalane est un mérite important pour accéder à de nombreux emplois (surtout dans les postes d'attention au public), ce qui a entrainé à ce que la population considère qu'il est plus difficile de trouver un emploi sans une bonne maîtrise du catalan.

Dans le monde de la publicité, le catalan est présent partout (médias audio-visuels, presse, magazines) bien que la publicité en espagnol sur la voie publique soit largement majoritaire, à l'exception de la publicité institutionnelle, majoritairement en catalan.

Quant aux informations pour le consommateur et à l'usage du catalan sur les étiquettes et les modes d'emploi, le gouvernement de l'état et celui de la Catalogne ont déployé de nombreuses normes légales. La Generalitat a établi, suite à un décret, la liberté linguistique dans l'étiquetage des produits commercialisés en Catalogne, tandis que le gouvernement de l'état garantit que "les indications obligatoires de l'étiquetage des produits (..) s'énonceront nécessairement au moins en la langue espagnole officielle de l'état. "

La Loi 3/1993 de la Generalitat de Catalunya, du Statut du Consommateur, définit les droits du consommateur à recevoir en catalan l'information référente aux produits et aux services, et aux documents relationnés avec la contratation, et à être reçu dans la langue officielle de son choix. Depuis 1975, l'usage du catalan dans ce domaine montre une tendance, lente mais constante, à la hausse, principalement dans les produits suivants: vins et liqueurs; pâtisserie et boulangerie; produits laitiers; viandes et saucissons, huiles et produits artisanaux locaux.

Quant au monde syndical, les deux principales centrales syndicales (UGT et CC.00) ainsi que certaines associations de patrons ont créé des services linguistiques.

Dans le secteur commercial, 58% des établissements utilisent le catalan sur les enseignes et affiches, et 85% des commerçants utilisent de préférence le catalan dans leurs rapports avec les clients.

Quant au secteur bancaire, toutes les caisses d'épargne (qui dominent ce secteur en Catalogne), laissent à leur clientèle le choix de la langue de communication, alors que les services comme les cartes de crédit, chéquiers, etc., sont bilingues.

Dans les entreprises, environ 90% des cadres des grandes entreprises ayant leur siège en Catalogne comprend, lit et parle correctement le catalan (leur compétence écrite diminuant jusqu'à 40%), alors que l'usage oral est également assez élevé. 66% du personnel d'attention au public parle majoritairement le catalan (78% entre le personnel d'administration). La compétence orale en catalan est un critère de sélection du personnel dans 47% des cas (30% dans le cas de la compétence écrite). Certaines variables marquent l'usage linguistique des entreprise: l'importance du marché catalan, espagnol ou international pour les produits de rentreprise; l'origine géographique et culturelle des propriétaires; et l'origine des principaux cadres.

Quant aux initiatives populaires pour accroître l'usage du catalan dans le commerce et les affaires, la Crida a la solidaritat organisa dans le passé de nombreuses campagnes populaires pour sensibiliser la population. L'Associacio en Defensa de l'Etiquetatge en Català (ADEC) a organisé au cours de ces dernières années des expositions des produits étiquettés en catalan.

Finalement, le Département de Culture catalan a établi avec plusieurs entreprises et organisations du secteur économique des accords de collaboration visant la création de services linguistiques dans leurs organisations, avec le soutien du Consorci per la Normalitzaciô Litigüistica.Le Département de l'Industrie donne des subventions pour la catalanisation des différents secteurs industriaux.

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3.7. Usage familial et social de la langue

Comme nous l'avons déjà vu, le nombre de personnes qui ont aujourd'hui le catalan comme langue habituelle est supérieur au nombre de personnes qui avaient l'espagnol comme langue principale dans l'enfance. Ceci a entrainé que le catalan soit la langue habituelle d'un peu plus de la moitié de la population de la Catalogne (et de presque toute la population d'origine catalane) suite à un mouvement de bilinguisation parmi les castillanophones. Ainsi donc, l'usage social (et dans une moindre mesure l'usage familial) du catalan s'est accru depuis 1975.

Quant aux jeunes, le catalan est la langue la plus utilisée en famille. Un nombre croissant de familles utilisent à la fois le catalan et l'espagnol. L'espagnol est la langue d'usage famillial de plus d'un tiers des jeunes. Il y a eu un processus lent mais constant d'amélioration des compétences linguistiques de chaque nouvelle génération, suite à l'augmentation de l'usage du catalan à l'école depuis 1980.

Outre le fait que les locuteurs de catalan soient perçus comme ayant un statut social plus élevé que les autres, l'usage du catalan est également considéré comme un facteur central dans la définition de l'identité sociale des catalans. De plus, la forte immigration castillanophone qui eut lieu entre 1950 et 1970 a contribué à renforcer le statut social des locuteurs de catalan, dans la mesure où la marginisation économique et sociale que subirent les immigrés sous le franquisme leur fit percevoir la maîtrise du catalan comme un des principaux facteurs de mobilité sociale.

Quant à la religion, même si la pratique religieuse a descendu considérablement au cours de ces vingt dernières années, l'Eglise catholique est étroitement liée à la langue, non seulement par l'usage du catalan lors des célébrations religieuses, mais également par le rôle de résistance joué par l'Abbaye de Montserrat et les mouvements catholiques pour la jeunesse lors des années soixante et septante.

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3.8. Echanges transfrontaliers

À l'interieur de l'Espagne, jusqu'à il y a peu, les échanges réels entre les gouvernements de la Catalogne et Valence ont été très limités, malgré les contacts techniques entre cadres. La relation avec le gouvernement des Iles Baléares est plus fluïde, mais les grandes différences sociolinguistiques entre ces deux territoires ont rendu difficile la signature d'accords bilatéraux.

Quant aux relations avec les communautés catalanes hors d'Espagne, il n'y a pas d'accords entre les gouvernements espagnol et français pour encourager et aider la survie de la culture catalane dans la Catalogne du Nord.

En revanche, il y a des contacts profonds avec Andorre depuis plus de dix ans. En fait, la reconnaissance du catalan dans quelques organisations internationales est due à ce qu'Andorre a eu pendant sept siècles, le catalan comme seule langue officielle.

Au cours de ces dernières années, les échanges sont de plus en plus nombreux entre les deux côtés des Pyrénées, entre la Generalitat, l'Universitat de Girona, le Chambre de Commerce de Girona, les villes de Figueres, Port-Bou, Girona, etc. et leurs homologues de la Catalogne du Nord. Il existe des programmes éducatifs communs entre les universités de Girona et Perpignan, ainsi que l'échange de matériaux didactiques (pour enseigner le catalan, mais aussi d'autres matières avec le catalan comme langue véhiculaire) entre de nombreuses organisations et institutions universitaires.

Depuis 1992, un accord signé entre la Generalitat et le Ministère espagnol des Affaires Etrangères à la demande des universités étrangères, permet aux lecteurs de castillan d'enseigner aussi le catalan (cet accord a été mis en place au Danemark. en 1993).

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4. Conclusion

Au cours de l'élaboration de ce rapport, plusieurs informateurs nous on fait parvenir leur opinion dans le sens que la situation du catalan en Catalogne (et en moindre mesure à Valence et aux îles Baléares) n'est pas comparable à celle des langues traitées dans le cadre des travaux de l'EBLUL ou de la Charte Européenne sur les Langues Régionales ou Minoritaires. Evidemment, la situation du catalan dans la région orientale de l'aragon, en Catalogne du Nord ou encore en Sardaigne, est très différente et nous montre une situation malheureusement très typique de l'Europe actuelle. Ceci est également le cas, par exemple, de deux langues officielles de l'Union Européenne, le néerlandais et l'allemand, en France.

La Catalogne se trouve, entre les cas étudiés, au seuil de ce que les catalans appellent la normalisation de l'usage de leur langue, ce qui leur rend difficile le fait de comprendre quelle ne soit pas une des langues officielles de l'UE. La situation du catalan (parlé par quelque sept milions de personnes) est doublement mal comprise. En Europe, mais aussi en Espagne, il existe une certaine ignorance dans l'opinion publique sur la vitalité du catalan. Mais la Catalogne n'a pas toujours les moyens d'éviter cet état de choses, bien que, par exemple, la célébration des Jeux Olympiques de 1992 à Barcelone ait permis de mieux faire connaître la situation. Ceci a entrainé que la récupération de l'usage social du catalan soit considérée faussement comme une sorte de miracle. La politique linguistique a été conduite par des institutions démocratiques et, donc, avec le soutien majoritaire de la population, ce qui rend la population de la Catalogne très sensible aux questions reliées à leur langue dans tous les domaines de la vie quotidienne.

La Catalogne est une des régions européennes les plus intégrées sur le plan économique, avec un pourcentage très important de travailleurs qui ne sont pas d'origine culturelle catalane. L'intégration linguistique et culturelle de cette population est indispensable pour que le catalan continue à être la langue véhiculaire d'une culture moderne, industrielle et urbaine. Néanmoins, l'intégration des castillanophones a été gravement entravée par le franquisme, ce qui a entrainé que les descendants de ces immigrés peuvent dire aujourd'hui "Nous sommes catalans", sans savoir le dire en catalan.

L'objectif de l'intégration linguistique sera beaucoup plus réalisable si le catalan réussit à récupérer son hégémonie comme langue territoriale. Son utilité pratique va de pair avec son prestige social, et avec le prestige du catalanophone, qui a été toujours élévé.

Le passage obligatoire à une autre langue lorsque le citoyen veut s'adresser à certaines administrations (centrales et européennes) crée une distance entre celles-ci et le citoyen. Ceci est vrai dans tous les cas étudiés dans notre rapport, mais dans le cas catalan, langue largement utilisée pour toutes les fonctions communicatives de la société, cette sorte de "discrimination administrative" offre un contraste énorme avec la réalité sociolinguistique catalane.

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