Le catalan dans la communauté valencienne
xx-xx-xxxx
http://www.uoc.es/euromosaic/web/document/catala/fr/i2/i2.html
Institut de Sociolingüística Catalana
Versió catalana
English version
Le catalan dans la communauté valencienne
  1. Introduction à la langue
  2. La langue dans le pays où elle est parlée
    1. Données générales sur la communauté linguistique
    2. Description géographique, démographique et linguistique
    3. Histoire générale de la région et de la langue
    4. Statut juridique et politique officielle
  3. Présence et usage de la langue par domaines
    1. Enseignement
    2. Autorités judiciaires
    3. Autorités et services publics
    4. Masse média et technologies de l'information
    5. Production et industries culturelles
    6. Le monde des affaires
    7. Usage familial et social de la langue
    8. Echanges transfrontaliers
  4. Conclusion


1. Introduction à la langue

Cette rubrique ne contient pas de données pour cette langue.

[Retour au sommaire]


2. La langue dans le pays où elle est parlée

Cette rubrique ne contient pas de données pour cette langue.

[Retour au sommaire]


2.1. Données générales sur la Communauté linguistique

Cette rubrique ne contient pas de données pour cette langue.

[Retour au sommaire]


2.2. Description géographique, démographique et linguistique

La Communauté Autonome de Valence (souvent appellée País Valencià) se trouve sur la côte est de la Péninsule Ibérique. Elle limite au nord avec la Catalogne et l'Aragon, à l'ouest avec Castilla-La Mancha, au sud avec Murcie et à l'est avec la mer Méditerranée. La superficie totale de la région (organisée en trois provinces: Castelló, València et Alacant) est de 22.291 km2.

Le domaine linguistique du catalan dans la région concentre 89% de la population et comprend la plupart des comarques ou districts du territoire de la Communauté Autonome, à l'exception de onze districts de l'arrière-pays, de langue espagnole. Au sud de la Communauté Autonome, le catalan est parlé dans une trentaine de hameaux de Murcie.

La population de la région est de 3.857.234 habitants (1991). L'augmentation globale de ces dernières années a été cependant inégale: la croissance démographique a été plus forte le long de la côte (là où se trouvent les villes les plus importantes) que dans l'arrière-pays. Presqu'un quart de la population est né hors de la région (principalement des immigrants venus des régions limitrophes et d'Andalousie, surtout au cours des années soixante). De plus, il y a eu aussi un fort mouvement migratoire de la campagne vers les villes.

Quant à la distribution géographique, 35% de la population habite dans les villes de plus de 50.000 habitants (dont plus de 600.000 à Valence); 12% dans les villes moyennes (10 à 50.000 habitants) et 53% dans les villes et villages de moins de 10.000 habitants.

L'économie de la région se caractérise depuis les années soixante par une combinaison entre les produits agricoles (surtout les agrumes qui s'exportent vers les pays de l'Union Européene); les industries (qui occupent 28% de la population); la construction (8% des emplois); et, surtout le secteur terciaire (principalement le tourisme), qui emploie 57% de la population active. Ceci a entraîné que le rythme du développement économique de la région soit plus élevé que celui de la moyenne nationale.

Le catalan parlé dans la région est aussi appellé couramment valencià depuis au moins le XVe siècle. L'usage officiel de ce nom a produit certaines confusions quant à l'unité de la langue catalane, bien que depuis 1932 le valencià s'écrive d'accord avec les normes de l'Institut d'Estudis Catalans, tout en tenant compte des différences régionales sur le plan morpho-syntaxique.

Selon le recensement de 1991, 1.909.000 personnes savent parler le catalan (51% de la population), et 502.000 personnes (15%) savent l'écrire, surtout les plus jeunes. Selon une enquête publiée en 1992 par le gouvernement régional, 67,5% des personnes interrogées des districts catalanophones ont declaré savoir parler le catalan "parfaitement" ou "assez bien" (environ 2.300.000 personnes), alors que 47,5% déclaraient savoir le lire et 17,2% l'écrire. Ceci indique une rapide amélioration par rapport aux resultats d'une enquête réalisée en 1986, suite à l'augmentation de la présence du catalan à l'école (bien que l'usage familial ou habituel du catalan soit plus bas parmis les jeunes). Les progrès ne sont pas les mêmes sur tout le

territoire. En effet, à l'extrême sud de la région le catalan a presque disparu, et dans la plupart des grandes villes seule une minorité de la population l'utilise habituellement, non seulement comme conséquence des mouvements migratoires, mais aussi suite à l'actuelle situation de diglossie.

[Retour au sommaire]


2.3. Histoire générale de la région et de la langue

Le catalan fut introduit dans la région par le roi Jacques I d'Aragon et de Catalogne, lors de la conquête de ces territoires sur les Musulmans (XIIIe siècle). Le territoire fut très lentement repeuplé à l'aide de colons catalans (sur la côte) et aragonais (dans l'arrière-pays). Malgré leur conversion au christianisme au début du XVIe siècle, la population d'origine musulmane (plus de 170.000 personnes) fut expulsée, ce qui entraîna une catalanisation complète des localités du littoral. L'ancien Royaume de Valence conserva ses liens confédéraux avec le Royaume d'Aragon jusqu'au début du XVIIIe siècle, date à laquelle il perdit ses institutions de gouvernement particulières et, notamment, la Generalitat.

Le XVe siècle fut l'époque où Valence atteint l'apogée de sa splendeur culturelle et linguistique et produisit d'importants écrivains (par exemple, Ausiàs March et Jordi de Sant Jordi), bien que la castillanisation des classes dirigeantes commença dès le siècle suivant (bien avant que dans les autres territoires de langue catalane).

La perte de l'usage culte du catalan à Valence n'a été renversée que très partiellement, vu la faiblesse locale du mouvement littéraire et culturel de la Renaixença (surgi en Catalogne vers 1840). Néanmoins, la région a produit d'importants écrivains en langue catalane au cours du XIXe siècle. Cependant, suite à la Restauration monarchique du XIXe siècle et jusqu'aux années cinquante, les mouvements culturels de défense du catalan furent assez faibles et eurent peu d'influence sur la société.

La récuperation du gouvernement régional fut prévue lors la II République (1931- 1939), mais ne vit jamais le jour à cause la guerre civile espagnole. Ce n'est qu'en 1978 (avec un gouvernement provisoire) et définitivement en 1982, suite à la mise en place du Statut d'Autonomie, qu'il fut restauré.

Au cours des années soixante, différents groupes sociaux (culturels, associations civiques en tout genre, etc.) commencent à revendiquer l'usage du catalan en fonctions d'exposés politiques concrets. Ils revendiquent une langue qui ne serve pas seulement pour la littérature, mais aussi dans la vie quotidienne. D'entre celles-ci, les plus dynamiques sur l'ensemble du territoire furent le Secretariat de l'Ensenyament de l'Idioma; Acció Cultural del País Valencià, alors que sur le plan local la Fundació Huguet (Castelló de la Plana), l'institution Alfons el Vell (Gandia) et les Col·lectius en defensa de l'idioma exercèrent une grande influence sur la société. Certains secteurs sociaux continuent d'ailleurs à maintenir des revendications linguistiques qui vont au-delà des actions entreprises par les pouvoirs publics.

Parallèllement, il existe certains groupes d'opposition à la langue catalane, très actifs, qui organisent régulièrement des campagnes visant à empècher l'usage du catalan et qui contestent l'unité de la langue (ce qui les entraîne à promouvoir le sécessionisme linguistique du valencien).

[Retour au sommaire]


2.4. Statut juridique et politique officielle

Le catalan (valencià d'après la dénomination officielle) et l'espagnol sont les deux langues officielles de la région, d'accord avec le Statut d'Autonomie de 1982.

En 1983, le Parlement régional (Corts Valencianes) approuva la Llei d'Ús i Ensenyament del valencià, actuellement en vigeur. La loi divise en deux le territoire de la région, en fonction de la langue traditionnelle des différents districts (11 de langue castillane et 23 de langue catalane).

La Loi établit l'edition bilingue des lois régionales, ainsi que la pleine validité des documents redigés en catalan; la nécessité que tous les employés publics aient une maîtrise suffisante du catalan; et définit l'utilisation du catalan dans le système éducatif et les mass-médias. La Loi engage la Generalitat à promouvoir le présence du catalan dans les activitiés privées (professionnelles, associatives, ludiques et autres).

En 1989, le gouvernement régional a transformé le Servei d'Ús i Ensenyament del Valencià en Direction Générale de la Politique Linguistique, et publia l'année suivante un Pla triennal per a la promoció de l'Ús del valencià a la Comunitat Valenciana (Plan triennal pour la promotion de l'usage du valencien dans la Communauté de Valence).

[Retour au sommaire]


3. Présence et usage du catalan par domaine

3.1. Enseignement

La Generalitat Valenciana a pleine compétence dans tous les niveaux du système éducatif. La politique officielle se caractérise par le soutien à l'introduction du catalan comme langue véhiculaire dans les écoles, et par la mise en place de méthodes d'immersion linguistique pour les élèves castillanophones. Ainsi, la Llei d'Ús i Ensenyament del Valencià établit que le catalan et l'espagnol sont matières d'étude obligatoire dans tous les niveaux de l'éducation non universitaire (excepté dans la zone castillanophone, où l'introduction du catalan sera progressif), et que les pouvoirs publics veilleront à ce que tous les élèves reçoivent leur premier enseignement dans leur langue habituelle; et que les plans d'étude pour la formation des professeurs seront adaptés à ces objectifs.

L'enseignement du catalan en tant que matière est déjà un fait accompli. Depuis 1983 (et surtout depuis la fin des années quatre-vingt), le catalan s'utilise de plus en plus comme véhicule d'instruction. Ce sont souvent les groupes impliqués (professeurs, parents) qui prennent l'initiative: la politique officielle leur donne la capacité de décision. Une proposition de la Generalitat Valenciana de 1991 invite les établissements à établir leur propre projet de normalisation linguistique.

Dans les niveaux préscolaire, primaire et premier cycle du secondaire (jusqu'à 14 ans), le catalan est la principale langue d'enseignement dans certains établissements, et il est une matière obligatoire dans toutes les écoles et lycées (sauf dans les districts castillanophones). Par ailleurs, l'usage du catalan comme langue véhiculaire du préscolaire et du primaire a considérablement augmenté au cours de ces dernières années suite à la création des filières scolaires appellées línies en valencià. En 1983-84, seuls 10 établissements scolaires enseignaient entièrement ou partiellement en catalan (soit quelque 1.500 élèves) alors que neuf ans plus tard ce chiffre était passé à 392 établissements (soit presque 40.000 élèves). Presque tous ces établissements sont des écoles publiques. Malgré tout, un décret de 1991 émanant du gouvernement régional qui obligeait tous les centres à donner un minimum de cours en catalan et en espagnol, à partir de 8-9 ans, a été très critiqué dans quelques secteurs opposés à l'extension de l'usage du catalan (surtout dans la ville de Valence), ce qui a entraîné sa dérogation au cours de cette année. Malgrés les progrès réalisés dans les programmes d'immersion pour les élèves castillanophones (7.740 élèves suivaient ces programmes en 1992-93), ceux-ci ont été beaucoup plus lents dans les zones urbaines où l'influence de espagnol est prépondérante. Ainsi, seulement 4% des élèves de préscolaire des villes d'Alacant et València suivent ces programmes; 9% à Elx, et 14% à Castelló de la Plana.

Dans le second cycle du secondaire (14-18 ans), l'augmentation de la présence du catalan a été considérable. Le catalan est une matière obligatoire dans tous les établissements, alors qu'il y a à peine quinze ans il n'était enseigné que très sporadiquement. Si en 1983-84, 1.280 élèves recevaient l'enseignement entièrement ou partiellement en catalan, en 1993-94 le chiffre est passé à 79.508 élèves (soit 32% du total), principalement dans les écoles publiques.

Par contre, dans l'enseignement supérieur la présence du catalan semble être nettement inférieure à 10% dans les quatre universités de la région, malgré les quelques progrès réalisés. Il semblerait cependant que la demande de cours soit supérieure à l'offre. En revanche, l'usage du catalan est nettement plus répandu comme langue de relation sociale dans le milieu universitaire.

Quant au matériel pédagogique disponible, il existe de nombreux manuels et livres de texte en catalan pour les cours d'histoire, de géographie et de langue catalane, ainsi qu'un nombre considérable de dictionnaires, vocabulaires professionnels et techniques, vidéo-cassettes, etc. En ce qui concerne les ouvrages spécialisés de niveau universitaire, la majorité sont édités en Catalogne.

Il existe un programme systématique de formation linguistique pour adultes qui offre la possibilité de choisir entre plusieurs niveaux d'approfondissement des connaissances (à l'aide d'une large panoplie d'ouvrages pédagogiques et de revues spécialisées), ce qui a entraîné de grands progrès quant à l'amélioration des compétences linguistiques de la population adulte.

Parallèllement, la Junta Avaluadora de Valencià, créée par le gouvernement régional en1986 et qui relève de la Direcció General de Politica Lingüística, organise les Exàmens Oficials de Valencià pour les adultes qui suivent des cours de catalan organisés par le gouvernement régional et les associations culturelles privées. Les examens de la Junta sont équivalents aux examens de la Junta Permanent de Català1, de telle sorte qu'un accord signé par les gouvernements de la Catalogne, la Comunitat Valenciana et les Iles Baléares reconnait l'équivalence des examens respectifs.

En ce qui concerne la formation des enseignants, les écoles universitaires de formation du professorat utilisent le catalan comme langue véhiculaire, et son usage social y est beaucoup plus élevé que dans le reste du milieu universitaire.

La Generalitat Valenciana organise tous les ans des cours de recyclage à trois nivaux pour ses fonctionnaires (surtout les enseignants). Le gouvernement régional organise aussi des cours d'été pour les professeurs du primaire et du secondaire. Quant au système d'inspection, la Unitat Territorial d'Inspecció Educativa du Departament d'Educació i Ciència (enseignement primaire et secondaire) exerce les compétences en cette matière qui ont été transférées par l'Etat à la Generalitat.

Finalement, il existe de nombreux mouvements et associations qui revendiquent une présence plus large du catalan dans l'enseignement (par exemple, la Coordinadora de les Associacions "Escola Valenciana") au moyen de manifestations et rassemblements, ainsi que de fêtes culturelles comme la Festa par la Llengua (qui rassembla quelque 70.000 personnes l'année dernière). Il existe également des mouvements de signe contraire qui revendiquent un plus grand nombre d'exemptions des cours de catalan ou qui s'opposent ouvertement aux línies en valencià, comme par exemple la Coordinadora pro libertad de enseñanza en castellano.

[Retour au sommaire]


3.2. Autorités judiciaires

Bien que le catalan soit officiel dans toute la région, son utilisation est pratiquement nulle dans les tribunaux, malgré quelques initiatives mises en place par la Direcció General de Política Lingüística. Des interprètes sont quelquefois disponibles, sans qu'aucune mesure n'ait été prise afin de garantir la compétence linguistique des employés des tribunaux.

Les textes rédigés en catalan sont valides selon la loi de 1983. Les lois du parlement régional se publient en double version, catalan et espagnol. Les lois générales de l'Etat ne se publient qu'en espagnol.

[Retour au sommaire]


3.3. Autorités et services publics

L'administration de l'Etat fait de par elle-même peu pour promouvoir l'utilisation du catalan dans ses bureaux, et en laisse le soin à l'administration régionale. Le gouvernement de la Generalitat lui-même utilise peu le catalan, ce qui a provoqué la dénonce de certains partis politiques de l'opposition et des associations de promotion du catalan (par exemple, au cours des neufs premiers mois de 1993, seulement 11 actions officielles se sont réalisées en catalan sur un total de 7.064).

La Generalitat Valenciana a cependant créé en 1989 la Direcció General de Política Lingüística, organisme qui a mis en place un plan stratégique pour la promotion du catalan dans la région. A ce jour, son champ d'action s'est surtout tourné vers les attitudes linguistiques et le monde commercial.

En ce qui concerne l'administration locale, la situation présente des différences énormes selon le cas. Bien que très peu de municipalités fonctionnent exclusivement en catalan, certaines d'entre-elles ont mis en place des programmes d'aménagement linguistique: principalement dans les petites villes, quoique les conseils municipaux de certaines villes importantes (Gandia, Vila-real, Xàtiva, Alcoi, Borriana, Benicarló, etc.), utilisent le catalan dans de nombreux domaines. En fin de compte, l'usage du catalan sur le plan local s'étend de la catalanisation presque totale à l'absence totale, alors que certains services de la mairie de Valence (contrôlés

par un parti régionaliste contraire au catalan) ont essayé d'imposer de nouvelles normes orthographiques, ce qui a provoqué l'opposition de nombreux secteurs sociaux.

Quant aux usages linguistiques des différents services publics, la situation est la suivante: en général, les indications et l'affichage des hôpitaux publics sont en catalan; les quittances et les factures de téléphone, ainsi que l'annuaire téléphonique sont en catalan et en espagnol; la facture de l'électricité, les indications au bureau de poste et les indications et avis au commissariat de police sont seulement en espagnol.

Exception faire de services tels que les bureaux du Gouvernement Civil (dépendant de l'administration centrale de l'état), la police, etc., l'usage du catalan est normalement accepté, bien qu'il faille nuancer cette affirmation dans le cas de villes comme Valence, Alacant, Elx, etc., où le degré de castillanisation est très élevé.

En ce qui concerne la toponymie et l'affichage public officiel, la plupart des municipalités utilisent les formes traditionnelles et correctes des noms de lieu en catalan, bien que le gouvernement régional laisse le choix aux conseils municipaux d'utiliser l'une ou l'autre langue

[Retour au sommaire]


3.4. Mass médias et technologies de l'information

L'article 25.1 de la Loi de 1983 établit que "Le Conseil de la Generalitat (...) veillera à ce que le valencien ait une présence suffisante aux émetteurs de radio et de télévision et aux autres moyens de communication gérés par la Generalitat (...)".Selon la loi sur la création de Radiotelevisió Valenciana (RTVV), l'article 2.1 établit que l'activité des moyens de communication sociale de la Generalitat s'inspirera du principe (entre d'autres) de la "promotion et la protection linguistique de la langue propre de la Communauté Valencienne".

En ce qui concerne la presse quotidienne et périodique, il existe trois périodiques principaux en catalan: l'hebdomadaire El Temps, d'information politique et génerale (dont le tirage se situe en quelque 26.000 exemplaires); le mensuel Saó, d'information régionale; et le bulletin interne trimestriel d'Acció Cultural del País Valencià "Butlletí ACPV". Un autre périodique trimestriel, All-i-oli, publié par le syndicat d'enseignants, présente 60% de son contenu en catalan. Il existe aussi d'autres publications locales (littéraires, scientifiques, etc.) qui publient une partie considérable du matériel en catalan.

Dans le monde de la radio, Canal 9 Ràdio, qui émet entièrement en catalan, est la station publique de la Generalitat Valenciana fondée en 1988. Ràdio 4, le poste FM qui dépendait de Radio Nacional de España et qui émettait en catalan a disparu depuis quelques années. Il existe aussi des stations municipales et locales qui emettent en catalan, bien que la situation générale semble avoir empiré en ce qui concerne l'extension de l'usage du catalan dans ce domaine.

En ce qui concerne la télévision, Canal 9 TVV est une télévision publique fondée par le gouvernement régional en 1989. Environ 60% des programmes sont en catalan, surtout les programmes d'information, les émissions pour les enfants et les jeunes, et les documentaires. Selon des données récentes, Canal 9 attire 19,9% de l'audience de la région (environ 725.000

téléspectateurs). Les chaînes principales sont TVE1 (en espagnol, 27,3%), Antena 3 TV (en espagnol, 21,5%) et Tele 5 (en espagnol, 19,8%). Etant donné la grande compétence existant dans le secteur, Canal 9 a décidé récemment d'émettre en espagnol les grands cycles de cinéma, ce qui a eu des effets négatifs sur la nouvelle industrie de doublage qui commençait à se développer dans la région.

Il est aussi possible de recevoir dans presque toute la région les programmes de la télévision catalane (TV3), grâce à l'installation de relais financés par souscription publique, bien que son audience ait baissé notablement depuis le début des émissions de la télévision régionale.

Dans le secteur de l'informatique, il existe deux programmes de traîtement de textes en catalan: le programme ILLA, édité par la Generalitat Valenciana; et DITEXTO édité par une entreprise privée. En outre, le gouvernement régional donne des subventions pour favoriser la production de logiciels en catalan, et vient d'éditer un mini Vocabulaire Informatique.

[Retour au sommaire]


3.5. Production et industries culturelles

Il existe une génération de jeunes auteurs, très dynamiques, qui publie principalement des nouvelles et de la poésie de bonne qualité. Par ailleurs, certaines maisons d'éditions valenciennes sont très actives. comme Tres i Quatre et Bromera. L'édition de livres dans la région augmente constamment depuis une vingtaine d'années. 388 furent édités en 1991 pour 422 en 1992. Il s'agit principalement de livres scolaires et pour enfants, d'ouvrages de poésie, de nouvelles brèves et d'encyclopédies.

La Generalitat a mis en place une politique de soutien et promotion de l'édition en catalan qui consiste en l'aquisition de 250 exemplaires de tous les livres publiés en catalan dans la région.

Finalement, il existe une fête littéraire annuelle très importante, les Premis d'Octubre, organisée par Acció Cultural del País Valencià. Au cours de la soirée sont décernés plusieurs prix littéraires et de communication, comme acte de clôture d'une semaine d'activités académiques et culturelles. En 1994, la cérémonie de remise des prix fut émise en direct conjointement par la télévision publique de la Catalogne, TV3, et Canal 9.

Il existe plusieurs groupes de musique traditionnelle, comme Trullars (utilisation de techniques modernes appliquées à la musique traditionnelle et de la Renaissance) et La Xàfiga (groupe spécialisé dans les célébrations des fètes traditionnelles qui commémorent les luttes entre Maures et Chrétiens).

Parallèllement, il existe plusieurs groupes de musique moderne qui chantent en catalan, dont: Carraixet, 4000 Som Prou, Kartutx, Remigi Palmero, Boro Boix, Eduard Joanes, Partaka, Bustamante. Paco Muñoz fait de la musique pour enfants.

Dans le monde de la scène, de nombreuses troupes de comédiens professionnels jouent presqu'exclusivement en catalan: Xarxa Teatre, L'Horta Teatre, Ananda Dansa, Falaguera, Bambalina Titelles, PTV Clowns, L'Om Teatre, Pluja Teatre, Visitants, Teatre Dependent, Pimpinelles). D'autres troupes utilisent partiellement le catalan: Trapezi, Pavana Espectacles, Teatre de l'Aigua, La Burbuja, Teatre de l'Ull, la troupe institutionelle Centre Dramàtic de la Generalitat Valenciana. Il existe également quelques groupes amateurs tels que: Pla i Revès, L'Home Dibuixat, La Barumba.

Le Département de la culture du gouvernement régional (ainsi que les conseils provinciaux) soutien les activités de ces différents groupes au moyen d'aides financières lors des tournées, aides à la production, etc.

Pour ce qui est du cinéma, très peu de films en catalan ont été tournés dans la région ou présentés dans les salles de cinéma. Nous avons déjà fait état des difficultés par lesquelles passe la naissante industrie de doublage en catalan suite à la nouvelle politique du Canal 9 de la télévision valencienne, favorisant l'émission de films en castillan.

En ce qui concerne les festivals culturels et autres activités culturelles, l'augmentation de ces manifestations a été constante depuis une dizaine d'années: Festival de Teatre de Carrer (Vila-real), la Mostra de Teatre d'Alcoi, Dansa a València, el Festival de Teatre Amateur (Altea), el Festival íntim de Sueca, el Festival de Teatre i Música Medieval (Elx), la Mostra de Titelles Vall d'Albaida, etc. De plus, bon nombre d'activités populaires se déroulent en catalan: festes majors, Moros i cristians, Falles, représentations théâtrales lors de la Sant Vicent (Saint patron de la région), à València, cycle de Sant Antoni, de Sant Joan, Misteri d'Elx, etc.

[Retour au sommaire]


3.6. Le monde des affaires

La connaissance du catalan n'est pratiquement jamais une condition requise pour accéder à un emploi, sauf pour les postes d'attention au public. Dans le monde de la publicité (sur la voie publique, à la radio et à la télévision), une partie des annonces et des affiches institutionnelles se fait en catalan.

Au cours de ces dernières années, les progrès se sont principalement produits dans les attitudes des locuteurs: quelques enquêtes récentes du Département de culture montrent qu'un pourcentage considérable de la population considère que l'usage du catalan sera de plus en plus important dans le marché de travail.

Dans le petit commerce, l'usage oral du catalan est assez répandu, au contraire des grands magazins et de l'affichage commercial, où il est presque nul.

[Retour au sommaire]


3.7. Usage familial et social de la langue

Hors des grandes villes, la plupart des parents parlent catalan avec leurs enfants. Après une longue période pendant laquelle les familles avaient cessé de transmettre le catalan (surtout dans les grandes villes), il semble que le processus se soit ralenti et ait même changé de direction, bien que dans les grandes villes l'espagnol soit encore la langue d'expression habituelle d'une bonne partie de la jeunesse, excepté les villes ayant des taux plus elevés de catalanophones, comme Sueca ou Alcoi.

Par ailleurs, la connaissance du catalan est perçue comme utile pour l'avenir. Toutes les enquêtes coincident à signaler que les perspectives du catalan sont favorables, étant donné qu'il semble exister un intérêt croissant envers le catalan (surtout

parmi les jeunes), non seulement en termes d'utilité, mais aussi pour sa valeur culturelle et d'identité collective

[Retour au sommaire]


3.8. Echanges transfrontaliers

Malgré certains échanges commerciaux qui se sont produits avec la Catalogne-Nord (France), il semble que le gouvernement régional n'ait appliqué aucune mesure en vue de promouvoir les échanges culturels et linguistiques entre les différentes communautés de langue catalane.

[Retour au sommaire]


4. Conclusion

Le catalan possède un haut degré apparent de légimitation dans la région, vu qu'il dispose de bon nombre de dispositions législatives. Néanmoins, la faible institutionalisation sociale de la langue dans la communauté ne permet pas une extension homogène des progrès dans tous les secteurs. En effet, l'extension de l'usage social du catalan dans la vie quotidienne est moindre que dans les domaines formels comme le système scolaire.

Quelles sont donc les causes qui expliquent la lenteur du processus de normalisation linguistique dans la Communauté Valencienne? La question linguistique était devenue particulièrement aiguë au cours des années soixante et septante, période qui coïncida avec une forte croissance économique. La prise de position en faveur du catalan entraîna ainsi l'émergence d'une identité culturelle et linguistique particulièrement vivace au sein d'amples secteurs sociaux qui réagissaient ainsi contre la situation traditionnelle de diglossie. Dans ce contexte, la loi de 1983 présente des résultats très inégaux selon les domaines d'application. Ainsi, un effort considérable a été réalisé dans l'enseignement et, plus récemment, dans les mass-médias, tandis que les usages linguistiques du catalan dans l'administration régionale et dans les entreprises privées sont nettement déficitaires, ce qui semble jouer en faveur du processus de substitution linguistique du catalan par le castillan qui semble irréversible si une nouvelle stratégie de la politique linguistique n'est pas mise en place.

En effet, bien que les différentes enquêtes réalisées dans la région au cours de ces dernières années démontrent les progrès réalisés en matière de connaissance du catalan parmi la jeunesse, il est néanmoins évident que les usages linguistiques quotidiens se réalisent la plupart des fois en espagnol, ce qui influence nettement les rapports sociaux des locuteurs des deux langues. Dans ce sens, les conflits constants qui se développent autour du nom de langue (catalan ou valencien) et des normes orthographiques, ne font que pousser les locuteurs vers l'adoption de l'espagnol comme langue de relation habituelle.

La normalisation linguistique du catalan dans la région ne sera donc possible que si les valenciens eux-mêmes décident de le faire au moyen des mêmes mécanismes de production et de reproduction linguistique qui jadis servirent à marginaliser le catalan des usages formels (enseignement, mass-media, administration régionale, administration de justice, etc.). Dans ce contexte, la famille devra jouer un rôle prépondérant dans la mesure où elle seule peut faire pencher la balance en faveur de l'une ou l'autre langue au moyen de la transmission

intergénérationnelle, dans la mesure où, à différence de la Catalogne, il n'existe pas de consensus social quant au prestige socio-économique de la langue de la région.

[Retour au sommaire]

©Euromosaic