Le catalan aux Iles baléares
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Institut de Sociolingüística Catalana
Versió catalana
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Le catalan aux Iles baléares
  1. Introduction à la langue
  2. La langue dans le pays où elle est parlée
    1. Données générales sur la communauté linguistique
    2. Description géographique, démographique et linguistique
    3. Histoire générale de la région et de la langue
    4. Statut juridique et politique officielle
  3. Présence et usage de la langue par domaines
    1. Enseignement
    2. Autorités judiciaires
    3. Autorités et services publics
    4. Masse média et technologies de l'information
    5. Production et industries culturelles
    6. Le monde des affaires
    7. Usage familial et social de la langue
    8. Echanges transfrontaliers
  4. Conclusion


1. Introduction à la langue

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2. La langue dans le pays où elle est parlée

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2.1. Données générales sur la Communauté linguistique

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2.2. Description géographique, démographique et linguistique

Les Iles baléares sont composées de deux archipels situés dans la Méditerranée orientale: les Baléares proprement dites (îles principales: Majorque -Minorque) et les Pitiuses (Eivissa, Formentera et Cabrera). La surface totale est de près de 5.000 km 2, dont 70% correspondent à Majorque. La capitale est Palma de Majorque. Lors du dernier recensement (1991) les Iles baléares avaient une population totale de 739.506 et une densité de 143 habitants/km2. La population de fait est plus élevée en raison du nombre de touristes, de résidences secondaires, et travailleurs saisonniers, etc.

Entre 1960 et 1981 l'expansion du tourisme, de la construction et du secteur tertiaire provoquèrent une forte immigration accompagnée d'un rajeunissement de la population. Cette croissance démographique se répartit de manière inégale entre les îles: à Majorque elle fut accentuée et précoce, à Eivissa plus tardive mais extrêmement rapide, à Minorque tardive et plus lente. Les principaux gains s'entregistrèrent le long du littóral. Depuis 1980 la situation s'est plutôt stabilisée, avec une certaine tendance au vieillissement.

En 1991, 31% des habitants des Iles baléares étaient nés ailleurs. Il s'agit pour la plupart de ressortissants des régions castillanophones de l'Espagne, les étrangers officiellement inscrits ne représentant que 2,3%. En termes linguistiques, l'impact de l'immigration a été plus fort à Palma, à Eivissa et dans les principaux lieux de séjour où les taux d'immigration atteignent parfois près de 40%. A Minorque la présence de non-autochtones est moins accusée.

Un pourcentage croissant des habitants des Baléares vit dans des villes de plus de 50.000 habitants (41,9%) ou dans celles qui ont entre 10.000 et 50.000 habitants (34,3%). Le poids démographique de Palma ne cesse de croître. La population rurale représente à peine 1% du total.

Au cours des 20-30 dernière années, l'activité économique s'est concentrée de plus en plus dans le secteur tertiaire (notamment dans les domaines reliés au tourisme) qui assure désormais les revenus de près de 70% de la population (chiffres de 1991). L'agriculture a perdu de l'importance (4,6% de la population active). Le secteur industriel (16,9%) a pris de l'expansion, en termes absolus, mais son poids relatif a diminué, les principaux produits étant également destinés aux touristes (alimentation, cuir, bijouterie, ...). L'exploitation intensive du littoral provoque d'importants décalages entre les communes de la côte et celles de l'intérieur. Les Iles baléares figurent parmi les régions les plus prospères d'Espagne, avec un PIB par habitant et un revenu disponible par habitant nettement au dessus de la moyenne espagnole (+37,2% et +19,4% respectivement en 1991).

Selon le dernier recensement (1991) les niveaux de connaissance du catalan (par rapport à la population âgée de 6 ans et plus) sont les suivants: compréhension 88,6%; compétence orale 66,7%; lecture 55%; écriture 25,9%.

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2.3. Histoire générale de la région et de la langue

Après trois siècles d'occupation musulmane, les îles Baléares, furent conquises par la monarchie catalano-aragonaise au 13ème siècle et peuplées par des Catalans et des Valenciens d'expression catalane. Les oeuvres de philosophie écrites en catalan au 13ème siècle par le majorcain Ramon Llull et l'usage du catalan dans la chancellerie royale de Majorque contribuèrent à l'évolution du catalan standard. Le castillan y fut peu connu avant l'union des couronnes de Catalogne-Aragon et de Castille au 15ème siècle. Le catalan fut utilisé comme langue officielle à Minorque sous la période de domination britannique (18ème siècle), alors que dans les autres îles le castillan était imposé dans l'administration et dans l'éducation par la monarchie bourbonne et adopté par les classes supérieures. Les îles furent regroupées en une seule province lors du découpage administratif de l'Espagne (1833). Les Baléares, tout comme la Catalogne, connurent au 19ème siècle une renaissance linguistique et littéraire qui donnerait naissance à plusieurs écrivains de qualité. Des philologues baléares prirent part aux travaux scientifiques qui aboutirent à la standardisation du catalan au début du 20ème siècle. Un gigantesque Diccionari català-valencià-balear , commencé à cette époque, ne fut terminé qu'aux années 1960. L'avant-projet de statut d'autonomie pour les Iles baléares, préparé avant la Guerre Civile, ne fut jamais adopté. Malgré l'imposition officielle du castillan par la dictature, le catalan demeura l'unique langue de relation sociale jusqu'à ce que l'avènement du tourisme, aux années 1950, et l'arrivée de forts contingents d'immigrés castillanophones, qui transformèrent la structure économique et démographique. Le Conseil Général Interinsulaire, créé en 1978, fut remplacé en 1983 par l'actuel gouvernement autonome, qui a été dominé depuis sa création par le parti espagnol de droite, Alianza Popular (renommé Partido Popular) qui fut, paradoxalement, le seul à voter contre l'autonomie politique.

Le catalan parlé dans les îles Baléares est très proche de celui de la Catalogne à cause du nombre élevé de Catalans parmi les premiers colonisateurs. Les normes définies par l'Institut d'Estudis Catalans au début du 20ème siècle, qui tiennent compte des variantes baléares, y furent acceptées sans difficulté. Les bas taux de connaissance de la langue écrite, l'absence prolongés du catalan de l'usage officiel et public (sauf à Minorque), ainsi que la familiarité avec la langue de l'Etat, ont donné lieu à de nombreux castillanismes et à des comportements diglossiques. Les habitants des différentes îles désignent habituellement la langue qu'ils parlent sous les noms de "mallorquí", "minorquí", et "eivissenc", respectivement, sans que cela signifie dans la plupart des cas le refus de l'appartenance à une langue catalane commune. Différents euphémismes ont également été inventés par l'administration pour contourner ce problème: langue des Baléares, langue des îles, "notre langue", etc. Le Statut d'Autonomie établit un précédent en accordant un statut officiel à "la langue catalane, langue propre de Iles baléares". Le terme catalan jouit actuellement d'une acceptation croissante, en partie à cause de la familiarité avec les autres variantes créée par les médias.

Depuis les années 1970 de nombreuses campagnes ont lancées par divers groupes et associations en faveur de l'utilisation du catalan dans les média, la réception des média catalans et valenciens, l'enseignement du catalan et en catalan, ou encore dans le but d'augmenter la conscience linguistique du grand public en général et des jeunes en particulier.

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2.4. Statut juridique et politique officielle

Les îles Baléares accédèrent au statut de Communauté autonome au sein de l'Espagne en 1983. Chacune des îles principales est régie par un Consell Insular. Selon le découpage administratif de l'Etat elles constituent une seule province (celle de Palma).

Le Statut d'autonomie des Baléares (1983) déclare le catalan "langue propre des Illes Baléares", lui confère le caractère de langue officielle, conjointement avec le castillan, et accorde à tous le droit de le connaître et d'en faire usage. Il dote la Communauté Autonome d'attributions exclusives dans divers domaines, dont la culture, la recherche et l'enseignement du catalan. La normalisation linguistique devient l'un des objectifs de l'administration régionale. Les "modalités insulaires du catalan" seront l'objet d'étude et de protection, "sans préjudice de l'unité de la langue".

La Loi de normalisation linguistique des Illes Baléares (1986) prévoit de nombreuses mesures en faveur du catalan. Elle proclame le droit et le devoir de la communauté autonome de rendre possible l'exercice des droits linguistiques et distingue entre la nature des statuts officiels respectifs du catalan (fondé sur un critère territorial "avec le but de mantenir la primauté de chaque langue dans son territoire historique") et du castillan (qui est de nature individuelle, "afin de protéger les droits linguistiques des citoyens, même si leur langue n'est pas celle du territoire"). L'importance de la normalisation du catalan est soulignée "en tant que composante essentielle de l'identité nationale des peuples des Illes Baléares". Les objectifs généraux de la loi consistent à: rendre effectif l'usage accru et normal de la langue catalane dans le domaine officiel et dans l'administration; garantir la connaissance et l'usage du catalan en tant que langue véhiculaire dans l'enseignement; promouvoir l'usage du catalan dans tous les média; créer une conscience sociale en ce qui concerne l'importance de la connaissance et de l'usage du catalan. Les divers articles traitent des sujets suivants: le droit de connaître et d'utiliser le catalan; le recours aux tribunaux pour protéger les droits linguistiques; la place du catalan dans l'administration, le système judiciaire, l'enseignement, les média, la publicité, la vie sociale et culturelle; les toponymes et la signalisation; la formation linguistique et les critères d'embauche des fonctionnaires; la promotion de la langue et de la culture; la planification et la coordination de la normalisation linguistique; la réalisation de recherches sociolinguistiques; la responsabilité de l'Université des Iles baléares par rapport à la normativisation de la langue, etc. Divers décrets et ordres émanant du gouvernement régional lui-même, des conseils insulaires et des communes, complètent le texte de base.

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3. Présence et usage du catalan par domaine

3.1. Enseignement

L'enseignement dans les Iles baléares est du ressort du gouvernement central, si bien que l'enseignement du catalan et la normalisation linguistique en général relève, aux termes du Statut d'autonomie, du gouvernement baléare. Par conséquent l'introduction du catalan dans le système d'enseignement requiert la collaboration entre ces deux gouvernements. Les dispositions de la Loi de normalisation linguistique (1986) en matière d'éducation sont les suivantes: le catalan devient la langue officielle de tous les niveaux d'enseignement; les élèves ont le droit de recevoir l'enseignement dans leur langue; la langue et la littérature catalanes deviennent matière obligatoire dans tout l'enseignement non universitaire et l'on y consacrera le même nombre d'heures qu'à l'étude de la langue et de la littérature castillanes; à la fin de la scolarité obligatoire, les élèves doivent savoir utiliser normalement et correctement les deux langues officielles; le gouvernement autonome doit mettre en place les moyens nécessaires pour garantir l'usage véhiculaire du catalan et pour assurer la formation linguistique des enseignants; le catalan sera matière obligatoire dans la formation des adultes; les professeurs et étudiants universitaires ont le droit d'employer la langue de leur choix; le gouvernement baléare se chargera de l'élaboration de matériels didactiques pour l'enseignement du catalan et en catalan.

Ces dispositions, qui ont été complétées moyennant divers décrets, ont été accomplies en ce qui concerne l'enseignement obligatoire du catalan. En revanche, l'introduction du catalan en tant que moyen d'enseignement, d'après nos informateurs, a toujours été le fruit d'initiatives émanant des professeurs et/ou des parents plutôt que des pouvoirs publics.Pour demander l'enseignement en catalan les parents doivent suivre une procédure particulièrement compliquée et l'usage du catalan n'est autorisé que si les élèves ont suivi les étapes antérieures de la scolarité dans la même langue. En 1990-91 les cours se donnaient totalement ou partiellement en catalan dans 147 des 555 écoles et 25.531 élèves, soit 17,2% du total, recevaient au moins un partie de l'enseignement en catalan. La présence du catalan dans les écoles privées est beaucoup moins répandue que dans les établissements publics et les îles de Majorque et surtout Eivissa accusent des retards par rapport à Minorque.

En 1990-91 environ 14% des élèves des écoles maternelles recevaient l'enseignement entièrement ou partiellement en catalan (1,5% seulement dans les établissements privés), alors que le catalan était enseigné dans environ la moitié des écoles. Un nombre réduit d'écoles offrent un programme d'immersion en catalan. Nos informateurs déplorent le manque de contrôles officiels au niveau préscolaire, qui ne fait pas partie de la scolarité obligatoire. Les carences observées ont des conséquences graves, car le fait de ne pas avoir commencé les études en catalan crée des difficultés administratives par la suite pour pouvoir les continuer en catalan.

Dans l'éducation primaire et premier cycle du secondaire (6-14 ans), le catalan est enseigné comme matière obligatoire dans tous les établissements. En 1990-91, l'enseignement se faisaient totalement ou partiellement en catalan dans 48,1% des écoles publiques mais dans 5,8% seulement des écoles privées.

Dans le dernier cycle du secondaire et formation professionnelle, le catalan est matière obligatoire dans tous les établissements. Selon nos informateurs, environ 60% des élèves recevraient au moins une partie de l'enseignment en catalan.

En ce qui concerne l'enseignement supérieur, environ la moitié des cours à l'Université des Iles baléares se donneraient en catalan mais il existerait d'importants décalages entre les différents départements et facultés. L'usage du catalan dans l'administration universitaire serait assez répandu. Le catalan peut être étudié en tant que matière.

Le catalan est matière obligatoire dans la formation des adultes. Environ 75% des étudiants reçoivent au moins certains cours en catalan. L'offre de cours de catalan à l'intention du public et des fonctionnaires serait considérable. Le chiffre de 6.000 inscrits est avancé pour l'année 1990-91.

A l'École Normale, les étudiants de première année suivent des cours de catalan. Depuis 1985-86, un programme de recyclage pour les enseignants en exercice est proposé conjointement par les gouvernement central et régional et par l'Université des Iles baléares. Environ 2.100 enseignants s'y seraient inscrits en 1991-92. Des rencontres annuelles sont également organisées par les professeurs des écoles où l'enseignement se fait entièrement en catalan.

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3.2. Autorités judiciaires

La Loi de normalisation linguistique établit l'efficacité juridique de la langue catalane, sans retards ni discriminations et sans besoin de traductions. En vertu de cette loi, les citoyens ont le droit de s'adresser en catalan aux organes du système judiciaire; les procédures, documents, etc. en catalan sont valables devant les tribunaux des Baléares; et les certificats délivrés par les registres publics (de la propriété immobilière, etc.) doivent être établis dans la langue officielle demandée par le requérant. Toutefois la législation baléare, à la différence de celle des autres communautés autonomes, ne prévoit pas que la connaissance du catalan soit tenue en considération lors de l'affectation des fonctionnaires du système judiciaire.

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3.3. Autorités et services publics

La politique de l'Etat envers la langue catalane est évaluée de manière négative par tous nos informateurs, qui considèrent que les organismes qui relèvent de l'Etat se servent principalement du castillan et que l'Etat ne fait rien, contrairement à ce que prévoit sa propre législation, pour assurer que ses fonctionnaires acquièrent une maîtrise du catalan. Cette langue serait tolérée, tout au plus, (les documents rédigés en catalan, par exemple, seraient acceptés), mais aucune mesure ne serait prise pour en favoriser l'usage. Le fait que la connaissance du castillan soit une obligation et celle du catalan un simple droit, aux termes de la législation espagnole, est perçu comme un obstacle majeur. L'absence totale du catalan de certains milieux, comme les forces armées, est également évoquée, ainsi que le recours porté par le gouvernement central contre divers articles de la Loi de normalisation linguistique.

Bien que l'évaluation des politiques de l'administration régionale soit légèrement plus positive,les mesures prises par le gouvernement baléare en faveur du catalan sont extrêmement limitées. Même si le catalan est utilisé dans une large mesure dans les débats du parlement baléare, à d'autres points de vue la Loi de normalisation linguistique serait loin d'être respectée dans la plupart des ministères régionaux et la connaissance du catalan n'entrerait que rarement en ligne de compte lors de la nomination des fonctionnaires.

L'usage du catalan à niveau municipal connaîtrait de grandes variations d'une commune à l'autre, celles où le Partido Popular détient la majorité étant les moins bien disposées à employer le catalan. Dans de nombreux cas, l'usage réel du catalan est très en dessous de ce que prévoient les règlements spéciaux adoptés. Néanmoins nos informateurs considèrent que la situation est meilleure qu'aux échelons administratifs supérieurs, le catalan étant reconnu et dans certains cas appuyés par les municipalités. L'emploi du catalan dans les débats des conseils municipaux serait fréquent. La mairie de Palma et le Conseil Insulaire de Minorque seraient les seuls institutions à avoir mis en place des services linguistiques d'une certaine envergure.

Dans les services au public, la fréquence d'emploi des deux langues officielles varierait substantiellement de l'un à l'autre, certains se servant exclusivement du castillan dans les communications écrites, alors que d'autres ont adopté un mode de fonctionnement bilingue. L'usage oral du catalan serait un peu plus étendu.

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3.4. Mass médias et technologies de l'information

Tous les journaux des îles Baléares sont publiés en castillan (sauf un qui sort en anglais). L'usage du catalan dans ces journaux ne dépasse en aucun cas 10% et se limite à des rubriques bien précises (articles de collaborateurs extérieurs sur la culture ou le monde rural, lettres aux directeur, avis de décès) et à quelques suppléments hebdomadaires occasionnels, dont les plus importants sont publiés par la Gran Enciclopèdia de Mallorca (60.000 exemplaires chacun). Des journaux en catalan publiés en Catalogne sont disponibles dans certains kiosques.

Quelques revues publiées sur place sont entièrement en catalan: Lluc (trimestrielle, culture); El Mirall (mensuelle, culture); La Nau Mediterrània (hebdomadaire, information générale); La Veu d'Eivissa i Formentera; Migjorn; Ponent. La distribution est principalement par voie d'abonnement. L'existence de ces publications est souvent précaire. Les tirages sont compris dans une fourchette qui s'étend de quelques centaines à 2.000. La revue d'informations générales, El Temps, publié à Valence, aurait également une certaine importance. Il existe de plus plusieurs revues publiées partiellement en catalan. Ces revues bénéficient de certaines aides du gouvernement baléare, quelquefois sous forme de publicité institiutionnelle. L'Associació de la Premsa Forana de Mallorca, créée en 1980, regroupe 40 publications d'un tirage global de 30.000 exemplaires).

Depuis la suppression en 1991 du seul poste de Radio Nacional de España qui diffusait entièrement en catalan il n'existe plus de postes de ces caractéristiques. Quelques radios locales, ainsi que Ràdio Jove (reliée à la Direction Générale pour la jeunesse du gouvernement baléare), émettent des programmes en catalan à raison de quelques heures par jour à une audience plutôt restreinte. Deux postes de RNE, ainsi que quelques chaînes privées, émettent partiellement en catalan. Grâce aux répétiteurs on capte également divers postes de la Catalogne, principalement ceux du gouvernement catalan.

Televisión Española émet quelques programmes en catalan (téléjournaux locaux, reportages, etc.) à l'intention des Iles baléares aux heures de moindre écoute. La mauvaise qualité de ces programmes, dont la diffusion empêchait la population locale de voir d'autres programmes plus populaires en langue castillane, a occasionné une certaine polémique. Les télévisions locales (dont une, à Majorque aurait acquis une certaine importance) émettent également des programmes en catalan à raison de quelques heures par semaine. Toutes les chaînes commerciales espagnoles émettent entièrement en castillan. L'une d'elles fait des programmes exprès pour les Baléares, mais en castillan. Grâce à l'installation de répétiteurs par l'association Voltor (et en dépit de l'opposition initiale des autorités qui avaient accordé les mêmes fréquences aux chaînes commerciales), les habitants des Baléares captent les deux chaînes publiques catalanes et celle du gouvernement valencien.

Une Compagnie de Radio et de Télévision des Iles baléares a été créée par le gouvernement baléare, tel que prévu dans la Loi de normalisation linguistique, mais aucun émetteur n'a été mis en place. Le gouvernement baléare a subventionné l'association Voltor (v. ci-dessus) et a accordé des appuis à la normalisation linguistique de divers moyens de communication. Néanmoins ce gouvernement s'est également opposé à la création d'une radio commerciale en langue catalane et toutes les licences de radio accordées ont été pour des émetteurs en castillan.

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3.5. Production et industries culturelles

La production annuelle de livres en catalan dans les Iles baléares se situerait autour de150 titres. Il s'agirait pour la plupart de manuels scolaires, de livres pour enfants, d'ouvrages de poésie, de contes, et de romans. Des encyclopédies ont également été publiées. Le gouvernement régional accorde des subventions dans ce domaine, souvent sous forme de l'aquisition d'un certain nombre d'exemplaires. Des prix littéraires sont attribués par la Mairie de Palma et par une caisse d'épargne.

L'activité musicale en langue catalane est assez considérable. Il existe de nombreux groupes et interprêtes qui ont fait des enregistrements dont la diffusion (à quelques exceptions près) est peu étendue. L'usage du catalan dans la musique traditionnelle et dans le répertoire des chorales est considérable. Le catalan est également présent, mais à un degré moindre, dans le monde du pop et du rock. Le gouvernement régional accorde des subventions aux disques en catalan.

Plusieurs troupes professionnelles et une cinquantaine de troupes amateurs feraient du théâtre en catalan. Ces troupes bénéficient de certaines subventions des communes et du gouvernement régional, lequel a créé un circuit de représentations théatrales.

Quelques films ont été tournés dans les Iles baléares mais l'immense majorité de ceux qui sont projetés dans les salles de cinémas sont en langue castillane. A cause du manque de coordination entre le gouvernement baléare et les autres communautés de langue catalane, le public baléare voit même les films tournés ou doublés en catalan en Catalogne en version castillane. Le Ministère baléare de la culture accorde certaines subventions à la création audiovisuelle en catalan.

Plusieurs festivals consacrés à la culture en langue catalane ont lieu dans les Iles baléares (semaine du livre en catalan, remise de prix littéraires, récitals de poésie, festivals de musique populaire), ainsi qu'un grand nombre de festivals traditionnels locaux. L'utilisation du catalan comme langue véhiculaire dans ces manifestations représente un progrès important.

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3.6. Le monde des affaires

La connaissance du catalan ne serait requise que pour certains postes dans le fonction publique et pour des postes comportant des contacts avec le public. Toutefois les catalanophones (surtout les enseignants, commerçants et médecins) feraient un usage assez fréquent de leur langue au travail, au moins pendant une partie du temps.

La majeure partie de la publicité se ferait en castillan, sauf celle des activités culturelles, une partie de la publicité institutionnelle et parfois celle des banques et des produits artisanaux. Même la publicité de l'administration régionale, contrairement à ce que prévoit sa propre législation, serait souvent en castillan. Les enseignes commerciales seraient presque toutes en castillan, surtout à Palma et dans les lieux touristiques, malgré les quelques subventions accordées par le gouvernement régional aux entreprises qui les installent en catalan. Seuls quelques produits d'origine locale, principalement dans le secteur de l'alimentation, portent l'étiquette ou le mode d'emploi en catalan.

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3.7. Usage familial et social de la langue

Il est à remarquer que l'usage du catalan est largement majoritaire parmi les locuteurs dans toutes les activités sauf celles impliquant l'écriture. Il est également majoritaire, mais de justesse, dans l'ensemble de la population, sauf (très légèrement) dans les situations où les contacts avec des inconnus sont plus fréquents et, bien entendu, quand il s'agit d'écrire.

Il existe une préférence claire pour le castillan dans les activités exigeant des connaissances de la langue écrite. A noter cependant que cette préférence, et d'autres, sont conditionnées par le niveau de compétence linguistique (même les personnes qui savent comprendre, parler ou lire le catalan peuvent facilement éprouver plus de difficultés à se servir de cette langue que du castillan) et par la présence réelle des deux langues dans certaines situations ou milieux (télévision, administration, manifestations publiques, etc.).

Dans l'ensemble, les locuteurs considèrent que la langue se développera si elle reçoit l'appui du gouvernement, bien qu'il existe certaines attitudes peu optimistes envers le futur.

En ce qui concerne l'usage de la langue par la jeunesse, l'opinion générale est que les jeunes connaissent mieux la langue que leurs aînés mais s'en servent moins.

Les rapports sociaux, familiaux et professionnels s'avèrent décisifs dans l'apprentissage du catalan par les castillanophones. A peine 1 sur 4 (sans doute les plus jeunes) a appris le catalan à l'école (car ce n'est que depuis peu que cette possibilité existe). Pour les catalanophones, par contre, l'influence castillanisante de l'école a été massive.

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3.8. Echanges transfrontaliers

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4. Conclusion

Dans l'ensemble, il est nécessaire que les autorités des Baléares respectent les normes légales en vigueur, l'action des organisation civiles n'etant pas suffisante pour empêcher la substitution du catalan par le castillan.Dans ce sens, il s'avère important que les pouvoirs publics s'occupent de promouvoir des initiatives de communication et d'échange entre l'ensemble du territoire linguistique des trois Etats de l'UE où l'on parle le catalan et entre tous les secteurs de la société.

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