Le catalan en Aragon
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Institut de Sociolingüística Catalana
Versió catalana
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Le catalan en Aragon
  1. Introduction à la langue
  2. La langue dans le pays où elle est parlée
    1. Données générales sur la communauté linguistique
    2. Description géographique, démographique et linguistique
    3. Histoire générale de la région et de la langue
    4. Statut juridique et politique officielle
  3. Présence et usage de la langue par domaines
    1. Enseignement
    2. Autorités judiciaires
    3. Autorités et services publics
    4. Masse média et technologies de l'information
    5. Production et industries culturelles
    6. Le monde des affaires
    7. Usage familial et social de la langue
    8. Echanges transfrontaliers
  4. Conclusion


1. Introduction à la langue

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2. La langue dans le pays où elle est parlée

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2.1. Données générales sur la Communauté linguistique

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2.2. Description géographique, démographique et linguistique

La zone catalanophone de l'Aragon (en catalan Franja d'Aragó ou Franja de Ponent) est une bande de territoire, d'une largeur de 15 à 30 km et d'une superficie de 5.077 km2, qui longe la ligne de démarcation entre l'Aragon oriental et la Catalogne occidentale. Elle appartient à la communauté autonome d'Aragon et se trouve à cheval entre les provinces de Huesca, Saragosse et Teruel. Elle comprend des zones montagneuses et des plaines. Quatre des cinq comarques (districts) qui la composent se trouvent entièrement sous juridiction aragonaise, alors que la cinquième est partagée entre l'Aragon et la Catalogne occidentale. Cinq communes qui appartiennent géographiquement à la Catalogne méridionale relèvent également de l'administration aragonaise. La ville principale de la région est Fraga.

La population actuelle se situerait entre 50.000 et 55.000 habitants (52.751 selon le recensement de 1981). Le déclin démographique constant enregistré depuis le début du siècle se serait ralenti au cours des années récentes et la population de la zone de Fraga aurait même augmenté.

Les deux principales langues utilisées dans la région sont le catalan (langue dominante dans les communications orales et informelles) et le castillan (langue écrite et celle des situations formelles). Parmi les autochtones, seuls les membres de quelques familles aristocratiques s'expriment habituellement en castillan. Les autres usagers sont des fonctionnaires et professionnels ressortissants d'autres régions. Il n'y a pas de données officielles récentes sur la connaissance et l'usage du catalan sur l'ensemble du territoire. Selon le recensement de 1981, le nombre des locuteurs s'élevait à environ 48.000 (dont quelque 10.000 locuteurs passifs). Des estimations plus récentes indiquent qu'autour de 90% des habitants auraient le catalan comme première langue ou comme langue habituelle, bien qu'elles font référence également à une régression quantitative et qualitative de l'usage du catalan.

Les pertes démographiques sont attribuables à plusieurs facteurs: l'émigration (principalement vers la Catalogne) provoquèrent le déclin d'un secteur agricole archaïque et la faible industrialisation (sauf autour de Fraga); l'isolement géographique (éloignement des grandes villes, réseau routier déficient, insuffisance des niveaux supérieurs du système éducatif, etc.); et le vieillissement de la population qui a entraîné la chute des taux de natalité. Les immigrés, fort peu nombreux, seraient principalement des fonctionnaires et des professionnels d'expression castillane.

La Franja ne compte qu'une ville d'une certaine importance (Fraga, 11.444 habitants en 1986). En 1981 35% de la population habitaient encore dans des villages de moins de 1.000 habitants et 45% dans des villages et bourgs d'entre 1.000 et 5.000 habitants. La ville catalane de Lleida exerce une influence importante, notamment dans le nord-est. D'autres parties du territoire se trouvent dans la zone d'influence des villes aragonaises d'expression castillane d'Alcañiz et Barbastro ou dans celle de Tortosa, dans la catalane méridionale.

L'économie est encore dominée par l'agriculture. En 1981, 75% de la population active travaillait dans ce secteur. L'implantation progressive de l'irrigation et des méthodes d'élevage intensives a apporté une certaine modernisation. L'exploitation de la plupart des mines et forêts est en régression. La majorité des industries appartiennent au secteur agro-alimentaire et se concentrent autour de Fraga. Les régions de montagne offrent un potentiel touristique encore sous-exploité. La construction de quelques centrales hydroélectriques avait attiré une nombreuse main d'oeuvre temporaire mais a créé peu d'emplois stables.

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2.3. Histoire générale de la région et de la langue

Le territoire fut conquis aux musulmans par la couronne de Catalogne et Aragon (XIIe siècle) et peuplé initialement par des catalanophones, bien que la frontière catalano-aragonaise fut modifiée à maintes reprises par la suite. L'emploi du catalan dans l'administration fut presque exclusif jusqu'à l'unification des couronnes de Castille et de Catalogne-Aragon (XVe siècle). Les premiers documents connus rédigés en catalan dans la région remontent au XIIIe siècle. L'étendue de l'Aragon catalanophone diminua à la suite du repeuplement de certaines zones par des castillanophones au XVIIe siècle. L'imposition générale du castillan commença au XVIIIe avec l'avénement de la dynastie bourbonne. Lors du découpage administratif de l'Espagne en provinces (1833), la Franja fut divisée entre les trois provinces aragonaises (Huesca, Saragosse et Teruel). Le catalan y connut une certaine recrudescence vers le tournant du siècle sous les effets de la renaissance culturelle et politique de la Catalogne, les variantes linguistiques de la Franja étant prises en considération lors des travaux de codification réalisés en Catalogne. Sous le régime franquiste, le catalan subit en Aragon, comme partout en Espagne, une forte répression, qui donna lieu cependant à une nouvelle prise de conscience linguistique au cours des années septante.

Le statut d'autonomie accordé à l'Aragon en 1982 ne contient aucune référence au catalan, se limitant à prévoir des mesures de protection pour les diverses modalités linguistiques de la région, bien qu'il semble que ces mesures n'auraient pas été appliquées par le gouvernement régional, excepté vers la moitié des années quatre-vingt. En février 1984, fut signé un manifeste (Declaració de Mequinensa) revendiquant des mesures accrues de protection et de normalisation du catalan signé. Ce manifeste fut soutenu par 17 maires de la région sous la présidence du ministre aragonais de la culture. Exception faite de quelques progrès sur le plan de l'enseignement, les engagements souscrits auraient été peu respectés.

L'application de la dénomination "catalan" à la variante parlée dans la Franja a provoqué de nombreuses polémiques, ce terme étant parfois intérprété comme la manifestation de velléités colonisatrices catalanes ou de la négation de l'identité aragonaise des habitants. Ces considérations, ajoutées à une conscience linguistique peu prononcée et à un complexe d'infériorité linguistique, amènent les habitants de la zone à recourir à toute une série de noms inspirés des toponymes locaux (fragatí, tamarità, lliterà, etc.). Les partisans du castillan lui appliquent une épithète encore plus péjorative: chapurreau (du verbe "chapurrear", baragouiner).

Parmi les nombreux groupes et associations consacrés à la défense du catalan en Aragon, quelques-uns des plus importants sont: les Consells Populars de Cultura, l'Associació Cultural del Matarranya, l'Institut d'Estudis del Baix Cinca, et l'Associació de Consells Locals de la Franja. Diverses campagnes ont été menées dans le but de revendiquer le statut officiel du catalan, l'enseignement du catalan et en catalan, la révision des toponymes, l'usage du catalan dans l'administration, etc.

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2.4. Statut juridique et politique officielle

L'Aragon est depuis 1982 une communauté autonome de l'Espagne. Le statut d'autonomie ne prévoit aucun statut officiel ni pour le catalan ni pour l'aragonais mais accorde une protection aux différentes "modalités linguistiques" de l'Aragon en tant qu'éléments intégrants de son patrimoine culturel et historique. La culture figure parmi les domaines qui relèvent du gouvernement régional, qui est tenue de veiller à la conservation et à l'étude des manifestations spécifiques de l'Aragon et de ses modalitités linguistiques.

Cette absence de reconnaissance officielle a été critiquée par plusieurs secteurs qui reprochent au gouvernement régional la non exécution de l'article 3.2 de la Constitution Espagnole selon laquelle les langues autres que le castillan "seront également officielles dans les communautés autonomes respectives, conformément aux statuts d'autonomie de celles-ci". Considérant que cet article a un caractère obligatoire, ils estiment que cette situation constitue une discrimination par rapport aux langues des autres communautés autonomes.

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3. Présence et usage du catalan par domaine

3.1. Enseignement

Le Ministère espagnol de l'éducation est globalement responsable de l'éducation, mais le gouvernement aragonais exerce certaines compétences en la matière en vertu des provisions du Statut d'Autonomie et de la Constitution espagnole. Divers accords et conventions sur l'enseignement du catalan ont été signés entre ces deux instances depuis 1984. Selon les termes de ces accords, les écoles qui le souhaitent peuvent offrir des cours de catalan aux élèves dont les parents en ont exprimé le désir par écrit. Ces cours, qui ont commencé en 1983-84, ont lieu pendant les horaires habituels. On calcule qu'en 1990 près de 80% de la population scolaire y avait accès.

Dans le préscolaire, le catalan est enseigné sur une base facultative dans certains établissements mais la langue véhiculaire habituelle est le castillan. En l'absence d'une réglementation officielle, le choix de la langue dépend de l'initiative du professeur.

L'enseignement du catalan aux niveaux primaire et secondaire a augmenté de façon considérable depuis son introduction en 1984-85. Le nombre d'écoles offrant des cours de catalans est passé de 12 à 26 (en 1991-92), celui des élèves inscrits de 791 à 2.593, et celui des professeurs de catalan de 6 à 26. Les cours de catalan se donnent dans le primaire à raison de deux (exceptionnellement trois) heures par semaine (une ou deux heures dans le secondaire). Toutefois, le catalan n'est pas utilisé du tout dans l'enseignement d'autres matières (seulement de 10 à 20% des professeurs en posséderaient quelque maîtrise). Un nombre restreint de manuels scolaires sont publiés en Aragon (directement par le gouvernement régional ou avec son appui), alors qu'une large gamme de matériels est disponible en Catalogne.

En l'absence d'établissements supérieurs dans le territoire, la plupart des étudiants se dirigent vers les universités catalanes ou encore vers les universités de l'Aragon. Depuis quelques années il est possible d'étudier le catalan à la Faculté de Lettres et à l'Ecole Normale de l'Université de Saragosse.

En ce qui concerne la formation des adultes, des cours de catalan seraient proposés dans quelques communes mais leur impact ne serait pas significatif.

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3.2. Autorités judiciaires

L'emploi du catalan dans le système judiciaire est, à toutes fins utiles, inexistante. Ce secteur serait l'un des plus hostiles à introduction de langues autres que le castillan. Seules des personnes ne connaissant pas le castillan (cas qui ne se présente pratiquement jamais) auraient théoriquement le droit de s'exprimer dans une autre langue devant les tribunaux et de bénéficier des services d'un interprête. En théorie, le droit civil aragonais permet, dans les relations juridiques entre particuliers, l'introduction d'une clause précisant la langue de communication ou d'interprétation, et le Code du Commerce établit la validité des contrats, quelle que soit la langue de rédaction. Cependant, toute utilisation publique des documents rédigés dans une autre langue requiert une traduction au castillan.

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3.3. Autorités et services publics

L'usage du catalan dans les rapports entre les citoyens et les bureaux de l'administration de l'Etat serait presque nul. En ce qui concerne le gouvernement régional, l'emploi officiel du catalan serait inexistant (à l'exception du bureau du Défenseur du peuple qui admet les documents rédigés en catalan), bien qu'il soit quelquefois possible de maintenir des communications orales en catalan avec les fonctionnaires régionaux. L'usage oral du catalan serait assez étendu dans les communications à niveau municipal, mais son usage écrit demeure exceptionnel.

Le fait que le catalan n'ait pas été déclaré officiel par le gouvernement aragonais et la définition plutôt ethnologique de "modalité linguistique" qui lui est accordée dans le Statut d'autonomie sont perçus par les catalanophones comme des obstacles majeurs à sa promotion. A part les mesures, qualifiées de timides, prises dans le domaine de l'enseignement, l'on considère que le gouvernement éprouve une telle crainte devant les réactions des castillanophones qu'il n'a même pas accordé au catalan la protection minime prévue dans le Statut. On lui reproche également les obstacles qu'il a mis à la réception des médias en langue catalane en provenance des communautés autonomes voisines (Catalogne et Valence).

Presque tous les documents émanant des services publics sont en castillan, bien qu'il soit possible, à l'occasion, de recevoir une réponse orale en catalan.

Le catalan n'étant pas officiel en Aragon, seuls les noms des lieus castillans sont admis en vertu d'une loi du gouvernement central qui date de 1985. Quant aux noms des personnes, la législation actuelle autorise l'utilisation des prénoms catalans, bien qu'il ne soit pas toujours facile de faire valoir ce droit devant la réticence des fonctionnaires. Indépendamment de la législation, l'emploi des prénoms castillans parmi les catalanophones est assez répandu.

Le castillan est dominant sur les panneaux routiers et sur la signalisation à l'intérieur des villes, quoique dans des cas exceptionnels les toponymes et les noms des rues apparaissent également en catalan. Sur les enseignes commerciales le castillan est pratiquement toujours de rigueur.

En outre, la connaissance du catalan n'entre pas en ligne de compte dans la nomination des fonctionnaires affectés à la Franja. Certaines autorités locales, en revanche, feraient preuve d'une majeure ouverture. L'usage du catalan écrit serait nul, mais son usage oral au sein des conseils municipaux serait assez étendu.

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3.4. Mass médias et technologies de l'information

Le gouvernement régional a créé une Corporation Aragonaise de Radio et Télévision (1987) qui n'émet cependant aucun programme en catalan. Les média en provenance de la Catalogne et de Valence contribuent néanmoins à intensifier la familiarité des catalanophones avec le catalan standard.

Il n'existe aucun quotidien rédigé totalement ou partiellement en catalan. Dans certaines localités il est possible d'acheter des journaux publiés en Catalogne (surtout ceux de Lleida).

Quelques revues de caractère local rédigées principalement ou entièrement en catalan sont publiées par des organisations culturelles locales, notamment Desperta Ferro, Batecs, Sorolla't. L'on trouve également dans certaines zones des publications en catalan provenant des autres régions d'expression catalane.

Les seuls postes de radio de la Franja à émettre très partiellement en catalan sont des postes locaux. Les postes plus importants, qui avaient diffusé de par le passé certains programmes en catalan, ne le font plus. Toutefois l'accès global aux émissions en catalan a augmenté depuis quelques années à cause de la réception de celles en provenance de la Catalogne et de Valence. Il en est de même pour la télévision.

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3.5. Production et industries culturelles

Peu d'ouvrages en catalan sont publiés dans la Franja. Il s'agirait pour la plupart de recueils de poésie, de contes et de romans. Deux collections consacrées à des thèmes littéraires et linguistiques propres à la zone ont été publiées avec une certaine aide du gouvernement régional. Un prix littéraire créé en 1987 par le gouvernement régional est tombé en désuétude, tandis qu'un autre, destiné aux enfants (Prix Desperta Ferro), créé par une association privée, est encore décerné. L'activité musicale reste principalement circonscrite à l'interprétation de musique traditionnelle et à l'activité de quelques chorales.

Aucune troupe d'acteurs professionnels ne jouerait en catalan, quoique certains groupes locaux présentent des pièces dans un catalan souvent dialectal. Quelques spectacles pour enfants se font en catalan. La production cinématographique est nulle et ce n'est que très sporadiquement que des films réalisés en Catalogne sont à l'affiche des cinémas.

Bien qu'il semble que les appuis accordés au catalan soient très limités, la situation s'est quelque peu amélioré vers la moitié des années quatre-vingt: publication d'une grammaire catalane, reconnaissance de l'appartenance de la Franja à la communauté linguistique catalane, création d'un prix littéraire, et participation au Congrès International de la Langue Catalane.

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3.6. Le monde des affaires

L'emploi oral du catalan serait assez répandu dans de nombreux secteurs, surtout l'agriculture et les postes impliquant le contact avec le public. Il est rare, toutefois, que la connaissance du catalan soit considéré un avantage au moment de l'embauche

Le catalan est pratiquement absent de la publicité, excepté dans certaines campagnes en faveur du catalan, la publicité des fêtes patronales, les réclames de quelques entreprises (principalement les catalanes), etc. Les étiquettes et modes d'emploi sont presque toujours en castillan, sauf dans le cas que quelques produits fabriqués en Catalogne.

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3.7. Usage familial et social de la langue

Il semble que l'immense majorité des parents, surtout en dehors du milieu urbain, continuent de parler à leurs enfants en catalan et la tendance, encouragée par les écoles du régime franquiste, à leur parler en castillan se serait même estompée. Les jeunes couples parlent également en catalan, sauf lorsque l'un d'eux est d'expression castillane. Les mariages endogames représenteraient autour de 70-75%. Cependant, certains indices laissent entrevoir une diminution de l'emploi et de la qualité du catalan parmi les jeunes, surtout dans les villes. Une enquête menée en 1991 dans une zone relativement urbanisée indique en effet que s'ils se servent principalement du catalan dans les rapports familiaux et d'amitié, le castillan demeure la langue de l'école, malgré l'implantation des cours de catalan. Néanmoins, les jeunes sont bien disposés envers le catalan et jouent un rôle important dans les mouvements de revendication. La plupart des jeunes non locuteurs acquièrent certaines connaissances de catalan à l'école.

Le fait que le castillan soit principalement employé par des personnes d'un certain prestige (clergé, professionnels, fonctionnaires, familles autochtones aristocratiques) lui a conféré un prestige supérieur à celui du catalan mais actuellement les connotations négatives sociales seraient en voie de disparition, surtout dans le nord de la région.

Malgré tout, les catalanophones ont l'impression d'assister à une lente régression numérique et qualitative de leur langue. Les habitudes diglossiques de la majorité de la population semblent difficiles à extirper. Le rapport subjectif entre langue et identité présente des ambigüítés. De nombreux habitants craignent qu'il n'y ait une certaine contradiction entre l'attachement au catalan et le fait de se sentir aragonais. Certaines recherches, toutefois, laissent entrevoir un renforcement du sentiment d'appartenance à un communauté linguistique plus large, sous l'influence des émissions de radio et de télévision catalanes et valenciennes.

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3.8. Echanges transfrontaliers

Malgré la proximité de la Catalogne et de la Comunauté de Valence, les échanges sont rares et les habitants de la Franja ont parfois l'impression d'être les laissés-pour-compte par les autres communautés catalanophones.

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4. Conclusion

Zone principalement rurale, aux frontières mal définies, souffrant encore des effets d'une saignée démographique prolongée, la Franja est mal équipée pour défendre sa langue. Le prestige social du castillan, une diglossie profondément enracinée et la relation peu claire entre appartenance géographique et linguistique, ont amené la majorité des habitants à accepter le prédominance du castillan et à percevoir leur propre langue comme un outil de communication purement local et familial. Le fait que le catalan ne soit pas officiel en Aragon l'exclut de nombreux domaines d'usage où il est admis dans d'autres communautés autonomes. Sa présence dans le système scolaire comme matière facultative est insuffisante pour garantir aux jeunes une compétence linguistique en rapport avec les besoins de la société actuelle. De ce fait, la transmission orale de la langue, de nos jours toujours vivante, semble compromise. L'accès aux médias des autres communautés catalanophones a eu un impact certain mais l'hostilité de certains secteurs d'opinion devant une possible ingérance catalane rendent difficile une collaboration plus intense.

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