Le cornique au Royaume-Uni
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Research Centre of Wales
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Le cornique au Royaume-Uni
  1. Introduction à la langue
  2. La langue dans le pays où elle est parlée
    1. Données générales sur la communauté linguistique
    2. Description géographique, démographique et linguistique
    3. Histoire générale de la région et de la langue
    4. Statut juridique et politique officielle
  3. Présence et usage de la langue par domaines
    1. Enseignement
    2. Autorités judiciaires
    3. Autorités et services publics
    4. Masse média et technologies de l'information
    5. Production et industries culturelles
    6. Le monde des affaires
    7. Usage familial et social de la langue
    8. Echanges transfrontaliers
  4. Conclusion


1. Introduction à la langue

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2. La langue dans le pays où elle est parlée

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2.1. Données générales sur la Communauté linguistique

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2.2. Description géographique, démographique et linguistique

Il est difficile d'analyser le cornique suivant notre perspective habituelle, parce que les contextes sociaux et institutionnels, qui sont généralement considérés comme les conditions préalables à la production et à la reproduction d'une langue, font défaut. Sans nier l'enthousiasme et l'optimisme de ceux qui parlent cette langue, il faut admettre que c'est une langue qui a été ressuscitée, puisque plusieurs générations ont passé entre le contexte plus orthodoxe de production et de reproduction de la langue et sa production par une nouvelle génération de locuteurs. Il est donc difficile de procéder à une analyse sociologique en l'absence du contexte social habituel.

Le cornique est une langue celtique, associée au gallois et au breton en tant que l'une des langues brittoniques au sein des typologies linguistiques orthodoxes, mais problématiques. Le territoire spatial associé à la langue est la péninsule sud-ouest de la Grande-Bretagne, qui comprend les actuels comtés du Devon et des Cornouailles. Avant l'invasion romaine, la population préceltique a été déplacée par les Celtes, qui ont pénétré dans cette région au cours du premier millénaire avant J.-C. Jusqu'à l'avènement des Anglo-Saxons au sixième siècle, la Grande-Bretagne a été un territoire celte conquis et occupé par les Romains. A cette époque, il semblerait que le latin ait coexisté avec les langues celtiques. Les Anglo-Saxons ont occupé le vide laissé par les Romains lorsqu'ils se sont retirés de Grande-Bretagne au 5ème siècle. Par conquête et par assimilation, les langues celtiques ont été éliminées d'une grande partie de ce qui est en fin de compte devenu l'Angleterre. Il semblerait que l'invasion anglo-saxonne ait incité de nombreux Cornouaillais à immigrer en Bretagne, où l'Eglise celte a été active au cours de la période romaine et immédiatement après celle-ci. Finalement, la région a officiellement été transférée à l'Angleterre en dépit du fait que le Duché de Cornouailles appartenait au Prince de Galles, qui était membre de la royauté anglaise.

En Angleterre, le latin a commencé à ne plus être la langue exclusive de la littérature et de l'écriture à partir du 14ème siècle. Cette tendance s'est achevée au 16ème siècle, lorsque l'anglais est devenu l'unique langue de la littérature en Cornouailles. Le développement de l'anglais standard, qui est associé à ce phénomène, est lié au fait que le cornique était considéré comme une langue vulgaire, indigne d'un statut officiel. En conséquence, et contrairement au pays de Galles, aucun ouvrage de la littérature religieuse n'a jamais été produit en cornique lors de l'émergence des moyens d'impression de grande diffusion. Le contact avec la Bretagne s'est perdu également et la petite noblesse locale a rapidement été assimilée à la classe dirigeante anglaise, tournant ainsi le dos à son héritage cornique. L'expérience de l'immigration a aussi été tentée, associée à la tendance à recourir à l'anglais. Il est clair, vu la limitation des moyens officiels d'apprendre l'anglais, que le rejet du cornique en faveur de la langue nationale ne s'est pas fait du jour au lendemain. A cet égard, la religion, qui était pratiquée presque exclusivement en anglais, a été une force dominante, et, l'Eglise étant un élément majeur du bien-être social, la connaissance de l'anglais était essentielle. Au 18ème siècle, peu de gens parlaient encore le cornique et à la fin de ce siècle, cette langue avait cessé d'être parlée.

La langue a pour ainsi dire été ressuscitée au 19ème siècle, ce qui témoigne notamment du goût de ce siècle pour les antiquités. Ce sont les linguistes historiques, qui étaient très nombreux à l'époque, qui ont effectué la majeure partie du travail. Cette tendance s'est renforcée au début du 20ème siècle, lors de la publication du manuel de Jenner, basé sur le cornique moyen. Des tentatives de reconstruire la langue par le biais de la linguistique comparative et de l'analyse interne ont ensuite été effectuées. Une grande partie de ce travail a consisté à emprunter des articles lexicaux au gallois et au breton. Au moins trois textes destinés à faciliter l'apprentissage du cornique ont été publiés entre 1929 et 1939.

Vu que tellement peu de gens parlent la langue - les locuteurs sont estimés à un millier de personnes environ -, et que son usage se rattache à des réseaux sociaux plutôt qu'à des groupes sociaux, toute discussion de l'économie et de la démographie de la région apparaîtrait non pertinente pour expliquer le phénomène. Faisant partie de la périphérie anglaise, l'économie de la région s'est toutefois principalement concentrée, depuis l'avènement du capitalisme, sur le secteur primaire et, en particulier, sur les mines d'étain, la pêche, l'agriculture et, plus récemment, le secteur tertiaire. Ces régions périphériques se caractérisent par la tendance plus récente à s'orienter vers le tourisme et l'industrie légère. Le chômage est élevé et les salaires relativement bas. Sur le plan démographique, la région se caractérise par un taux élevé de retraités.

C'est le contexte de la restructuration économique de la périphérie au cours des années 1950 et 1960 qui s'avère pertinent pour la langue dans le cadre d'une analyse sociologique. Comme d'autres régions, le sud-ouest de l'Angleterre a connu un processus de décentralisation, au cours duquel des entreprises importantes ont été encouragées à se réimplanter afin d'exploiter les avantages d'une main-d'oeuvre périphérique bon marché et non syndiquée. Inévitablement, cette dimension spatiale axée vers l'exploitation économique, qui a également entraîné une immigration considérable afin d'exploiter les niches économiques spécifiques créées dans son sillage, a généré une réaction contre le centre et, comme dans d'autres régions, une certaine forme de nationalisme est apparue. Cette réaction s'est associée à la fonction symbolique de la langue cornique. Dans le cadre du discours moderniste sur l'être, on a affirmé que la langue est la base de la création d'une identité spécifique à celui-ci - langage et esprit étaient des entités séparées.

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2.3. Histoire générale de la région et de la langue

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2.4. Statut juridique et politique officielle

Le cornique n'a pas de statut légal et, comme pour d'autres langues minoritaires du Royaume-Uni, le gouvernement s'oppose aux arguments favorables à l'octroi d'un statut officiel aux groupes de langues minoritaires, sous prétexte que l'usage de la langue ne sera pas favorisé par la législation et l'octroi d'un statut officiel, mais dérivera plutôt du processus de facilitation et d'habilitation. Les activistes, par contre, pressent l'Etat d'accepter et de ratifier la charte européenne. Le Conseil régional de Cornouailles propose une aide financière et est réputé avoir de la sympathie pour le mouvement linguistique, qui est considéré comme apolitique. Le cornique n'a cependant toujours pas de statut légal.

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3. Présence et usage du cornique par domaine

3.1. Enseignement

L'augmentation limitée du nombre de locuteurs est en grande partie due aux cours du soir qui ont été subventionnés par le Conseil régional de Cornouailles. Ces derniers ont connu un franc succès pendant les années 70, mais il y a eu de nombreuses plaintes relatives aux méthodes d'enseignement, qui se seraient concentrées sur la norme écrite et non sur l'enseignement de l'usage oral. Il s'agissait d'une question de pureté, des "lettrés" celtiques exprimant des vues subjectives dans un contexte objectif. Le nombre de locuteurs étant tellement limité, peut-être toutes les questions de planification linguistique étaient-elles vouées à se concentrer sur le corpus plutôt que sur des questions de statut.

Lorsque des professeurs sont disponibles, les autorités locales accordent une aide à l'enseignement du cornique dans les écoles primaires, mais la dispute interne relative aux questions linguistiques, notamment, y fait obstacle. Les cours de formation des professeurs et le matériel scolaire sont aussi fournis par les autorités locales. Il semble qu'il y ait une douzaine d'écoles où le cornique est enseigné à titre d'activité "récréative" et une dizaine de candidats environ se présentent chaque année à l'examen du second degré. Le mouvement "Dalleth", qui tend à promouvoir le cornique dans l'enseignement, apporte son soutien.

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3.2. Autorités judiciaires

Le cornique n'a pas de statut légal.

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3.3. Autorités et services publics

L'usage officiel du cornique est limité et, bien que certaines autorités locales aient autorisé l'installation de panneaux routiers en cornique, ces actions peuvent de plus en plus être considérées comme à peine plus qu'un signe de tourisme "culturel".

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3.4. Mass médias et technologies de l'information

L'usage du cornique par les médias de radiodiffusion est limité à cinq minutes par semaine sur "Radio Cornwall" à la BBC. Les médias imprimés sont limités à un mensuel d'intérêt général, "An Gannas", diffusé à deux à trois cents exemplaires, et à une publication littéraire - "An Dherwen", tirée à une cinquantaine d'exemplaires, qui paraît trois à quatre fois par an.

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3.5. Production et industries culturelles

Quelques livres sont publiés chaque année, dont des textes scolaires, des livres pour enfants, des nouvelles et des textes religieux. Il y a aussi de la musique 'traditionnelle' et des chansons modernes. Ces activités 'folkloriques' sont généralement présentées lors du festival annuel Lowneder Pyran, qui est consacré à la musique et à la danse celtiques. La danse traditionnelle a un succès considérable.

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3.6. Le monde des affaires

Dans le domaine économique, le seul contexte concevable pour le cornique est le tourisme 'culturel'. On pourrait en effet affirmer que les noms de lieux et les références à ceux-ci dans la littérature touristique confèrent une valeur symbolique bénéfique à l'industrie du tourisme.

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3.7. Usage familial et social de la langue

Bien que leur nombre soit évidemment très réduit, certaines familles utilisent cette langue comme principal moyen de communication.

Il existe une sympathie quasiment générale pour la langue et il est difficile de trouver quelqu'un qui y soit 'opposé'. Vu le nombre de locuteurs et la 'résurrection' de la langue, il est toutefois sans doute inévitable que la majeure partie de la population ait tendance à considérer le cornique comme une activité pittoresque, liée au passé de la région. Ceux qui s'investissent activement dans l'apprentissage et la promotion de cette langue ont cependant une orientation toute différente, la considérant comme un élément de "différence" par rapport à la norme de l'Etat. La tendance à considérer la langue comme un véhicule du nationalisme - ce dernier représentant une orientation active en vue de développer un Etat autonome -, a diminué depuis les années 60.

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3.8. Echanges transfrontaliers

Sans objet.

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4. Conclusion

Il s'agit d'un cas intéressant en raison de la promotion consciente de la langue par référence à sa 'résurrection'. L'analogie biologique malheureuse qui réifie la langue en parlant de sa 'mort' conduit beaucoup de gens à considérer le cornique dans ces termes - la 'résurrection' revenant à ressusciter une langue 'morte'. Le fait de ne pas envisager la langue en termes de groupes linguistiques en tant que groupes sociaux devient alors très problématique et improductif. Il est évident que les rares activistes qui tentent de promouvoir le cornique peuvent être considérés comme un groupe linguistique, qui est encouragé par la construction sociale d'une réalité découlant du passé symbolique. A cet égard, le cornique peut représenter quelque chose qui ne se conforme pas à la construction normative d''Angleterre', 'Anglais', 'Grande-Bretagne' et 'Britannique'. Il est cependant plus difficile de considérer ces individus comme un groupe social en termes structurels, vu que les organes habituels et les cadres institutionnels pour la production, la reproduction et l'institutionnalisation de la langue n'existent pas. Les individus forment plutôt une série de réseaux qui se chevauchent, qui facilitent l'usage du cornique dans certains contextes très limités et qui sont structurés par un sens d'appartenance commune dérivant de buts et d'objectifs communs.

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©Euromosaic