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Le croate en Autriche
16-04-1998 http://www.uoc.es/euromosaic/web/document/croat/fr/i1/i1.html Research Centre of Multilingualism |
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| Le croate en Autriche | ![]() |
1. Données générales sur la communauté linguistique
1.1 Description linguistique, géographique et économique
Le croate est une langue slave méridionale, très étroitement apparentée au serbe. Le croate du Burgenland a évolué pour devenir une variante du croate standard en raison de sa situation d'isolement linguistique au cours des 450 dernières années. Cette langue est parlée dans des îlots linguistiques du "Südmähren", de la Slovaquie et de Hongrie occidentale jusqu'au Burgenland méridional, par quelque 25 000 personnes, à savoir environ 9% de la population (en plus de Vienne, où résident quelque 6 000 locuteurs). Les principales concentrations de locuteurs se trouvent dans les localités de Neusiedl/Niuzalj, Eisenstadt/ eljezno, Mattersburg/Matrtof, Oberpullendorf/Gornja Pulja, Oberwart/Borta et Güssing/Novi Grad.
Le croate du Burgenland a pour origine des dialectes èakaviques-icaviques-ekaviques de Croatie centrale et de la Bosnie, qui se sont développés depuis le 18e siècle dans des environnements de langue allemande et hongroise sans liens avec leur pays d'origine. Tous les Croates du Burgenland parlent également l'allemand. La langue parlée comprend plusieurs phénomènes d'interférence avec l'allemand. La langue écrite est basée sur les dialectes croates du Burgenland et elle montre des traits du changement grammatical par rapport au croate standard, la tendance à préserver des archaïsmes, ainsi que la formation d'innovations basées sur le modèle des langues de contact, l'allemand et le hongrois. Les différences linguistiques entre le croate standard et le croate du Burgenland, en particulier dans la langue écrite, sont à ce point marquées, qu'elles rendent difficiles les échanges à l'écrit.
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1.2 Histoire générale de la région et de la langue
Les Croates ont quitté les Balkans (la Croatie et la Bosnie), lors de plusieurs vagues migratoires à partir du milieu du 16e siècle (devant les envahisseurs ottomans) et se sont établis en Hongrie occidentale, en Slovaquie et dans le "Südmähren". Ils se sont constitués en tant qu'îlots catholiques (sous la protection spéciale de l'épiscopat catholique) dans des régions protestantes de langue allemande ou hongroise. Ce protectorat catholique contribua au cours des siècles à contrer l'assimilation. La société hongroise - les Croates du Burgenland vivaient dans la composante hongroise de l'empire sous la monarchie des Habsburg - a conservé des structures de la fin de l'époque féodale et de l'ère postféodale qui ont grandement marqué la vie culturelle et politique de la minorité croate. En particulier au 19e siècle, les Croates ont été soumis à une forte pression visant la magyarisation. En 1921, lors d'une consultation populaire menée dans l'ancienne Hongrie occidentale, un nombre considérable de Croates se sont prononcés pour leur maintien en Hongrie. La plus grande partie des établissements croates ont été concédés à l'Autriche, à l'exception des centres économiques d'Ödenburg/Sopron et de Steinamanger/Szombathely. Ce territoire séparé de la Hongrie et rattaché à l'Autriche fut appelé le "Burgenland" et il obtint le statut en Autriche d'État confédéré (Bundesland). L'établissement de la frontière signifia pour plusieurs une détérioration drastique des conditions de vie, de telle sorte que pendant l'entre-deux-guerres environ 10% de la population a émigré, en particulier vers les États-Unis. L'émigration et la mobilité géographique continuent de caractériser la situation de l'ensemble du Burgenland, indépendamment de l'appartenance ethnique. C'est ainsi qu'on explique pourquoi les Croates du Burgenland font preuve d'une présence relativement importante à Vienne.
Le monde associatif:
Hrvatsko kulturno drutvo/Kroatischer Kulturverein (l'Association culturelle croate fondée en 1929).
Hrvatsko Gradiæansko kulturno drutvo u Beèu/Kroatisch-Burgenländischer Kulturverein in Wien (l'Association culturelle croate du Burgenland fondée en 1934 en tant qu'organisme parapluie des Croates du Burgenland établis à Vienne).
Hrvatski akademski klub/Kroatischer Akademikerklub (le Cercle universitaire croate fondé en 1947 en tant que regroupement des anciens étudiants croates).
Komitet za prava Gradiæanskih Hrvatov/Komitee für die Rechte der Burgenländischen Kroaten (le Comité pour les droits des Croates du Burgenland).
Il existe en outre des liens avec le Centre autrichien des groupes ethniques (Österreichischen Volksgruppenzentrum) à Vienne, qui cherche à représenter les intérêts de toutes les minorités, mais au sein duquel les Croates et les Slovènes sont particulièrement actifs.
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1.3 Statut légal et politique officielle
Le statut juridique des Croates du Burgenland est fixé dans le Traité de 1955 et dans la Loi sur les groupes ethniques de 1976. L'article 7 du Traité de 1955, qui fait référence explicitement aux minorités slovène et croate, indique que:
Les citoyens autrichiens des minorités slovène et croate en Carinthie, dans le Burgenland et dans la Styrie jouissent des mêmes droits, toutes conditions étant égales, que tous les autres citoyens autrichiens, y compris le droit de disposer de leurs propres organisations, de tenir des rassemblements et de disposer leur propre presse dans leur propre langue.
Ils ont le droit de disposer de l'enseignement élémentaire en langue slovène ou croate, de même que d'un nombre approprié d'écoles intermédiaires ; par conséquent, la supervision des programmes scolaires et l'établissement d'une section administrative de l'inspection scolaire seront organisés à l'intention des écoles slovènes et croates.
Dans les régions administratives et juridiques de Carinthie, du Burgenland et de la Styrie, où habite une population slovène, croate ou mixte, on autorisera l'emploi de la langue slovène ou croate comme langue officielle aux côtés de l'allemand. Dans ces régions, les dénominations et la signalisation topographiques seront rédigées en langue slovène ou croate en plus de l'allemand.
Dans la Loi sur les groupes ethniques de 1976, qui s'applique également aux autres groupes ethniques, on met en place des soi-disant Comités consultatifs des groupes ethniques, qui en principe ont une fonction consultative, mais qui peuvent aussi exercer un droit important de codécision dans l'attribution des ressources financières destinées aux minorités.
En termes de revendications politiques, le groupe ethnique était divisé en deux camps: un groupe conservateur surtout associé politiquement au parti ÖVP, et la soi-disant Conférence des bourgmestres du SPÖ, qui a pris position plutôt pour une politique assimilatoire. Les différentes positions se sont certes rapprochées aujourd'hui, mais cette division qui a persisté pendant plusieurs décennies a longtemps constitué une entrave vis-à-vis l'établissement et le maintien d'une politique durable qui eût été bénéfique pour les minorités.
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2. Présence et usage du croate par domaines
2.1 Éducation
Jusqu'en 1921, la loi qui prévalut dans le Burgenland était la Loi impériale concernant l'école primaire de la Hongrie, en vertu de laquelle les Croates disposaient d'un pouvoir décisionnel autonome vis-à-vis la langue d'enseignement dans leurs écoles locales. Au tournant du siècle, les Croates disposaient de plus de 60 écoles confessionnelles. À partir de 1921, l'Église était toujours responsable des écoles confessionnelles croates, toutefois l'allemand fut introduit comme matière obligatoire. Les sociaux-démocrates virent dans l'enseignement forcé de l'allemand une occasion de promouvoir l'émancipation sociale et culturelle des Croates, et se trouvèrent ainsi en opposition avec les chrétiens-sociaux, qui voyaient dans les écoles confessionnelles croates une garantie pour la survie du groupe ethnique. Cette lutte culturelle caractérisa l'ensemble de la Première République.
L'éducation pré-scolaire
Les Croates du Burgenland ne disposent d'aucun jardin d'enfants privé, et ce n'est que grâce à l'initiative personnelle de quelques puéricultrices (des jardins d'enfants publics) que des enfants croates peuvent être éduqués dans leur langue maternelle. Ce n'est que depuis 1989 que l'enseignement au niveau du jardin d'enfants y est régi par une loi. Le croate est employé en plus de l'allemand comme langue d'instruction dans les jardins d'enfants suivants: Hornstein/Voritan, Klingenbach/Klimpuh, Oslip/Uzlop, Siegendorf/Cindrof, Zagersdorf/Cogrtof, Steinbrunn/tikapron, Zillingtal/Celindrof, Trausdorf/Trajtof, Wulpaprodersdorf/Vulpaprodrtof, Güttenbach/Pinkovac, Neuberg/Nova Gora, Stinatz/Stinjaki, Draßburg-Baumbargen/Rasporak-Pajngrt, Antau/Otava, Neudorf/Novo Selo, Pama/Bjelo Selo, Parndorf/Pandrof, Frankenau/Frakanava, Unterpullendorf/Dolnja Pulja, Großwarasdorf/Veliki Boritof, Weingraben/Bajngrob, Nikitsch/File , Kroatisch Gertesdorf/Geritof, Schachendorf/Èajta et Weiden/'Bandol. À l'extérieur de ces régions, il est possible de recevoir une éducation bilingue allemand-croate, lorsque 25% des ayant-droits désirent se prévaloir de l'éducation bilingue. Dans les jardins d'enfants mentionnés précédemment, le croate est introduit au moins six heures par semaine. La formation des puéricultrices est assurée par l'Agence fédérale d'éducation pour la puériculture à Oberwart/Borta, où le croate est offert comme matière facultative. Au total, on compte environ 35 puéricultrices actives dans le domaine préscolaire. De façon générale, on remarque un intérêt accru pour le bilinguisme.
Depuis 1990 il y a des aide-puéricultrices. L'inspectrice de l'éducation préscolaire est responsable des aide-puéricultrices. En 1998 l'inspectrice en poste accorde à chaque jardin d'enfant les services d'une aide-puéricultrice (entre 6 à 8 heures par semaine.
Les écoles primaires
Dans le Burgenland, il n'existe aucune école primaire ayant le croate comme médium d'instruction. Dans la plupart des écoles primaires (c'est-à-dire, de la 1ère à la 4e année), le croate est enseigné comme cours de langue (à raison de 3 heures par semaine). Dans quelques écoles, l'enseignement est dispensé selon une formule bilingue. Les quelque 28 écoles primaires allemand-croate du Burgenland sont fréquentées par 1 300 élèves, et emploient 180 enseignants (dont seulement quelques dizaines sont des élèves croates).
Il existe trois écoles intermédiaires (de la 4e à la 8e année), à savoir Oberpullendorf/Gornja Pulja, Rechnitz/Rohunac et Stegersbach/Santalek, où l'on enseigne le croate comme matière obligatoire, avec 80 élèves qui suivent cet enseignement, et sept autres écoles où le croate est offert comme matière facultative. Au niveau secondaire, il y a 330 élèves inscrits dans des cours de croate, dispensés par 34 enseignants.
Le domaine secondaire
Il existe quelques lycées où le croate est offert comme matière obligatoire avec option (Eisenstadt/ eljezno, Oberschützen/Gornje ice et Oberpuollendorf/Gornja Pulja). En 1992, on a ouvert un soi-disant Lycée des groupes ethniques à Oberwart/Borta, qui offre deux combinaisons bilingues des langues d'enseignement, à savoir croate-allemand et hongrois-allemand. Voici quelques chiffres:
| Élèves: | |
| Education bilingue All./Croate | 91 |
| Croate comme matière obligatoire avec option | 189 |
| Croate comme matière facultative | 47 |
| Total | 327 |
| Professeurs: | |
| Éducation bilingue All./Croate | 21 |
| Croate comme matière obligatoire avec option | 9 |
| Croate comme matière facultative | 4 |
| Total | 34 |
La formation des enseignants
La formation des enseignants pour l'éducation bilingue est assurée par l'Académie pédagogique de Eisenstadt/ eljezno. Cette académie sera fermée en 1998 et incorporée au sein de l'académie à Vienne. Les enseignants disposent après leurs études d'un supplément de salaire s'ils retournent suivre une formation.
L'université
Dans le domaine des études slaves (dans les établissements d'enseignement supérieur de Vienne et de Graz), il existe des cours en croate du Burgenland en plus des études croates offertes comme programme d'études (l'examen donnant accès à la profession d'enseignant).
L'éducation permanente
En outre, il y a un établissement d'éducation permanente croate du Burgenland (Drutvo za obrazovanje Gradiæanskih Hrvata, ou DOGH), où des cours bilingues sont offerts. De 12 à 15 enseignants y dispensent 480 cours par année.
Enfin, il faut aussi mentionner le matériel pédagogique pour adultes particulièrement innovateur Glasi/Stimmen (Voix), publié en 1997 à l'intention des germanophones désireux d'apprendre le croate du Burgenland.
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2.2 Autorités judiciaires
Conformément à l'article 7 du Traité de 1955, les membres du groupe ethnique croate ont le droit d'utiliser le croate comme langue officielle dans les régions administratives et juridiques comprenant une population croate ou mixte. L'emploi du croate est permis comme langue officielle dans les tribunaux de districts suivants: Eisenstadt/ eljezno, Güssing/Novi Grad, Mattersburg/Matrtof, Neusiedl/Niuzalj, Oberpullendorf/Gornja Pulja et Oberwart/Borta.
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2.3 Autorités et services publics
L'emploi du croate comme langue officielle a été fixé par un décret en 1990. Dans 26 communes (faisant partie de six régions administratives), le croate est autorisé comme langue officielle, à savoir les six régions suivantes: Eisenstadt/ eljezno (9 communes), Güssing/Novi Grad (3 communes), Mattersburg/Matrtof (3 communes), Neusiedl/Niuzalj (3 communes), Oberpullendorf/Gornja Pulja (5 communes) et Oberwart/Borta (3 communes). En outre, le croate peut servir de langue officielle auprès d'autres administrations, telles que le commando militaire du Burgenland, les chemins de fer fédéraux et la poste.
En vertu de la Loi sur les groupes ethniques, la signalisation topographique doit être fournie dans les deux langues dans les régions où 25% de la population s'identifient au groupe ethnique croate. Cette réglementation est considérée comme inconstitutionnelle par les minorités autrichiennes dans la mesure où l'article 7 du Traité autrichien prévoit la signalisation bilingue dans les zones d'établissement des Croates et que les droits des groupes ethniques ne sont pas censés dépendre de leur poids démographique. Aucun décret concernant la signalisation topographique bilingue n'ayant été émis, il n'existe pas de signalisation bilingue dans le Burgenland. Les panneaux indiquant les noms de lieux sont monolingues en allemand, tandis que les noms de rues à l'intérieur des localités sont bilingues, ce qui s'explique par le partage des compétences: les panneaux des noms de lieux relèvent des responsabilités de l'État confédéré, les noms de rue dépendent des communes.
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2.4 Mass-médias et technologies d'information
La presseLes périodiques suivants sont publiés en croate du Burgenland:
Hrvatske Novine/Kroatische Zeitung. Cet hebdomadaire, le Journal croate, fondé en 1910, a une circulation d'environ 3 500 exemplaires et est publié par l'Association de la presse croate (Kroatischen Presseverein/Hrvatsko tamparsko drutvo).
Crikveni Glasnik Gradiæa/Kirchenbote des Burgenlandes. Ce bulletin ecclésiastique, fondé en 1946, est publié par la Chaire épiscopale d'Eisenstadt/ eljezno.
Put/Weg. La Voie paraît six fois par an à Vienne depuis 1980 et est publiée par l'Association culturelle croate du Burgenland (Kroatisch-Burgenländischen Kulturverein/Hrvatsko-gradiæansko kulturno drutvo u Beèu).
Novi Glas/Neue Stimme. La Voix Nouvelle est éditée par le Cercle universitaire croate (Kroatische Akademikerklub/Hrvatski akademski klub) à Vienne. La revue paraît 4 fois par an depuis 1967.
Glasilo/Zeitschrift. La Revue est une publication trimestrielle de l'Association culturelle croate (Kroatischen Kulturvereins/Hrvatsko kulturno drutvo) depuis 1988.
La radio
La radio régionale (studio du Burgenland) de la chaîne de radio et de télévision autrichienne ORF émet 42 minutes par jour. Il s'agit essentiellement d'émissions d'information d'envergure locale, comprenant une proportion importante de musique.
La télévision
Chaque dimanche, le studio Burgenland de l'ORF diffuse l'émission Dobar Dan Hrvati/Guten Tag Kroaten (Bonjour Croates) de 13 h à 13 h 30. Il s'agit d'émissions locales comprenant une proportion importante de folklore.
Équipement informatique et logiciels
L'écriture des caractères spéciaux en croate est rendue possible grâce aux nouveaux systèmes d'exploitation Windows95, Windows NT et MacOS. Il n'existe pas de logiciel en langue croate.
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2.5 Production et industries culturelles
Parmi les plus importants équipements culturels, il y a l'initiative culturelle Kulturinitiative Kulturna zadruga/KUGA à Großwarasdorf/Veliki Boritof. Cette initiative a été fondée en tant qu'association en 1982 et elle a organisé un important nombre d'événements culturels et socio-politiques, des programmes de formation, etc.
De plus, il faut mentionner le théâtre amateur, particulièrement apprécié dans les villages de Klingenbach/Klimpuh, Zagersdorf/Cogrtof, Oslip/Uzlop, Wulkaprodersdorf/Vulkaprodrtof, Pama/Bijelo Selo, Kroatisch Minihof/Mjenovo, Nikitsch/File , Kleinwarasdorf/Mali Boritof, Frankenau/Frakanava, Stinatz/Stinjaki et Güttenbasch/Pinkovac.
La Journée de la jeunesse (Dan mladine/Tag der Jugend) est un festival de la jeunesse organisé une fois l'an dans le Burgenland.
Dans tout village croate d'importance, il y a une troupe de danse folklorique ou un orchestre de "tamburizza", le plus connu étant Kolo Slavuj à Unterpullendorf/Dolnja Pulja. De plus, il y a les groupes rock Pax et Bruji, ce dernier s'étant acquis une réputation enviable sur la scène rock dans toute l'Autriche.
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2.6 Le monde des affaires
La langue croate n'a pas vraiment d'importance dans la vie économique, sauf dans les entreprises familiales où le croate est employé. Les employés croates du Burgenland dans les entreprises qui entretiennent des liens économiques avec l'ancienne Yougoslavie peuvent tirer profit de leurs compétences linguistiques pour la communication avec leurs partenaires économiques.
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2.7 Usage social et familial
Dans les régions rurales, l'endogamie est plus fréquente que dans les milieux urbains (souvent pour des raisons économiques). En général, on observe l'existence d'un noyau de représentants de la minorité qui résistent à l'assimilation et qui se distinguent par une conscience ethnique et linguistique aiguë. Dans ces cercles, la production et la reproduction de la langue et des traditions est assurée. À l'extérieur de ce noyau, par contre, la langue connaît une érosion notable, dans la mesure où elle n'est plus employée que par les personnes les plus âgées.
Le croate est employé en famille, dans le monde associatif et dans les villages ayant des populations croates ou mixtes, où il peut également servir à la communication publique, c'est-à-dire dans les commerces, sur la rue et même dans les assemblées communales, à la condition que tous les participants comprennent cette langue. Il n'est pas rare que des germanophones aient acquis des compétences linguistiques en croate du Burgenland et qu'ils emploient cette langue dans leur vie quotidienne.
Le prestige du croate est apprécié différemment dans le Burgenland. On considère que les connotations peu valorisantes et discriminatoires qui étaient associées jadis au statut social inférieur des Croates du Burgenland, se sont atténuées au cours des dernières décennies, mais on ne peut toujours pas parler d'une véritable parité avec l'allemand.
Les Croates du Burgenland sont presqu'exclusivement catholiques, d'où l'importance que les messes soient chantées en langue croate. Le pèlerinage à Lorette constitue un événement particulièrement important dans le calendrier religieux.
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2.8 Échanges transnationaux
Des contacts transfrontaliers existent avec les Croates de Hongrie, qui entretiennent des liens historiques et culturels avec les Croates du Burgenland.
Les contacts de divers ordres avec la Croatie, même si la Croatie ne partage pas de frontière avec le Burgenland, étaient déjà entretenus à l'époque communiste, mais ceux-ci se sont maintenant consolidés (en particulier par l'entremise des groupes qui sympathisent avec le régime actuellement en place en Croatie). On organise des séjours linguistiques en Croatie pour les enfants. Les contacts avec la minorité sorabe d'Allemagne semblent jouer un rôle important, du moins au sein du monde associatif.
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3. Conclusion
Après plusieurs décennies de déclin, le croate du Burgenland s'est renforcé au cours des dernières années. Il est quelque peu enseigné dans les établissements scolaires des cycles supérieurs et la recherche universitaire s'intéresse désormais à cette langue. Quant à la mise en oeuvre des lois pour la protection des minorités, l'application de certaines dispositions est réclamée sans relâche par les représentants de la minorité.
Si le bilinguisme est généralement accepté dans le monde scolaire, dans la pratique celui-ci est remis en question. Ainsi, on peut facilement répertorier 1 300 élèves dans les écoles mixtes, mais si on y regarde de plus près, on constate qu'il ne touche que quelques dizaines d'élèves croates. Cela nous amène à croire que si la question semble résolue sur papier, dans les faits, ce système ne favorise pas vraiment le maintien de la langue. La situation économique des Croates est également très précaire dans une région qui se caractérise par d'importantes faiblesses structurelles. La survie de la minorité dépend en grande partie de la mesure dans laquelle les programmes économiques en cours parviendront à stopper la migration (en particulier vers Vienne). Les rapports économiques plus intenses avec la Croatie ne profiteront cependant que de façon marginale au Burgenland et par conséquent aux Croates du Burgenland. La vitalité de la minorité croate ne peut pas être considérée comme très élevée, étant donné que les domaines sociaux les plus importants pour son développement ne sont pas sous son contrôle et que la consolidation du système d'éducation ne peut compenser que partiellement pour cette lacune.
Adresses utiles:
KUGA/Kulturna zadruga: 7304 Großwarasdorf/Veliki Boritof, Parkgasse 3, Tél.: 02614/21624, 2698
Kroatischer Kulturverein/Hrvatsko kulturno drutvo: 7000 Eisenstadt, Dr.L.Karall-Straße 23, Tél: 02682/62936
Kroatischer Akademikerklub/HAK, 1040 Schwindg. 14 Tél.: (01) 5057106
ORF Landesstudio Burgenland, Kroatische Redaktion: 7000 Eisenstadt, Buchgraben 51, Tél.: 02682/700-390
Zweisprachige Hauptschule Großwarasdorf, Dir. Mirko Berlakovich, Schulgasse 12
Pannonisches Gymnasium: Dirk. Karl Wiltschko, Gymnasiumstr. 21, 7350 Oberpullendorf, Tél.: 02612/2407
Mehrsprachiges Gymnasium Oberwart: Dir. Martin Zsivkovics, Schulstraße 29, 7400 Oberwart, Tél.: 03352/8185
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