Le frison en Allemagne: Le frison oriental ("Saterfriesisch")
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Research Centre of Multilingualism
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Le frison en Allemagne
Le frison oriental ("Saterfriesisch")
  1. Introduction à la langue
  2. La langue dans le pays où elle est parlée
    1. Données générales sur la communauté linguistique
    2. Description géographique, démographique et linguistique
    3. Histoire générale de la région et de la langue
    4. Statut juridique et politique officielle
  3. Présence et usage de la langue par domaines
    1. Enseignement
    2. Autorités judiciaires
    3. Autorités et services publics
    4. Masse média et technologies de l'information
    5. Production et industries culturelles
    6. Le monde des affaires
    7. Usage familial et social de la langue
    8. Echanges transfrontaliers
  4. Conclusion


1. Introduction à la langue

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2. La langue dans le pays où elle est parlée

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2.1. Données générales sur la Communauté linguistique

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2.2. Description géographique, démographique et linguistique

La variété de frison oriental, appelé "Seeltersk" en frison, "Saterfriesisch" en haut allemand, "Soatersk" en bas allemand et "Saterlandic" en anglais, est parlée par 2000 personnes environ, soit 17,7 % des membres de la communauté frisonne orientale de l'arrondissement de Kloppenburg dans le Land de Basse-Saxe (Niedersachsen), en République fédérale d'Allemagne. Ses principales subdivisions dialectales sont celles des villages de Ramsloh, Scharrel et Strücklingen. C'est une langue germanique occidentale, dont la plus ancienne attestation remonte à 1415, et qui s'écrit maintenant en alphabet romain dans une orthographe établie par la Fryske Akademy (cf. frison occidental néerlandais). Bien qu'il soit reconnu comme langue minoritaire par le Land de Basse-Saxe, le Saterfriesisch, ou frison oriental, (désigné par l'abréviation FO dans la suite du texte) n'a pas de statut officiel sur son territoire, où il est en contact régulier avec le haut allemand standard ("Hochdeutsch") et le bas allemand ("Plattdeutsch"). La région compte une population totale de 11habitants. On estime qu'environ 70 % de la population se sont installés dans cette région après la Deuxième Guerre mondiale, en raison de son industrialisation croissante. Ils résident dans des implantations semi-urbaines et leur langue principale est le haut allemand.

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2.3. Histoire générale de la région et de la langue

1500 à 2000 locuteurs environ utilisent le FO quotidiennement. L'usage a beaucoup diminué ces trente dernières années. Il n'est pas utilisé dans l'enseignement, l'administration, le monde des affaires ou les médias, en dehors des réunions des clubs locaux et des festivals villageois. Le FO est parfois proposé comme matière facultative dans les écoles. La plupart des Frisons orientaux ne travaillent pas en Frise orientale, vu que cette région ne compte que deux petites usines et quelques activités tertiaires. Le niveau de vie est celui de la plupart des petites communautés de Basse-Saxe. Dans les petites usines, la langue utilisée est le haut allemand, les ouvriers utilisant plus probablement le bas allemand ou le FO. La plupart des Frisons orientaux (FOr. dans la suite du texte) sont favorables à la préservation de leur langue, mais sont peu enclins à la soutenir activement. Le centre de l'activité ethnolinguistique est l'association populaire locale ("Heimatverein") de Frise orientale, le "Seelter Buund", qui a oeuvré pour la reconnaissance du FO en tant que langue éligible au statut de langue minoritaire et à l'aide du gouvernement, ce qu'il a obtenu. Cette reconnaissance a considérablement accru la conscience des Frisons orientaux.

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2.4. Statut juridique et politique officielle

Le haut allemand standard est la langue de l'administration et de l'instruction. Le FO et le bas allemand sont reconnus et encouragés par le Land de Basse-Saxe en tant que langues minoritaires. Les FOr. sont représentés au Comité européen des Langues menacées. Mais il n'y a pas de politique officielle concernant le FO.

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3. Présence et usage de la langue par domaine

3.1. Enseignement

Le FO est proposé comme matière facultative dans quelques écoles primaires. Il y a très peu de matériel scolaire, si ce n'est pour l'enseignement de la langue, de l'histoire et de la géographie. Sa présence dans l'enseignement a continué à diminuer ces dix dernières années. Les parents qui parlent encore le FO ne veulent pas le transmettre à leurs enfants, de peur que cela porte atteinte à leur haut allemand. Il y a cependant à nouveau des professeurs disponibles, qui souhaitent et sont en mesure d'enseigner le (en) FO.

Aux niveaux d'enseignement supérieurs au niveau élémentaire, le FO n'est ni utilisé, ni proposé, sauf par un cours pour adultes ("Volkshochschule" - université populaire), où sont inscrits 30 étudiants.

Des séminaires consacrés au FO sont proposés aux universités de Kiel et Göttingen.

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3.2. Autorités judiciaires

Le FO n'est pas utilisé dans les tribunaux.

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3.3. Autorités et services publics

Le FO n'est pas utilisé dans l'administration. Il n'y a pas d'échanges d'informations en FO entre le public et les services administratifs.

Les panneaux routiers de signalisation et de direction sont tous en allemand.

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3.4. Mass médias et technologies de l'information

L'usage du FO est autorisé dans les médias, bien qu'il ne soit pas régi par des dispositions administratives ou légales. Il n'y a pas de journaux, ni de magazines en FO; de brefs articles et avis sont parfois publiés dans le "Münsterländische Tageszeitung", le "Nordwest-Zeitung" et dans des brochures publicitaires locales. Il n'est pas utilisé à la radio, ni à la télévision.

Il est tout à fait possible de le taper sur des claviers d'ordinateur ordinaires et de l'imprimer sur des imprimantes standard. Il n'existe pas de logiciel spécial pour le FO.

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3.5. Production et industries culturelles

Trois livres en/sur le FO ont été publiés depuis 1990. Deux sont consacrés à la poésie et à des nouvelles en FO, et ont été tirés à un millier d'exemplaires chacun. Le troisième est le premier volume d'un dictionnaire étymologique exhaustif du FO (Kramer, 1992). Il n'y a pas de musique folk ou pop en FO.

Des troupes de théâtre amateurs jouent des pièces en FO devant un public d'un millier de personnes lors de la soirée folklorique annuelle ("Heimatabend"). D'autres activités en FO sont concentrées lors du "festival des moulins" ("Mühlenfest"), à la Foire de Ramsloh et lors des célébrations du jour d'action de grâces. La popularité de ces fonctions a augmenté ces dix dernières années. Il y a un ensemble de danse folklorique FO qui utilise exclusivement le FO.

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3.6. Le monde des affaires

Le FO n'est pas requis pour l'exercice des professions quelles qu'elles soient et n'est pas considéré comme un atout particulier. Il est essentiellement utilisé dans l'agriculture et le commerce.

Il y a eu peu de campagnes publicitaires en FO.

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3.7. Usage familial et social de la langue

Seule une petite minorité de parents très motivés utilisent le FO dans les conversations avec leurs enfants. Le nombre d'enfants élevés en FO continue à baisser. Même les grands-parents dont la première langue est le FO utilisent le haut allemand avec leurs petits-enfants. Ce changement d'usage a commencé après 1945, lorsqu'il est apparu que les enfants est-allemands réfugiés, dont la langue maternelle était le haut allemand, progressaient mieux à l'école.

Pour la plupart des jeunes, le moyen de communication pour nouer des contacts sociaux est le haut allemand. La jeune génération connaît beaucoup moins le FO que ses parents. La plupart des FOr. sont hétérogames. Seuls 15 % de tous les mariages se font entre locuteurs de FO. Le FO est plus souvent utilisé par les femmes que par les hommes de tous âges.

Une bonne maîtrise du haut allemand ET du FO permet à une personne d'être respectée pour son niveau d'instruction, la conscience de son ethnicité et de ses racines.

Environ 75 % des FOr. vont régulièrement à l'église. Environ 10 % du clergé maîtrisent le FO; cette langue n'est toutefois utilisée que sporadiquement dans les offices. Il n'y a pas de bibles, ni d'hymnes en FO. Les FOr. sont des catholiques romains. Peu d'étrangers apprennent le FO. Les FOr. s'adaptent facilement aux visiteurs et leur parlent en haut ou bas allemand.

La plupart des locuteurs ne pensent pas que le FO a de l'avenir. Leur attitude envers la langue est celle de la plupart des Juifs qui ne vivent pas en Israël vis-à-vis d'Israël: ils pensent que c'est merveilleux, mais n'envisagent pas de s'y installer.

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3.8. Echanges transfrontaliers

Il y a beaucoup de contacts avec les Frisons occidentaux (néerlandais) par l'intermédiaire de la Fryske Akademy et du "Fries Instituut" (Institut frison) de Groningue.

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4. Conclusion

Voici un bref résumé comparant certaines caractéristiques marquantes des trois langues minoritaires frisonnes en Europe, à savoir aux Pays-Pas et en Allemagne, telles qu'elles ont été rapportées dans les questionnaires distribués par les correspondants de la région et résumés dans le(s) rapport(s) précédent(s).

La caractéristique la plus manifeste est la différence de taille considérable entre les trois communautés. La communauté frisonne occidentale néerlandaise est la "géante", avec 400locuteurs, les deux groupes frisons allemands sont de petits "David", avec le minuscule groupe frison oriental, qui compte 2000 locuteurs, et le groupe frison septentrional, qui en compte 9000. Leur proportion par rapport aux populations totales de leur région respective est très différente également: 2/3 de la population de Frise néerlandaise parlent frison, contre seulement 18 % en Frise orientale allemande et à peine 7 % en Frise septentrionale (il faut toutefois noter qu'il y a une concentration beaucoup plus élevée de la population parlant frison sur les Iles reculées de la Mer du Nord).

Sur le plan linguistique, il apparaît que le frison occidental est beaucoup plus unifié et standardisé que le frison oriental ou septentrional, qui sont beaucoup plus restreints et dialectisés, surtout le frison septentrional insulaire. Le frison occidental a élaboré une orthographe acceptée, officiellement autorisée par le gouvernement régional. Le frison septentrional, peut-être à cause des importantes différences dialectales internes, n'est pas aussi unifié, et les Frisons orientaux ont adopté l'orthographe de leurs voisins frisons néerlandais.

En ce qui concerne l'usage public et la visibilité, le frison néerlandais est une fois encore loin devant les deux langues frisonnes allemandes. En Frise néerlandaise, le frison est une matière obligatoire aux niveaux primaire et secondaire; dans les provinces allemandes, c'est seulement une matière facultative à l'école primaire, avec toutefois des inscriptions beaucoup plus nombreuses en Frise septentrionale qu'en Frise orientale. Les inscriptions augmentent en Frise (occidentale) et en Frise septentrionale, alors qu'elles diminuent en Frise orientale. Même au niveau universitaire, les Pays-Bas accordent une beaucoup plus grande attention au frison que l'Allemagne. Aux Pays-Bas, près d'une centaine de publications en frison paraissent chaque année, contre quelques-unes seulement en Allemagne (4:1 Frise septentrionale - orientale). Il y a beaucoup de publications en frison occidental exclusivement, très peu en frison septen-trional et oriental, sans compter les dictionnaires. En Frise néerlandaise, une station de radio émet en frison exclusivement, contre deux minutes d'information par semaine en Allemagne.

L'organisation institutionnelle est plus forte chez les Frisons occidentaux, qui possèdent leur propre académie, un Conseil frison, ainsi qu'un important institut à Groningue, et qui organisent un Congrès frison international tous les trois ans. Les Frisons septentrionaux ont au moins un (petit) institut à Bredstedt, les Frisons orientaux n'ont que des clubs locaux.

La reconnaissance et l'encouragement administratifs et légaux officiels sont faibles dans les trois cas. Mais il y a également d'importantes différences. Le gouvernement néerlandais a autorisé l'usage du frison dans les tribunaux, le gouvernement provincial de Frise a autorisé l'orthographe, et certaines municipalités ont élaboré des politiques officielles en faveur du frison. Pour le frison septentrional, il y a au moins un conseiller spécial au niveau ministériel du Land, tandis que le frison oriental est seulement reconnu (au même titre que le bas allemand) comme langue minoritaire par le gouvernement du Land, sans dispositions plus spécifiques.

Alors que l'usage et la préservation du frison occidental s'avèrent stables, sinon en augmentation, le frison septentrional semble connaître un lent déclin, et le frison oriental un déclin plus rapide encore.

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