Le [slavo]macédonien / bulgare en Grèce
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Research Centre of Multilingualism
Le [slavo]macédonien / bulgare en Grèce
  1. Introduction à la langue
  2. La langue dans le pays où elle est parlée
    1. Données générales sur la communauté linguistique
    2. Description géographique, démographique et linguistique
    3. Histoire générale de la région et de la langue
    4. Statut juridique et politique officielle
  3. Présence et usage de la langue par domaines
    1. Enseignement
    2. Autorités judiciaires
    3. Autorités et services publics
    4. Masse média et technologies de l'information
    5. Production et industries culturelles
    6. Le monde des affaires
    7. Usage familial et social de la langue
    8. Echanges transfrontaliers
  4. Conclusion


1. Introduction à la langue

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2. La langue dans le pays où elle est parlée

2.1. Données générales sur la Communauté linguistique

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2.2. Description géographique, démographique et linguistique

Exception faite de la sous-préfecture de Kilkis, on retrouve aujourd'hui des slavophones dans les régions où ils étaient implantés au début du siècle. La plus forte concentration de population se rencontre en Macédoine occidentale. Dans tout le département de Florina, où ils constituent la moitié au moins de la population, dans la sous-préfecture d'Almopie, d'Edessa et secondairement de Yannitsa (département de Pella), dans certaines régions du département de Kastoria, une fraction importante de la population connaît et utilise la langue [slavo-]macédonienne, tout en ayant conscience de ses spécificités culturelles.

La répartition du [slavo-]macédonien/bulgare par départements, indépendamment du déclin de la langue et du fait que les villages soient homogènes ou mixtes, se présente comme suit:

Le [slavo-]macédonien et le bulgare constituent le sous-groupe oriental des langues slaves méridionales. Le macédonien n'a acquis une forme littéraire standard qu'en 1944 sur la base des variétés dialectales de Prilep et de Veles. Il est évident que, dans l'aire géographique plus large de ces deux langues, et notamment en Macédoine grecque, sont parlés une série de variétés dialectales et de groupes plus ou moins proches des deux langues officielles, comme cela se produit du reste dans des cas analogues de langues relevant du même groupe. La langue macédonienne officielle, telle qu'elle s'est constituée, est relativement éloignée du bulgare au point qu'on peut parler d'une langue autonome qui ne saurait être "confondue" avec un dialecte bulgare. Néanmoins, les premières formes écrites de variations macédoniennes de la langue sont les textes de l'ancienne langue ecclésiastique slavonne (celle qu'écrivirent Cyrille et Méthode). Les sous-groupes dialectaux parlés en Macédoine grecque sont au nombre de trois: celui de Serrès-Drama, celui du bas Vardar (Axios) et celui de Kastoria-Florina. Chacun d'entre eux comprend nombre de variations. La compréhension mutuelle ne pose pas de problèmes particuliers. Les locuteurs appellent leur langue le makedonski en Macédoine occidentale et centrale. En Macédoine orientale, et dans certaines régions de Macédoine occidentale, la plupart, bien qu'ils aient connaissance de ce dernier terme, ont plut t t recours à l'appellation de bu(l)garski.

Les idiomes qui sont parlés aujourd'hui en Grèce comportent des emprunts au grec, surtout au niveau du lexique.

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2.3. Histoire générale de la région et de la langue

En présentant le plus brièvement possible un certain nombre de données concernant la région de Macédoine, nous nous efforcerons de faire apparaître l'évolution de l'usage de la langue [slavo-]macédonienne/bulgare en Grèce.

Dès le VIe siècle ap. J.-C., on décèle la trace de Slaves (et de langues slaves) dans le territoire de la Grèce actuelle. A l'époque byzantine et dans les débuts de la période ottomane, interviennent une série de restructurations du point de vue des populations ainsi que de colonisations.

Ce qui fait que dans la Macédoine du siècle dernier, on rencontre toutes les combinaisons possibles de langue et de religion. D'un point de vue religieux, l'élément chrétien et l'élément musulman constituaient pratiquement la moitié de la population chacun. La majeure partie de l'élément musulman identifiait plus ou moins ses destinées à l'Etat ottoman. L'élément chrétien était, dans sa grande majorité, slavophone. La ligne Cvijic entre la grécophonie et la slavophonie est généralement admise comme indicative de la situation au début de notre siècle. Dans les villes, le grec l'emportait sur le slave qu'il finit par supplanter progressivement.

Quelque temps avant la dislocation de l'Empire ottoman, la Macédoine fut le terrain d'un antagonisme et d'une rivalité opposant l'Etat grec et l'Etat bulgare, puis, dans un second temps l'Etat serbo-yougoslave, ce dernier entrant dans le jeu après 1889. Le Patriarcat oecuménique de Constantinople sous l'obédience duquel étaient placées toutes les populations chrétiennes de Macédoine (Rum millet) était également impliqué dans le conflit. La langue de l'église et de son administration, ainsi que de l'enseignement était le grec. Il va sans dire que la langue officielle de l'Etat était le turc ottoman: après 1908, celui-ci devient obligatoire dans toutes les écoles. En 1870, suite à des pressions exercées par la Bulgarie, l'Exarcat est fondé: il donne la possibilité à la population slavophone de suivre la liturgie en slavon et d'acquérir son autonomie par rapport au patriarcat sur le plan ecclésiastique. Seule une fraction de la population commence, après 1850, à s'assimiler à une identité nationale: il s'agit des populations urbaines. Or, dans leur grande majorité, celles-ci se rallient à l'identité grecque. Dans les années 1860, la Bulgarie intervient activement en Macédoine et les premières écoles bulgares ouvrent leurs portes.

Pour ce qui est de la période 1878 -1912, en ce qui concerne les régions slavophones de la Macédoine grecque, il semble que l'estimation qui avait été faite de la situation ecclésiastique et éducative et dont il ressortait que les deux parties étaient équitablement représentées reflète assez bien la réalité. Il ne faudrait pas en conclure pour autant à la constitution d'une conscience nationale dans la population rurale, étant donné que les motifs qui poussaient celle-ci à rallier l'une ou l'autre partie étaient soit liés aux circonstances soit personnels, soit encore le résultat de la violence exercée par les bandes de rebelles grecs et bulgares opérant sur le territoire ottoman. En fait, c'est seulement après 1900 que se fait jour au sein de quelques élites et, secondairement, dans la population une tendance à la création d'une identité nationale macédonienne autonome. Après l'insurrection manquée d'Ili-den en 1903, sous la houlette de l'ORIM (Organisation révolutionnaire intérieure macédonienne- en macédonien et en bulgare, VMRO) qui proclame la fraternité de tous les chrétiens contre l'Etat ottoman, mais également après 1908 (indépendance de la Bulgarie), on voit s'accroître l'impact de la tendance bulgare, mais également de la tendance à l'autonomie, au point que celles-ci finissent par l'emporter sur la tendance grecque, y compris dans les régions de l'actuelle Macédoine grecque. La population qui s'entretuait pour imposer la prépondérance des différentes tendances accueille avec soulagement le mouvement des Jeunes Turcs en 1908.

L'ORIM qui fut constituée en 1893 adopte comme slogan: "la Macédoine aux Macédoniens". Bien entendu, la Bulgarie avait soulevé la question de l'indépendance de la Macédoine dès 1878. Dans les élites, deux tendances apparaissent: l'une qui se prononce en faveur de l'autonomie et de l'identité nationale autonome et intègre également des revendications sociales, et la seconde, la tendance bulgarophile, qui est incarnée par ceux que l'on appelle les "Vrhovistes" ou suprémistes (de vrhoven = suprême), rangés sous la bannière du "Comité suprême macédonien", fondé en 1895. Mais en tout état de cause, il est fort douteux que l'autodétermination des habitants en tant que Macédoniens, au début de notre siècle, fasse référence à une catégorie nationale.

Il convient toutefois de signaler que, dès 1850, se font jour des tendances à l'autonomisation par rapport à la langue officielle bulgare, du reste fondée sur des dialectes plus septentrionaux, tendances qui se traduisent par une première tentative pour traduire l'Evangile dans la variété dialectale de Gouménissa-Yannitsa.

Dans la concurrence qui s'exerce pour l'enseignement, les populations patriarchistes (soumises à l'obédience du patriarcat) recevant un enseignement en grec et les populations exarchistes un enseignement en bulgare, les ambitions grecques commencent à s'exprimer: elles bénéficient, en plus des avantages que nous avons déjà évoqués, du prestige social dont jouit l'éducation grecque, et du fait que c'est la langue grecque qui domine les transactions économiques. Ainsi, une grande partie des bourgeois et des petits-bourgeois se tournent vers l'éducation grecque, par opposition à la population rurale dont la préférence va à une langue qu'elle comprend relativement bien ainsi qu'à un système éducatif plus pratique. Mais certains rapports datant de l'époque ainsi que l'attitude de la population prouvent à quel point il serait abusif de conclure que l'adhésion de la population rurale à l'un ou à l'autre des systèmes éducatifs constitue un indice d'identité nationale.

Avec le rattachement de la Macédoine à la Grèce, a lieu le premier exode massif de population slavophone (1912-1913). Une seconde vague, nettement plus importante, interviendra, après le Traité de Neuilly (1919). La commission mixte de l'échange évalue à 100.000 au total les slavophones qui quittent la Grèce pour la Bulgarie, entre 1912 et 1932.

Durant toute cette période, les pressions de l'Etat grec s'intensifient pour inciter les populations slavophones à abandonner leur langue et inculquer à celles-ci par tous les moyens une conscience nationale. Il n'est pas impossible que les exils et les déplacements forcés après 1924 aient un rapport avec la recrudescence, dans les années 1920-24, du mouvement en faveur de l'indépendance, à l'instigation de la Bulgarie essentiellement, et cela en dépit des violents antagonismes qui opposaient "Centralistes" et "Vhrovistes".

Des rapports des services grecs attestent le caractère encore mouvant de la conscience nationale dans la population. En 1924, est signé entre la Grèce et la Bulgarie un protocole qui donne la possibilité à ceux qui le désirent de s'autodéterminer comme Bulgares; il ne fut jamais appliqué. A la même époque, interviennent des échanges de populations entre la Grèce et la Turquie. Toutes les populations musulmanes quittent la Macédoine et l'on voit affluer des réfugiés chrétiens venus de Turquie, dont la plupart ont depuis longtemps une conscience nationale grecque solidement forgée.

L'oppression contre la minorité des slavophones s'exacerbe avec la dictature de Métaxas (1936). Entre autres mesures (exils, etc.), est institué le flagrant délit pour quiconque parle sa langue en public, assorti d'une sanction (amende, incarcération, etc). Bien évidemment, son usage est également interdit dans les maisons. Durant l'occupation, et notamment dans ses premières années, une fraction non négligeable de la population se prononce en faveur des Bulgares. Mais c'est surtout après 1944, et avec le début de la guerre civile en Grèce, qu'une partie importante de la population rallie le Parti communiste de Grèce (KKE) qui a depuis longtemps déjà pris position pour l'indépendance et l'unité de la Macédoine et de la Thrace, ou plus tard pour l'autodétermination, ou finalement pour les pleins droits des "Slavo-Macédoniens".

Déjà avant, on avait vu se constituer le SNOF (Front National Armé de Libération Slavo-Macédonien), qui au milieu de l'année 1945, est rebaptisé NOF (Front National de Libération).

Plus d'un tiers des forces des rebelles pro-communistes sont des slavophones et les zones peuplées de slavophones constituent le théâtre par excellence des affrontements de la guerre civile, jusqu'à ce qu'il lui soit mis un terme en 1949-50. Une vague de réfugiés slavophones fuit avec le NOF vers la Yougoslavie, après la retraite des rebelles et une seconde vague, avec les autres réfugiés politiques de la formation de gauche battue.

A compter de cette date, les régions de Macédoine occidentale furent soumises à un marasme économique, qui visait à inciter la population à émigrer ou à aller s'installer ailleurs. De fait, on assiste à une émigration massive vers l'Australie, le Canada et les Etats-Unis. Il est caractéristique à cet égard que rien qu'à Toronto on trouve aujourd'hui 285 familles originaires du village d'Alona (département de Florina) et 700 familles environ, originaires de Skopos (département de Florina) vivent dans l'ex-République yougoslave de Macédoine.

Les pressions exercées contre l'usage de la langue se poursuivent et s'accompagnent d'une exclusion plus générale qui confine à la discrimination. A cet égard, les serments prêtés publiquement, en 1959, par des villages entiers de ne plus jamais reparler leur langue sont révélateurs. Les mesures, du moins en ce qui concerne la langue, s'intensifient sous la dictature pour s'assouplir à nouveau après 1974.

En 1981, avec l'avènement au pouvoir du PASOK, les interdictions se font moins rigoureuses et les slavophones cessent d'être exclus de certains postes de la fonction publique. Toutefois, il est interdit aux réfugiés politiques slavophones, et à eux seuls, de rentrer en Grèce, voire de rendre visite à leur famille. Dans un tel contexte, et principalement à l'instigation des socialistes et des communistes, on assiste à l'émergence d'un mouvement favorable au maintien de l'identité qui concerne surtout la Macédoine occidentale. En 1990, des chansons en macédonien sont interdites dans les fêtes populaires; en 1991, le MAKIVE (Mouvement macédonien de prospérité balkanique) fait son apparition publique. Déjà depuis 1990, deux citoyens grecs slavophones ont publiquement affirmé à la CSCE qu'ils se sentaient Macédoniens. A la même époque, le choix d'un nom pour la future République de FYROM et le refus de la Grèce d'accepter l'appellation de Macédoine sont prétexte à cultiver des sentiments fortement nationalistes dans tout le pays. Le fait qu'en 1991, les services secrets accusent deux députés slavophones du PASOK d'action "anti-nationale" est révélateur du climat qui régnait alors. Depuis 1989, l'un d'eux fait allusion, au niveau local, au retour des réfugiés politiques et au "droit de préserver la culture de la région".

Une tentative pour fonder un "Foyer de la culture macédonienne" se heurte au refus des tribunaux grecs. Des condamnations visant des individus qui se déclarent eux-mêmes Macédoniens ou qui revendiquent l'existence de sujets macédoniens en Grèce (et dans la République de FYROM) marquent le climat de l'époque. Le KKE, qui avait pourtant officiellement rejeté dès 1988 l'existence d'une minorité macédonienne ou slavo-macédonienne, fait l'objet de violentes attaques en 1992, lorsqu'il fait allusion à des slavophones en Grèce. En 1993, Arc-en-Ciel, le parti du MAKIVE, fait son apparition et remporte environ 4000 suffrages dans les départements de Florina et de Pella. Au nombre de ses revendications, figure l'enseignement de la langue macédonienne en Grèce. Ces deux dernières années, la situation a sensiblement évolué dans un sens positif et l'Etat admet officiellement l'existence d'un "certain nombre de bilingues". Le saccage des bureaux d'Arc- -en-Ciel à Florina en 1995, commis avec l'assentiment des autorités municipales, sous prétexte que le parti arborait une enseigne en macédonien, est indicatif de l'impact des mécanismes autonomes locaux.

L'implantation de réfugiés venus d'ex-Union soviétique dans des zones deshéritées, comme celle de Florina, a suscité de vives réactions au sein de la population slavophone: elle est perçue comme visant à briser la cohésion des populations compactes.

En 1996, on observe une amélioration manifeste de l'attitude de l'administration à l'égard de la langue et, d'une façon générale, de son approche de certains problèmes des slavophones, essentiellement en Macédoine occidentale. Une amélioration qui, si elle peut s'expliquer en partie par la normalisation des relations entre la Grèce et la République de FYROM, est surtout imputable à l'évolution de la politique gouvernementale, face aux problèmes en question. Des chansons en macédonien, faisant qui plus est référence à une identité macédonienne, sont librement entendues à l'occasion de fêtes populaires. Le préfet de Florina -slavophone lui-même- se déclare favorable au maintien de la langue et de l'identité culturelle de la région. Un point de vue auquel se rangent le député PASOK de Florina, ainsi que des cadres locaux du même parti. Ces derniers vont jusqu'à déclarer qu'un retour des réfugiés politiques est partiellement envisageable. Mais ils sont opposés à tout enseignement de la langue, quel qu'il soit.

En corrélation avec cet état de choses, il faut signaler le succès du PASOK dans le département de Florina aux élections législatives de 1996, ainsi que la diminution notable des suffrages d'Arc-en-Ciel dans les départements de Florina et de Pella -encore que bien d'autres facteurs annexes doivent en l'occurrence être pris en compte.

Nous pouvons intégrer au groupe ci-dessus les populations slavophones sous l'obédience du patriarcat, comme par exemple celles de Petritsi et de la région avoisinante qui, dans leur grande majorité, et surtout après 1919, sont arrivées de Bulgarie.

Les réfugiés bulgarophones venus de l'actuelle Thrace bulgare constituent toutefois un groupe distinct. Numériquement limités, ils s'étaient déjà assimiliés à l'identité grecque avant d'émigrer; aujourd'hui, seuls les sujets compris dans la tranche d'âge des 50-60 ans et plus parlent le bulgare. Ils sont installés essentiellement en Thrace mais aussi en Macédoine, comme par exemple à Mitroussi (département de Serrès).

On dénombre encore d'autres populations slavophones résiduelles qui n'ont pas quitté la Thrace. Parfaitement intégrées à la culture grecque, elles se rencontrent dans deux ou trois villages du département de l'Evros; seuls les sujets les plus âgés parlent désormais le bulgare.

Enfin, il convient de mentionner les Trakatroukidès, réfugiés d'Asie mineure. Ils parlent un idiome de la région de Mégléna et il semblerait que pratiquement tous les sujets âgés de plus de 35-40 ans connaissent la langue. Ils sont installés dans deux villages du département du Rhodope et à Komotini, dans un village du département de Xanthi, 1 village du département de Thessalonique, un village du département de Drama, un village près de Yannitsa et dans 5 villages du département de Kilkis, ainsi que dans la ville de Kilkis même.

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2.4. Statut juridique et politique officielle

Le fait que la langue soit incluse dans les trois recensements nationaux (jusqu'en 1951) avec chaque fois des appellations différentes (macédono-slave, etc.) constitue une reconnaissance informelle de facto, même si légalement elle n'était pas reconnue.

Jusqu'en 1951, les statistiques officielles se référaient à des locuteurs de langue "slave", même si les chiffres étaient largement minimisés.

L'une des conséquences de la non-reconnaissance de la langue macédonienne est que les slavophones grecs se voient interdire dans la pratique l'accès aux universités de Skopje, du fait que les diplômes acquis dans ces universités ne sont reconnus à aucun étudiant en Grèce.

Toutefois, depuis 1994, les personnes en place au ministère des Affaires étrangères, dont relèvent en Grèce toutes les questions concernant les minorités ou les langues périphériques, ont réussi à imposer un état d'esprit quelque peu différent. Néanmoins, ce ne sont pas quelques déclarations du ministre qui sont à même de modifier la situation ni, à plus forte raison, de convaincre d'autres services ou les autorités locales.

Ainsi, récemment le passage aux frontières de livres en provenance de la République de FYROM était interdit, sans que cette interdiction découle d'une orientation du pouvoir central.

La politique de l'Etat grec est liée à la crainte de voir se créer une identité culturelle, voire nationale, distincte chez certains slavophones, une éventualité qui est identifiée à la pratique de la langue. L'arrêt rendu par la Cour de cassation à propos du Foyer de culture macédonienne en 1994 n'a donc rien d'étonnant: aux termes de cet arrêt, il n'existe pas d'éléments de culture slave en Macédoine grecque.

N'oublions pas que le différend Grèce-FYROM infléchit de façon décisive la politique suivie.

Tout cela explique également l'embarras et l'absence de positions officielles, notamment lorsque des organisations européennes, gouvernementales ou non, se réfèrent à la population slavophone de Grèce.

Enfin, signalons que lorsque, dans de très rares cas, surviennent des problèmes dans les tribunaux avec des monolingues, ceux-ci sont résolus officieusement par l'un ou l'autre des assistants et ne donnent lieu à aucun règlement officiel.

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3. Présence et usage de la langue par domaine

3.1. Enseignement

C'est dans le cadre de l'école qu'ont été mis en oeuvre les moyens essentiels destinés à limiter l'usage de la langue: interdiction d'utiliser la langue, châtiments corporels pour les élèves qui ne s'y conformaient pas et autres mesures du même ordre ont constitué les armes de l'Etat grec dans cette offensive menée contre la langue. En 1925, la Grèce est obligée aux termes du Traité de Sèvres de faire imprimer un abécédaire -l'ABECEDAR- dans le dialecte de Florina-Monastir (Bitola) en caractères latins. Les réajustements internationaux, les mécanismes "autonomes" locaux et la réaction de la Serbie et de la Bulgarie font que celui-ci tombe en désuétude. Lors de la Conférence balkanique de 1929, la partie grecque songe de nouveau à introduire la langue "slavo-macédonienne" à l'école.

En 1944, dans les régions de Macédoine occidentale contrôlées par les rebelles de gauche, le SNOF édite un abécédaire établi d'après les variations dialectales parlées à Florina, Kastoria et Bitola, en alphabet cyrillique. Par la suite, la langue commence à être enseignée dans les départements de Florina et de Kastoria, et un effort est entrepris pour former des maîtres. Les réfugiés de gauche dans les pays de l'Est, éditent un abécédaire -sinon plusieurs- en 1950 à Bucarest, un autre en 1966 en Pologne, ainsi que des manuels scolaires et des rudiments de la langue sont enseignés.

Aujourd'hui, si l'on voit encore certains instituteurs dissuader les élèves d'utiliser leur langue, cette attitude ne s'inscrit pas dans le cadre d'une ligne officielle pas plus qu'elle n'est assortie de mesures disciplinaires. Ainsi, la situation a considérablement évolué depuis les migrations massives d'enfants slavophones à Athènes, pendant et après la guerre civile, et les châtiments sévères infligés par l'instituteur, y compris dans les cas où l'élève parlait sa langue en dehors de l'école: de nos jours, l'attitude de chaque enseignant est plutôt le reflet de ses propres options politiques.

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3.2. Autorités judiciaires

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3.3. Autorités et services publics

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3.4. Mass médias et technologies de l'information

Aucune émission de radio ou de télévision, ne serait-ce qu'au niveau local, n'a jamais été réalisée. L'"interdiction" qui frappe la langue tend à se relâcher, en termes de position officielle de l'Etat. Néanmoins, d'autres facteurs (essentiellement des mécanismes semi-officiels et locaux) rendraient son usage problématique au niveau local, en l'absence d'incitation officielle de la part de l'Etat grec. Un assez grand nombre de sujets résidant dans les zones frontalières avec la République de FYROM ont la possibilité de capter les chaînes diffusées à Skopje. Ils peuvent en outre capter diverses stations de radio émises soit par la République de FYROM, soit par la Bulgarie, en fonction de la région, et ce pratiquement dans tous les départements où la langue est parlée.

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3.5. Production et industries culturelles

Depuis 1981, du fait de l'assouplissement des mesures contre l'usage de la langue, on a commencé à entendre des chansons même en public, à l'occasion de diverses fêtes de villages. Depuis lors, les problèmes qui ont pu surgir doivent être attribués davantage à des survivances locales de conduites passées ou encore au climat qui s'est instauré en Grèce à propos de la dénomination de la République de FYROM, plutôt qu'à des orientations qui seraient dictées en haut lieu par le pouvoir central. Il est encore rare d'entendre dans des fêtes ou des mariages des chansons dans les divers dialectes locaux. Il y a encore trois ou quatre ans, la police intervenait pour mettre fin à la fête par la force lorsque tel était le cas.

Personne n'a encore osé diffuser de chanson et on ne trouve dans le commerce aucun disque ou cassette de chansons en macédonien/bulgare. Pourtant, il est relativement facile dans les régions slavophones de se procurer des cassettes ou même des vidéocassettes qui viennent essentiellement de la République de FYROM et de Bulgarie.

Exception faite de deux ouvrages consacrés au village d'Alona (département de Florina) et d'un troisième qui regroupe des indications ethnographiques concernant les régions de Florina et Kastoria, dans lequel figurent des textes et des chansons en macédonien, transcrits qui plus est en alphabet cyrillique, pratiquement rien n'a jamais été publié dans les dialectes locaux. En 1993, paraît à Aridéa la revue trimestrielle du MAKIVE, intitulée 3ORA (Aube), où figurent des chansons et rarement des textes en macédonien, transcrits tantôt dans l'alphabet grec, tantôt dans l'alphabet en usage dans la République de FYROM.

Mis à part le Foyer de la culture macédonienne, toute initiative liée au maintien d'éléments culturels -à moins que ceux-ci n'aient déjà été hellénisés- et de la langue rencontre l'hostilité des autorités locales aussi bien que des gouvernements. Des cas de ce genre ont été répertoriés même en Macédoine orientale, réputée "non dangereuse".

On observe une intense activité culturelle chez les migrants: manifestations et publications liées à la sauvegarde et au développement d'une identité spécifique qui, assez souvent, est nationale macédonienne.

Depuis 1912, l'Etat grec s'est efforcé d'éradiquer l'identité culturelle slave -différente- des populations. Une attitude en corrélation directe, bien entendu, avec la pratique de la langue. Parallèlement, il a fondé pas mal d'associations culturelles dans l'intention de "dé-slaviser" la culture locale et il s'est employé -et s'emploie encore- à gommer toute trace d'altérité culturelle. Ainsi, on ne voit plus aujourd'hui en Grèce dans aucune église de fresques qui comportent des inscriptions en cyrillique. Mais les efforts ont surtout porté sur l'hellénisation obligatoire des noms des slavophones ainsi que des toponymes des régions où vivaient ces derniers. A noter toutefois qu'à certaines époques, cette dernière mesure a été appliquée à l'ensemble de la Grèce.

Il convient de signaler que dans les années 1944-49, dans les zones contrôlées par les rebelles de gauche, notamment en Macédoine occidentale, des journaux avaient été publiés, des chansons composées et des pièces de théâtre avaient même été jouées en macédonien. Ce mouvement s'est perpétué dans les pays de l'Est où les rebelles de gauche s'étaient réfugiés avec leurs familles.

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3.6. Le monde des affaires

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3.7. Usage familial et social de la langue

Comme on l'aura déjà compris, la pratique de la langue était donc en fait interdite, ce qui continue d'avoir aujourd'hui des répercussions sur le comportement des locuteurs. Aujourd'hui encore, il est relativement inhabituel que cette langue soit parlée sans un sentiment de gêne en dehors de l'environnement du village et dans des lieux publics. Non seulement parce que le locuteur a "honte" de sa langue mais parce qu'il est mal perçu par ceux de ses congénères qui ne la parlent pas et plus encore par les autres communautés.

Il faut mentionner ici l'antagonisme qui oppose slavophones et réfugiés. A maintes reprises, l'administration a utilisé les réfugiés dans ses confrontations avec la population slavophone. Dans bien des cas, les réfugiés possédaient davantage de terrre et avaient un statut socio-économique supérieur. Cet état de choses, se conjuguant avec la politique de discriminations et de frictions avec l'administration, à laquelle les slavophones n'avaient pas accès, a été source de bien des antagonismes, qui ont toutefois tendance à s'estomper ces dernières années.

En général, la peur d'utiliser sa langue existe encore, principalement chez les locuteurs les plus âgés. Il s'y attachait en effet un "poids", une espèce d'infamie. Les discriminations et les humiliations subies à l'école et pendant le service militaire entrent également en ligne de compte parmi les facteurs qui ont conduit les locuteurs à cette attitude d'auto-dépréciation. Bon nombre de ceux qui ont migré vers les villes nient leur origine ou la dissimulent à leurs enfants. Se rattache à une telle attitude l'appellation "voilée" -et sentimentalement connotée- par laquelle ils désignent leur langue: nasi, littéralement "la nôtre", la "dopia". Ce dernier terme a été adopté par d'autres populations de Macédoine, de même que le terme de "dopios" que les locuteurs utilisent quand ils veulent désigner un slavophone.

La langue se maintient mieux en Macédoine occidentale; parmi les facteurs qui ont contribué à son maintien, nous devons citer le caractère compact de la population slavophone, l'histoire de ces régions et le retard économique qu'elles accusent. Ainsi, les zones dans lesquelles la langue demeure la plus vivante sont le département de Florina, la sous-préfecture d'Almopie et les villages frontaliers. Mais, à y bien regarder, chaque village slavophone constitue un cas particulier. Prenons par exemple le village de Mavropigi: alors qu'il est situé à la lisière méridionale des zones slavophones, dans la sous-préfecture d'Eordée (département de Kozani), où les réfugiés sont majoritaires, et qu'il est mixte lui-même, la plupart des slavophones de 20 ans parlent la langue.

Si nous voulions généraliser uniquement pour ces régions, nous pourrions donc dire que les sujets inclus dans la tranche d'âge des plus de 40 ans utilisent quotidiennement ou occasionnellement la langue, ce qui n'empêche que l'on rencontre des locuteurs compétents de pratiquement tous les âges. Les jeunes âgés de plus de 20 ans connaissent généralement la langue mais n'en font usage que dans le milieu familial. On observe en outre l'alternance bien connue entre les deux langues, en fonction du sujet de conversation et des interlocuteurs. Il semblerait même que dans toute la Macédoine les choix politiques soient liés à l'usage de la langue mais également au maintien d'une identité culturelle spécifique: les électeurs du PASOK et de la Gauche et les villages où ils sont majoritaires sont d'ordinaire plus favorables au maintien de la langue et de la culture.

Pour revenir à l'ensemble de la population, notons qu'un niveau social et économique plus élevé signifie abandon de la langue, même si l'on enregistre des disparités d'une famille à l'autre. Il en va de même en cas de migration dans les villes, surtout pour celles qui ne comptent pas une population slavophone compacte ou encore dans celles où la langue péricilite pour d'autres raisons, comme à Kastoria par exemple. Toutefois, il faut se garder de trop généraliser, puisque par exemple dans certains villages situés aux abords de Thessalonique, comme Xyloupoli ou Pendalofos, la langue demeure vivante.

En Macédoine orientale, il semble que la langue soit davantage en perte de vitesse. Parmi les facteurs susceptibles d'expliquer cet état de choses, on pourrait citer les grandes migrations intervenues au début du siècle, l'absence d'un nombre suffisant de villages homogènes, une politique d'exclusion moins rigide après-guerre, ainsi qu'un niveau économique supérieur dans les zones rurales (du moins dans le département de Serrès). Ainsi, les rares familles originaires du village de Dranovo (département de Serrès) qui sont restées en Grèce au début du siècle, sont allées s'établir dans le village grécophone d'Agio Pnevma, où aujourd'hui la langue s'est purement et simplement éteinte.

A première vue, nous pourrions donc en conclure que, dans les régions comptabilisant un grand nombre de réfugiés ou industrialisées, les usagers quotidiens de la langue sont les individus compris dans la tranche d'âge des plus de 50-60 ans.

Un autre facteur, qui concerne l'ensemble de la Macédoine et qui est en relation avec le maintien de la langue, est le degré de fermeture et de conservatisme d'un village donné. Citons à titre d'exemple Ano et Kato Orini dans le département de Serrès où le bulgare demeure la langue du milieu familial, y compris chez ceux qui ont émigré à Serrès, voire à Athènes. Enfin, le tourisme (contrairement à ce qui se passe par exemple avec le valaque à Metsovo) réactive le caractère anti-national de la langue et de sa pratique. Deux exemples sont révélateurs à cet égard: Psaradès, dans le département de Florina et Volakas, dans le département de Drama. Notons cependant que le processus inverse a également été enregistré.

C'est surtout au cours des 30 dernières années que la langue accuse un recul important, même si le processus s'était amorcé dès le début du siècle, comme en témoignent les quelque 5 villages de la sous-préfecture de Bisaltie (département de Serrès). Pourtant, aujourd'hui encore, on rencontre certains sujets âgés qui sont monolingues et bon nombre d'autres qui n'ont de la langue grecque qu'une connaissance limitée.

Il est manifeste que la langue demeure un facteur de "reconnaissance" par la communauté et d'expression de solidarité, comme c'est le cas des autres langues périphériques en Grèce. Chez les Slavophones, comme dans les autres communautés linguistiques minoritaires, on apprend la langue dans le milieu familial bien sàr mais également dans le milieu scolaire ou dans l'environnement du village. Ainsi, les jeunes de 15 à 20 ans qui se contentent de comprendre la langue commencent aussi à la parler au bout de quelques années.

Nous pouvons retenir comme indice du déclin de la langue -encore qu'il ne soit pas toujours sàr- la fréquence avec laquelle elle est parlée en public et en présence d'étrangers dans le village.

Ici, il convient de nous attarder un moment sur la période 1944-1949, en ce qui concerne l'usage de la langue. Dans les régions qui étaient placées sous le contr t le des rebelles de l'Armée démocratique de Grèce et du gouvernement de gauche, non seulement la langue n'était pas frappée d'interdiction, mais elle fit l'objet de mesures visant à la valoriser.

En 1994, il a été fait publiquement usage de la langue à l'occasion d'une réunion électorale du parti Arc-en-Ciel, dans le village de Polypotamos (département de Florina).

En 1982, il existe encore un rapport publié par les Services secrets qui se réfère aux mesures à prendre pour limiter l'usage de la langue. Du reste, jusque dans les années 80 encore, des mesures sont prises ou proposées pour nommer en Macédoine occidentale des fonctionnaires qui ne connaissent pas la langue, muter des fonctionnaires slavophones dans d'autres régions et autres mesures analogues. Une tactique qui avait fait ses preuves pendant des décennies.

Il existe encore aujourd'hui des cas isolés où l'usage de la langue en public, s'il est mis en corrélation avec le maintien d'une identité macédonienne, est susceptible d'avoir des conséquences fâcheuses pour le locuteur.

La langue se maintient chez les émigrés et leurs enfants qui, pour beaucoup, ne possèdent pas une bonne connaissance du grec. Chez bon nombre d'entre eux, perdure aussi une identité spécifique macédonophile, et plus rarement bulgarophile.

L'Etat grec a essayé épisodiquement, par le biais de personnalités plus ou moins "scientifiques", d'imposer l'image d'une langue "indigente" et "non-civilisée". Des théories inventées de toutes pièces entendent démontrer que la langue serait un mélange de grec et de slave, ou encore qu'elle serait dérivée du grec ancien. La relative difficulté de compréhension de la langue officielle de Skopje et de celle de Sofia, telle qu'elle est utilisée dans la presse et à la télévision, a contribué à ce sentiment, encore alimenté par la thèse selon laquelle la langue parlée dans la République de FYROM est différente.

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3.8. Echanges transfrontaliers

L'administation grecque s'est opposée aux échanges culturels avec la République de FYROM et reste circonspecte en ce qui concerne les échanges avec la Bulgarie.Toutefois, grâce aux familles qui vivent dans la République de FYROM et aux migrants, la communication avec ces pays n'a jamais été interrompue.

L'année dernière, suite à l'amélioration des relations entre la Grèce et la République de FYROM, plusieurs opportunités d'échanges culturels se sont présentées. On a déjà pu en observer quelques échantillons: ainsi, dans un festival subventionné par l'Etat, organisé dans la région de Prespa, un groupe de rock de la République de FYROM a donné un concert. Autre événement à noter comme plus marquant encore, la prestation d'une chanteuse traditionnelle très en vogue de la République de FYROM, et originaire de Grèce de surcroît, dans deux fêtes populaires de la région de Florina.

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4. Conclusion

Une partie importante des locuteurs les plus âgés se préoccupe de la sauvegarde de la langue. Une aspiration qui se retrouve aussi dans la tranche d'âge des 35-40 ans. Bon nombre d'entre eux ont parfaitement intégré le point de vue "officiel" et, partant, sont convaincus que la langue ne s'écrit pas, qu'elle est inférieure et autres épithètes dépréciatives du même ordre. Le nombre des locuteurs sachant lire ou écrire la langue macédonienne ou bulgare officielle est très restreint.

Les communautés présentent encore une tendance à conserver leurs particularités culturelles, ce qui se traduit notamment par un degré élevé d'endogamie.

Les évolutions politiques de ces dernières années ont été à double tranchant, eu égard au maintien de la langue. Si le MAKIVE a la faveur d'un public plus vaste que les électeurs d'Arc-en-Ciel, il a cependant fort peu de chances de faire un nombre suffisant d'émules à l'avenir, puisqu'il tend désormais à exprimer une identité nationale macédonienne.

La reparution du journal, "Ta Mogléna" et la réapparition d'un groupe d'activistes qui accuse le MAKIVE d'être bulgarophile ne rencontrent aucun écho dans la population.

Pour conclure, nous pouvons donc dire qu'une fraction importante de la population est favorable au maintien de la langue. Toutefois, dans le contexte actuel, les initiatives prônant son enseignement par des instances non étatiques ou sans l'aval de celles-ci auraient bien peu de chances de déboucher et risqueraient d'être génératrices de troubles dans les communautés de slavophones.

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