Une littérature des possibles.

Littérature expérimentale et hypertexte

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 Discontinuité

La structure discontinue du monde extérieur, repose sur le fait que le système d'idées n'a qu'un pouvoir régulateur par rapport à la réalité: faille entre l'intérieur et l'extérieur, différence essentielle entre le moi et le monde. D'après Georges Lukacs (Théorie du roman)


Ecrire

"Etre contraint d'aligner mes pensées est pour moi une torture. Mais faut-il essayer de le faire ? Je prodigue des efforts indicibles pour mettre en ordre mes pensées - un ordre qui peut-être ne vaut rien. Chaque phrase que j'écris vise déjà le tout, donc toujours à nouveau la même chose, et toutes ne sont, pour ainsi dire, que des aspects d'un objet considéré sous des angles différents. Le premier mouvement enfile les pensées comme des perles, le second tend à nouveau au même lieu." Ludwig Wittgenstein

J'écris, je tape avec mes doigts sur des lettres qui se transforment en mots sur l'écran de ma page. Je "suscite des blancs, des espaces (sauts dans le sens : discontinuités, passages, transitions)" J'utilise le retour du charriot pour aller à la ligne. L'espace commence ainsi, avec seulement des mots attrapés dans l'inexprimable.


Fragments/fragmentaire

"De Nietzsche à Wittgenstein ou Roland Barthes, elle [la littérature du discontinu] est le signe d'une écriture qui cherche à restituer le surgissement de la pensée, s'oppose au traité, c'est à dire à l'esprit de système, au remplissage, aux temps morts des transitions. En forme de montage discontinu, elle trouve sa cohésion non dans la linéarité d'un développement mais dans le réseau souterrain (et musical) des échos à distance entre des thèmes sans fin et variés. C'est cette structure déconstruite que l'hypertexte invite le lecteur à organis er au fil de ses vagabondages."Jean Clément http://hypermedia.univ-paris8.fr/jean/articles/discursivite.htm

Frontières

Les frontières entre art, vidéo, textes sont abolies par l'hyperlittérature. Classes et catégories ne peuvent plus être utilisées. L'hypertexte est polysémique et hybride. Naissance d'une parole qui s'intalle à mi-chemin de l'imaginaire et du vécu, qui organise autour d'elle tout un réseau d'images et de sons entre lesquels se tissent des liens.

 

No man's land

Déplacée et fragmentée l'oeuvre hypertexte est hors lieu. Elle invente des espaces, des parcours spécifiques, en s'ouvrant dans toutes les directions. L'hypertexte pose des jalons, trace, laisse des traces de passages, signale de nouveaux passages. Il donne corps au réseau et peut se déployer largement en dehors d'un espace formel.

 

Sampling

Les mots peuvent être agencés, modelés. Le sampling hypertextuel consiste à prendre de la matière littéraire et à la remodeler afin d'en extraire sa substance. Le sampling est un acte collectif où l'auteur évite de se mettre en valeur.



Texte

"Sur la scène du texte, pas de rampe : il n'y a pas derrière le texte quelqu'un d'actif (l'écrivain) et devant lui quelqu'un de passif (le lecteur); il n'y a pas un sujet et un objet.[...] Le texte est un objet fétiche et ce fétiche me désire. Le texte me choisit, par toute une disposition d'écrans invisibles, de chicanes sélectives." Barthes, le plaisir du texte, Seuil, 1973

 

Vision

L'oeuvre est une matrice logique que je peux voir à un moment de son extension. La vision que j'ai d'elle est partielle. Elle peut être coupée, enregistrée, imprimée. La question de sa reproduction ne se pose pas. L'hypertexte peut ainsi se réaliser sous différentes formes. Il est multiple et visible à tout moment.

 

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Bibliographie

Roland Barthes, S/Z

Gilles Deleuze, Felix Guattari, Mille Plateaux

Gérard Genette, Figures III