Le Corse en France
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Institut de Sociolingüística Catalana
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Le Corse en France
  1. Introduction à la langue
  2. La langue dans le pays où elle est parlée
    1. Données générales sur la communauté linguistique
    2. Description géographique, démographique et linguistique
    3. Histoire générale de la région et de la langue
    4. Statut juridique et politique officielle
  3. Présence et usage de la langue par domaines
    1. Enseignement
    2. Autorités judiciaires
    3. Autorités et services publics
    4. Masse média et technologies de l'information
    5. Production et industries culturelles
    6. Le monde des affaires
    7. Usage familial et social de la langue
    8. Echanges transfrontaliers
  4. Conclusion


1. Introduction à la langue

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2. La langue dans le pays où elle est parlée

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2.1. Données générales sur la Communauté linguistique

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2.2. Description géographique, démographique et linguistique

La langue corse est une langue romane, proche aux dialectes italiens du centre, parlée dans l'île française de la Corse, au nord de la Meditérannée, face à la Côte d'Azur.

En 1990, la population totale de la Corse était de 253.992 personnes. La population née en Corse a eu traditionnellement une très forte tendance à l'émigration, principalement vers la métropole, surtout après les deux guerres mondiales. Les offres d'emploi stable y sont peu nombreuses étant donné la délicate situation économique de l'île.

Parallèllement à ceci, on assiste depuis la fin de la 2me Guerre Mondiale à un mouvement d'immigration très important vers la Corse de personnes provenant de la France continentale, attirées par le développement des industries touristiques et du secteur tertiaire. L'arrivée de forts contingents de travailleurs procédant de la France continentale et la migration en masse de la population autochtone vers le littoral ont changé de manière très importante la situation (socio)linguistique de l'île, étant donné qu'environ 50% de la population actuelle de l'île est née hors de la Corse: rupture de la transmission intergénérationnelle du corse, dislocation du réservoir linguistique corsophone, etc.

La moitié de la population vit dans les petites villes entre 10.000 et 50.000 habitants, tandis que l'autre moitié vit dans les régions rurales ou semi-rurales.

La structure économique de la Corse, où le secteur tertiaire est prépondérant, présente de fortes caractéristiques de région fragile sur le plan économique. L'Ile-de-Beauté est la région la plus pauvre de France. De plus, le statut socio-économique moyen des corsophones semble être légèrement plus bas que celui des autres habitants de l'île.

D'après différentes estimations, près de 10% de la population totale de la Corse (soit 25.000 personnes) possèdent le corse comme première langue. Il semble cependant que près de la moitié de la population (125.000) posséderait quelque maîtrise du corse, ce qui indiquerait une forte baisse au cours de ces dernières années puisqu'une enquête de RINSEE réalisée en 1980 affirmait que 75% des hommes et 65% des femmes avaient une certaine maîtrise du corse. Il est donc clair que la tendance générale des trente dernières années a été de changement progressif vers le français.

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2.3. Histoire générale de la région et de la langue

Le latin entra en Corse suite à la conquête romaine (259 a.C.), qui entraîna une romanisation sociale, économique et linguistique très profonde dès le premier siècle avant J.C. Après la chute de l'empire romain, la fragmentation linguistique des anciennes colonies romaines donna naissance à la lingua corsa. Il se produisit par la suite une scission interne entre trois grands groupes dialectaux: les dialectes du nord, ceux du sud et le parler particulier de Bonifacio. Par ailleurs,il est important de remarquer la toscanisation des différents parlers corses à partir de la situation diglossique qui s'établit dans l'île dès le Moyen-Age: le toscan occupait la place dominante et le corse la position subordonnée. Cette situation subit une véritable bouleversement après l'intégration de la Corse à la France (1789). Les élites culturelles corses réagirent au processus de francisation et tentèrent de résoudre le conflit en élevant les différents dialectes locaux corses au statut de langue. Mais la nouvelle corrélation de forces continua à établir une situation diglossique, basée cette fois sur les rapports corse/français. Si l'intégration à la France signifia la substitution de l'italien comme langue officielle par le français, l'italien n'en demeura pas moins la langue de culture pour les élites de la Corse pendant encore de nombreuses décennies. Les élites sociales et culturelles corses continuèrent à fréquenter les universités italiennes, particulièrement celles de Pise, Rome et Padoue.

Avec l'extension de la scolarisation sous la IIIème République, la connaissance et l'usage du français s'étendirent de plus en plus dans le réseau social corse, dès lors que ce phénomène touchait aussi les campagnes, pratiquement isolées jusqu'alors des influences extérieures. Néanmoins, les différents dialectes corses continuaient à marquer les rapports sociaux quotidiens entre les gens du peuple.

Au XIXe siècle, il se produisit un choc entre les nouvelles activités et conceptions économiques, et l'écroulement de l'agriculture locale traditionnelle. La rupture de l'équilibre économique, culturel et social de la Corse eut, bien sûr, des effets sur la langue, et également sur la vie politique de l'île, et fut à l'origine des mouvements nationalistes qui se développèrent en Corse à partir du XXe siècle. Déjà dès la fin du XIXe fut fondé le premier journal écrit en langue corse, A Tramuntana, tandis qu'à l'aube de la Ire Guerre Mondiale la revue A Cispra marqua le début du "corsisme" sur le plan culturel et des revendications autonomistes sur le plan politique.

Autour du journal A Muvra (fondé en 1920) se constitue le premier noyau d'autonomistes qui fondent en 1923 le Partitu Corsu d'Azione, sous l'influence du Partito Sardod'Azione, tout récemment créé en Sardaigne. Le parti regroupait l'élite culturelle du pays, et voulait que la Corse soit dotée d'une autonomie administrative pareille à l'Alsace-Lorraine. Néanmoins, l'aspect le plus important de ce groupe sera sa contribution au renouveau culturel du pays à travers l'édition de nombreuses revues et publications, des traductions vers le corse et de nombreuses pièces de théâtre et concours de poésie populaire -les Mirendelle- dans les villages.

Les années trente se caractérisent par l'éclatement de l'autonomisme corse suite à la scission des corsistes radicaux anti-français qui voient en l'accès de Mussolini au pouvoir en Italie la possibilité de rattacher la Corse à l'Italie, ce que presque personne ne veut. Cette situation ne fait qu'accroître les seniments de patriotisme français à l'aube de la II Guerre Mondiale.

En ce qui concerne la situation actuelle du corse, l'absence d'une seule et unique norme linguistique de référence pour la langue corse a soulevé de nombreux débats entre les différents mouvements et associations de promotion du corse (Voir notamment la définition de langue polynomique qu'en fait Marcellesi dans la mesure où seule la volonté des locuteurs de la considérer comme langue indépendante permet de lui attribuer le statut de langue). L'absence de cette norme servit d'argument pour ne pas appliquer à la Corse la Loi Deixonne. Le corse était considéré comme un dialecte allogène relevant de l'italien. Ceci a entràmé une prise de conscience progressive du besoin d!une norme unique du corse comme une des conditions principales en vue de sa reconnaissance officielle et de sa valorisation sociale afin de mieux combattre l'insécurité linguistique que provoquent les effets de la diglossie et le caractère polynomique de la langue.

Un renouveau social et culturel du corse s'est opéré depuis une vingtaine d'années, étant donné que certains mouvements nationalistes agissant dans le monde politique régional se sont emparés de la revendication linguistique. Ainsi, sous la pression de ces différents mouvements politiques et culturels, la Loi Deixonne fut étendue au corse en 1974. Du fait de cette pression, la situation du corse dans la société s'est vue quelque peu renforcée au moyen d'actions dans la presse (popularisation de certains aspects de la langue et de la culture corses), de campagnes d'incitation jeux radiophoniques, concours divers, joutes villageoises), etc.

Finalement, la première assemblée régionale de la Corse vota en 1983 pour l'enseignement obligatoire du corse dans le système éducatif. Initiallement, le gouvernement français refusa cette proposition, mais après la mobilisation des mouvements culturels et des formations nationalistes le gouvernement national français s'est engagé à satisfaire les demandes d'enseignement du corse.

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2.4. Statut juridique et politique officielle

Le corse n'a pas de statut juridique officiel dans le cadre légal de la France, bien qu'il jouisse d'une certaine reconnaissance officielle sur le plan régional suite à un décret du gouvernement français (1974) sur l'enseignement de la langue corse dans les écoles (application de la Loi Deixonne à la Corse). De plus, la circulaire Savary (1982) redéfinit les conditions de renseignement du corse, surtout dans l'école primaire. Dans ce sens, la politique du gouvernement français propose l'usage facultatif du corse dans le système éducatif, et le gouvernement régional de la Corse soutient le corse au moyen d'aides institutionnelles à la publication d'ouvrages pédagogiques, à l'édition de livres corses en général et à la formation de professeurs de langue corse.

Il faut souligner le lancement du concept de coofficialité corse/français par le Conseil de la Culture (1989), bien qu'en général la population considère que la politique de promotion de la langue corse entreprise par les autorités régionales est trop limitée, malgré les déclarations de bonnes intentions.

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3. Présence et usage du corse par domaine

3.1. Enseignement

Pour ce qui est de l'usage du corse dans l'enseignement maternel, seulement certaines écoles ont inclu dans leurs programmes la langue comme matière facultative, ce qui entraîme que seulement un petit nombre d'élèves reçoivent les leçons en corse.

La situation est en général la même dans les écoles primaires, bien que les écoles disposent de quelques manuels pédagogiques en corse pour les cours de langue, d'histoire et de géographie. Les maîtres ont la possibilité de donner trois heures de cours de corse par semaine s'ils se portent volontaires et à la condition qu'un nombre suffisant de parents en fasse la demande. Ceci n'empêche, néanmoins, que le corse perde de plus en plus d'influence dans l'éducation primaire et qu'en règle générale l'enseignement du corse dans le primaire ne produise aucun nouveau corsophone.

Dans le secondaire, environ 20% des élèves reçoivent des cours de langue corse comme matière facultative dans certaines écoles. Les professeurs chargés des cours de langue corse -la plupart des fois en possession du CAPES de l'Université de Corti- n'ont que très peu de matériel pédagogique à leur disposition pour procéder à leur tâche, outre le fait que le caractère facultatif et la durée (lh ou 3h par semaine) de ces cours provoque des chutes d'effectifs très importants pour la langue corse.

Au niveau universitaire, le corse est présent dans la mesure où les étudiants de chaque faculté ont la possibilité d'une heure hebdomadaire d'initiation à la langue corse. En outre, il existe depuis 1991 un concours de recrutement de professeurs de corse et le développement du Centre d'Etudes Corses et de sa filière (DEUG, Licence, Maîtrise). De plus, certaines maîtrises, DEA et thèses sont soutenues en corse, ainsi que certains cours magistraux.

En ce qui concerne l'inspection éducative, le gouvernement français a mis en place un système de contrôle de l'enseignement du corse au moyen des inspecteurs pédagogiques régionaux.

Il existe un mouvement très développé de promotion du corse à l'école -Scola Corsa- qui publie des livres pour enfants et organise des cours pour adultes. De plus, une association d'enseignants A Caspa- lutte pour la coofficialité et l'enseignement obligatoire du corse de la maternelle à l'université. La pression des différents mouvements populaires a contribué à renforcer quelque peu la situation du corse dans renseignement: couverture de l'Université de Corti en 1981, l'organisation d'un service public au Rectorat d'Académie (création d'un poste de coordinateur puis d'inspecteur); la création de postes d'enseignants de langue corse; l'organisation de la formation des enseignants du primaire et du secondaire sous l'égide du Rectorat d'Académie et de l'Université; et la création d'un CAPES -Concours d'Aptitude d'Enseignement dans le Secondaire à l'Université de Corti (1991).

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3.2. Autorités judiciaires

La présence du corse dans les tribunaux est très précaire. Ainsi, s'il est occasionnellement permi qu'une personne puisse s'exprimer en corse au cours des procès si elle n'est pas capable de s'exprimer correctement en français, en revanche, les avocats, les juges et magistrats ne parlent jamais en corse. Il n'existe pas non plus de services de traduction et interprétation pour les personnes parlant le corse. En outre, les débats ne sont jamais menés en corse et les documents qui ne sont pas rédigés en français ne sont pas reçus par les autorités judiciaires. Le français est donc la seule langue utilisée dans les tribunaux.

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3.3. Autorités et services publics

Le gouvernement français n'a pas vraiment entrepris une politique de promotion du corse dans la société et, tout particulièrement, dans ses relations avec les citoyens. Les autorités régionales elles-mêmes n'assurent pas la présence du corse dans leurs documents officiels, sessions et débats de rassemblée régionale et dans leurs relations avec les citoyens. En ce qui concerne les services rendus par les différentes administrations, l'utilisation du corse est nulle dans les différents domaines. Ainsi donc, les documents issus des différents services publics sont rédigés exclusivement en français, malgré que très occasionnellement, les citoyens peuvent s'exprimer et être reçus en corse dans certains bureaux publics (PTT, services d'impôts, etc.).

Pour ce qui est de la promotion du corse dans les services publics régionaux, les autorités régionales tiennent compte de la maîtrise du corse dans le recrutement des employés de l'administration publique régionale et dans les cours de formation de ces nouveaux employés.

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3.4. Mass médias et technologies de l'information

Certains journaux à diffusion restreinte (à peine 5.000 exemplaires) sont écrits entièrement en corse: c'est le cas pour Scontru. U Ribombu (20.000 exemplaires) est rédigé partiellement en corse, tandis que Corse Matin, Nice Matin et La Corse n'utilisent que très rarement le corse dans certains textes et articles.

Il existe quelques périodiques écrits totalement ou partiellement en corse, comme par exemple la revue hebdomadaire Arritti (20. 000 exemplaires), ou encore Paese et A fiara. Rigiru et A'pian d'afretu sont deux revues culturelles et littéraires de périodicité irrégulière, bien que Rigiru ait une diffusion de quelque 20.000 exemplaires.

Radio Corsica Frequenza Mora (station régionale de Radio France) émet quelque 30 heures par semaine en corse, avec une audience de 30%, bien que l'usage du corse y soit limité aux programmes d'animation. D'autres stations qui émettent en corse sont Alta Frequenza (40 heures démission et 20% de l'audience), la radio coopérative de RADECEC de Cervioni, Voce Nustrale, et d'autres radios privées comme RCI et Radio Golfe.D'autres stations de radio locales existent à Corti Calvi et Porto Vecchio. Finalement, Radio Paese (radio émettant de Palis) est parfois relayée et peut être captée dans l'île, tandis que France Inter et RMC (Radio Monte-Carlo) émettent quelquefois certains programmes en corse.

L'utilisation de la langue corse à la télévision se limite aux émissions de France 3 Corse qui émet 40 minutes de programmes en langue corse par semaine et qui jouit d'une très bonne audience.

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3.5. Production et industries culturelles

Bien qu'il n'y ait pas de données fiables quant au nombre de livres publiés chaque année en corse, certaines sources parlent de 10 livres publiés en 1990, 15 en 1991 et 20 en 1992 (surtout en matière de livres scolaires, poésie, nouvelles et romans).

La musique traditionnelle est aujourd'hui le principal support de la langue corse vu qu'il existe de nombreux groupes à succès (dont une dizaine ont produit des disques dernièrement) qui chantent en corse. Certains de ces groupes tel que I Muvrini sont même connus sur le plan international. En revanche, la présence du corse dans la musique rock et moderne en général est très faible.

Dans le monde du théâtre, certains groupes professionnels travaillent essentiellement en corse (bien que pas toujours) tels que U Teatrinu (Bastia), Ghnomaccia, IMuvrini, I Chjari Aghjalesi, P. Guelfucci et I Surgenti. Il existe aussi de nombreuses troupes de comédiens amateurs comme par exemple le Théâtre Point et Locu Teatrale. Malgré l'aide publique qui leur est fournie par la Direction culturelle régionale du gouvernement de l'île, leur travail reste minoritaire.

La présence du corse au cinéma est très faible, bien que de nombreux courts-métrages et certains films (notamment La déchirure) ont été tournés en Corse. Dans ce dernier cas, le film fut doublé en corse.

De nombreuses associations culturelles se consacrent aux activités de promotion du corse dans ce domaine: cours de corse, organisation de colloques, de journées de réflexion sur la langue, création d'un musée des arts et des traditions populaires; création d'une radio coopérative; mise en place d'une banque de données lexicales, etc.

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3.6. Le monde des affaires

Le corse est très rarement une condition requise pour accéder à un emploi (excepté, nous l'avons vu, pour certains emplois dans l'administration régionale et l'enseignement). La présence du corse sur les enseignes commerciales est assez fréquent (aux côtés du français), mais est pratiquement nulle dans les annonces publicitaires placées sur la voie publique, ainsi que dans les annonces publicitaires de la radio et de la télévision (sauf quelques exceptions dans la radio pour l'annonce de produits de consommation locale). Le corse n'est pas non plus utilisé sur les étiquettes des produits ni sur les modes d'emplois.

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3.7. Usage familial et social de la langue

Le problème de la transmission intergénérationnelle du corse est extrêmement aigu, particulièrement depuis la fin de la II Guerre Mondiale. Peu de parents corsophones des villes s'adressent à leurs enfants en corse, préférant leur parler directement en français, ce qui entraîne que l'usage du corse en famille disparaisse progressivement. Ainsi, les nouvelles générations possèdent le français comme langue première.

Ceci s'explique par des raisons d'ordre économique (baisse de la population active suite à l'émigration continue de corsophones, passage de la société traditionnelle à la société moderne), social (accentuation du rôle du français comme langue de promotion sociale) et démographique (le manque d'offres d'emploi dans les campagnes provoque la dépopulation progressive des zones rurales). Ce dernier facteur est très important vu que le réseau social corsophone continue à fonctionner surtout dans les campagnes où la transmission intergénérationnelle du corse se fait bien d'avantage que dans les villes.

Etant donné que les parents habitant les villes ne transmettent guère le corse à leurs enfants, il est en passe de disparaître comme moyen de communication habituel dans la société urbaine. De plus, étant donné que le corse est perçu comme une langue inutile pour le futur, la très grande majorité des locuteurs corses se sont installés dans une idéologie diglossique qui leur fait penser que le corse disparaîtra dans l'intervalle d'une génération. Ceci se renforce avec le fait que le nombre de locuteurs corses diminue chaque fois plus, que les jeunes gens qui ne parlent pas le corse ne l'apprennent pratiquement jamais (malgré quelques rares exceptions) et que, du moins jusqu'à présent, l'introduction du corse à certains niveaux du système éducatif n'a pas produit de nouveaux corsophones.

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3.8. Echanges transfrontaliers

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4. Conclusion

La Corse est un exemple clair de la progressive disparition de la reproduction linguistique intergénérationnelle. Le bilinguisme d'une génération a été généralement suivi par le monolinguisme français de la suivante. Malgré l'absence de données fiables (absence qui est en elle-même significative) la diminution du nombre et de la proportion de corsophones pendant les dernières déccennies est évidente. Les conditions socio-économiques sont défavorables depuis longtemps, à cause du double phénomène de l'émigration et de l'immigration.

La faible utilisation du corse par les institutions, sa présence très limitée dans l'éducation -en partie explicable par l'absence d'un ortographe unifié et par le caractère polynomique du corse- et sa réclusion dans les zones rurales rendent pratiquement impossible la production de la langue parmi les jeunes. De plus, le prestige de la langue (son utilité pour trouver un emploi) est presque nul.

Néanmoins, la pression des différentes associations populaires de promotion du corse a réussi à forcer l'introduction formelle du corse dans système éducatif et à augmenter progressivement la sensibilité des autorités régionales corses.

Finalement, il est important que les autorités régionales continuent à soutenir la promotion du corse (surtout par une plus grande présence dans le système éducatif) afin de contrebalancer l'érosion progressive du groupe corsophone. Ces deux aspects de la situation montrent la possibilité d'une certaine récupération, Mais la base sociale du corse est actuellement très faible et limitée, dans les villes, à une élite très active sur le plan culturel mais très minoritaire sur le plan social.

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