Le gaélique en Ecosse
xx-xx-xxxx
http://www.uoc.es/euromosaic/web/document/gaelic/fr/i1/i1.html
Research Centre of Wales
English version
Le gaélique en Ecosse
  1. Introduction à la langue
  2. La langue dans le pays où elle est parlée
    1. Données générales sur la communauté linguistique
    2. Description géographique, démographique et linguistique
    3. Histoire générale de la région et de la langue
    4. Statut juridique et politique officielle
  3. Présence et usage de la langue par domaines
    1. Enseignement
    2. Autorités judiciaires
    3. Autorités et services publics
    4. Masse média et technologies de l'information
    5. Production et industries culturelles
    6. Le monde des affaires
    7. Usage familial et social de la langue
    8. Echanges transfrontaliers
  4. Conclusion


1. Introduction à la langue

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2. La langue dans le pays où elle est parlée

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2.1. Données générales sur la Communauté linguistique

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2.2. Description géographique, démographique et linguistique

Le recensement de 1991 répertoriait 65 978 résidents déclarant parler gaélique. Parmi ceux-ci, 24 261 (soit 36,8 % du total) vivaient dans les régions parlant essentiellement gaélique des Iles Hébrides et du district de Skye et Lochalsh.

Dans le reste de la région gaélique traditionnelle, 9 998 personnes parlant gaélique vivaient dans la région des Highlands et 4 583 dans le district d'Argyll & Bute (comptant 14 581 personnes parlant gaélique, soit 22,1 % du total). Les 27 136 restants (41,6 % du total) vivaient dans les Lowlands, ou Basse Ecosse, essentiellement dans les principales zones urbaines, telles que la conurbation de Central Clydeside: 10 881 (16,5 %); le District de la Ville d'Edimbourg: 3 231 (4,9 %); le District de Perth & Kinross: 1 431 (2,2 %); et le District de la Ville d'Aberdeen: 1 185 (1,8 % du total).

Les principales zones urbaines comptaient donc 16 728 personnes parlant gaélique (soit 25,4 % du total). A peine plus d'un Gaël sur trois vivaient dans une région essentiellement gaélique, un sur cinq dans la région gaélique résiduelle et un sur quatre dans les principales grandes villes.

En termes d'occupation, l'analyse des résultats du recensement de 1981 indique que les personnes parlant gaélique des Hébrides et de Skye & Lochalsh présentent une tendance significative à exercer des activités manuelles à abandonner les activités non-manuelles. Le contraire est observé parmi les personnes parlant gaélique des régions urbaines des Lowlands, qui ont une tendance marquée à exercer des professions libérales et des activités directoriales. La région des Highlands est un cas intermédiaire. A Inverness et dans les districts environnants, les personnes parlant gaélique exercent plutôt des professions libérales intermédiaires, des activités directoriales et non-manuelles qualifiées. Les informations du recensement de 1991 sont attendues.

Les pressions économiques continuent à entraîner un exode de la population des régions plus gaéliques des Hébrides et de la côte ouest vers la région en croissance des Highlands, vers les régions de Moray Firth et Lochaber, et plus particulièrement vers les Lowlands urbains d'Ecosse. Bien que le déclin démographique des personnes parlant gaélique ait pris fin entre 1961-71, lorsque les recensements ont révélé des augmentations du nombre de personnes parlant gaélique dans les Lowlands, de même que quelques augmentations entre 1971-81 dans les régions gaéliques centrales et parmi les jeunes à qui le gaélique a été enseigné au niveau local, un déclin considérable s'est à nouveau manifesté vers 1991. Les principales pertes ont été enregistrées parmi les jeunes des Iles Hébrides et parmi les Gaëls migrants d'âge moyen et les Gaëls urbains plus âgés. Des augmentations parmi les jeunes ont cependant à nouveau été enregistrées dans les régions qui ont connu un développement important des garderies et de l'enseignement primaire en gaélique.

Des estimations récentes indiquent que les activités économiques liées au gaélique génèrent une production brute d'environ 40 millions de £ par an (dont un peu plus de la moitié est imputable aux médias gaéliques). Les activités traditionnelles des centres gaéliques sont le "crofting" (agriculture de subsistance à petite échelle), associé à la pêche, au tissage manuel et aux services locaux. Des tentatives de diversifier cette économie ont été réalisées en développant l'hydro-électricité et la fonte d'aluminium dès la fin du 19ème siècle, et en élaborant une politique de "pôle de croissance" à Caithness (énergie nucléaire), Lochaber (usines de pulpe, aluminium) et dans les environs du Moray Firth à partir de la Deuxième Guerre mondiale. Les développements intervenus ces vingt-cinq dernières années dans le secteur pétrolier ont permis l'implantation de chantiers de construction de plates-formes dans les régions gaéliques, telles que Lewis et Western Ross, qui ont incité de jeunes migrants gaéliques à revenir. D'autres à proximité du Moray Firth et ailleurs les ont incités à partir. Le travail off-shore sur les plates-formes pétrolières a rivalisé avec le travail traditionnel en mer (pêche, marine marchande) pour les Hébridiens. Les petites industries locales modernes, telles que la pisciculture, ont contribué à stabiliser les schémas d'emploi locaux. Un grand nombre de ces développements se sont avérés précaires et de relativement courte durée. Les derniers développements aujourd'hui controversés sont des carrières comme à Harris, qui sont susceptibles de produire quelques emplois locaux dans les services, mais attireront beaucoup d'ouvriers qualifiés d'ailleurs. Cela constitue une menace considérable pour l'économie, l'écologie et la culture locales.

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2.3. Histoire générale de la région et de la langue

A l'origine, le gaélique est apparu en Ecosse vers 500 après J.C., lorsque le royaume de Dalriada en Irlande du Nord s'est étendu vers l'ouest des Highlands et les Iles d'Ecosse, absorbant par la suite le royaume picte dans le nord de l'Ecosse, le royaume britannique de Strathclyde dans le sud-ouest de l'Ecosse et une partie de la Northumbrie dans le sud-est, formant un royaume écossais parlant majoritairement le gaélique, qui, vers le 11ème siècle, correspondait approximativement à l'Ecosse actuelle. A partir du règne de Malcolm Canmore (1054-96), le gaélique a perdu sa prééminence à la cour, puis parmi l'aristocratie au profit de l'anglo-normand, et ensuite dans les Lowlands, suite à l'établissement de villes parlant anglais en Ecosse orientale et centrale, au profit des Scots. Les dirigeants des îles (Lordship of the Isles) ont été le centre politique du royaume gaélique presque tout au long du Moyen-Age, jusqu'à leur défaite à Harlaw en 1411.

Au 17ème siècle, le gaélique s'est retiré dans les Highlands et aux Hébrides, qui jouissaient encore en grande partie de leur indépendance politique, de leur culture celtique et de leur structure sociale. Ces différences sont apparues hostiles aux intérêts de l'Etat écossais, puis britannique. En effet, de la fin du 15ème siècle au 18ème siècle, plusieurs lois des parlements écossais et britannique ont tendu à promouvoir l'enseignement en anglais, tout d'abord parmi les membres de l'aristocratie, puis parmi la population générale, à mettre hors-la-loi les autochtones instruits et, enfin, à désarmer et briser les clans et à mettre hors-la-loi les costumes et la musique des Highlands, après la défaite des Jacobites à Culloden en 1745.

Un système volontaire, populaire et couronné de succès d'écoles gaéliques a été mis en place au 19ème siècle, à l'époque de l'"émigration forcée" de la population fermière. Il a été remplacé, en 1872, par un système national d'écoles en anglais, qui accordait peu de place au gaélique. Après une agitation rurale réussie ("Crofters' War" - la Guerre des petits Fermiers), la Loi des petits fermiers ("Crofters' Act") de 1886 a accordé la sécurité aux fermiers, qui sont restés le principal rempart du Royaume gaélique. La reconnaissance du gaélique est intervenue très lentement et partiellement jusque vers la fin du 20ème siècle. Les communautés gaéliques sont aujourd'hui tout à fait bilingues, et l'usage du gaélique est typiquement diglossique. Du fait de la migration, de nombreuses personnes parlant gaélique ont quitté la "région traditionnellement gaélique" des Highlands et des Iles. D'après le recensement de 1991, la région traditionnellement gaélique des Highlands et des Hébrides (le Gaidhealtachd) n'abritait que 58 % des personnes parlant gaélique en Ecosse.

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2.4. Statut juridique et politique officielle

Le statut légal du gaélique est indéterminé. Officiellement, le Ministère des Affaires écossaises estime qu'une loi relative à la langue gaélique sur le modèle gallois n'est pas nécessaire, vu que le gaélique n'a jamais été interdit par la loi, comme ce fut le cas du gallois en vertu des lois de 1536, 1542, etc. Une certaine reconnaissance législative du gaélique est prévue dans la Loi relative aux petits fermiers (1886), qui demande un membre parlant gaélique pour la Commission des petits Fermiers (Crofters' Commission), dans la Loi des Petits Propriétaires terriens (Small Landowners' Act) de 1911, qui autorise l'usage du gaélique au tribunal agraire d'Ecosse, dans la "Clause gaélique" de la Loi sur l'Education de 1918, dans la Loi sur la nationalité (Nationality Act) de 1981, qui stipule que le gaélique est l'une des trois langues nationales, et dans la loi de radiodiffusion et télévision (Broadcasting Act) de 1990. Toutefois, en raison des lois linguistiques galloises de 1967 et 1993, le gallois est généralement (quoi qu'erronément) considéré comme une "langue officielle" du pays de Galles - et même du Royaume-Uni. Le gallois bénéficie donc d'une plus ample reconnaissance pratique que le gaélique, même si, officiellement, le gaélique est supposé avoir toujours bénéficié du type de reconnaissance aujourd'hui accordé au gallois. En pratique, ce n'est pas le cas, et une proposition de loi visant à garantir cette reconnaissance a échoué en 1981.

Le gouvernement, par l'intermédiaire du Secrétaire d'Etat à l'Ecosse, a toutefois fait une série de déclarations soutenant le gaélique (1985, 1986, 1993). Une subvention spéciale destinée à l'enseignement en gaélique et le Fonds de Télévision gaélique (Gaelic Television Fund) en découlent. A ce jour, aucune politique nationale globale n'a été élaborée pour le gaélique. Comunn na Gadihlig (CNAG), qui est en grande partie financé par des fonds publics, a produit des plans linguistiques locaux et des documents consultatifs "Vers une politique nationale pour le gaélique". Une planification linguistique et une normalisation sur le modèle basque ou catalan doivent encore être formulées, voire même un "Plan d'action" sur le modèle irlandais.

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3. Présence et usage du gaélique par domaine

3.1. Enseignement

Depuis 1918, les lois relatives à l'enseignement ont permis d'organiser l'enseignement du gaélique dans les "régions parlant gaélique", mais le développement a été très lent jusqu'à ce que le gaélique devienne la première langue de l'enseignement dans les régions gaéliques de l'Inverness-shire et du Ross-shire à partir de 1958. En 1975, l'autorité responsable de l'enseignement dans les Hébrides, alors nouvellement créée, a introduit l'enseignement primaire bilingue, suivie de près par la Région des Highlands, à Skye. L'enseignement primaire en gaélique a commencé avec deux écoles en 1985. Elles étaient au nombre de 42 en 1993/94.

Dans l'enseignement secondaire, le gaélique a longtemps été enseigné comme matière - souvent par le biais de l'anglais, même aux locuteurs autochtones. Un mouvement en faveur de l'enseignement secondaire bilingue dans les Iles Hébrides a échoué suite à un changement de gouvernement en 1979. L'enseignement secondaire en gaélique s'est développé de manière moins satisfaisante. Des classes de niveaux en gaélique ont suivi, tout d'abord à Glasgow et Inverness - et certaines expériences ont été menées dans les Hébrides - mais il y a un manque aigu de professeurs et un rapport d'inspection de 1994 considère que l'enseignement secondaire en gaélique est un facteur de division et est inapproprié.

Dans les autres niveaux d'enseignement, le collège Sabhal Mor Ostaig, qui enseigne en gaélique, organise depuis 1984 des cours sanctionnés par des diplômes SCOTVEC dans les études commerciales, informatiques, et, plus récemment, dans la formation en télévision. Au niveau universitaire, il y a des cours d'études celtiques à Edimbourg, Glasgow et Aberdeen. Certains de ces cours sont donnés en gaélique, mais il n'y a pas d'autres formations universitaires en gaélique. C'est le Northern College, à Aberdeen, et le campus Jordanhill de l'Université de Strathclyde (Glasgow), qui assurent la formation des professeurs de gaélique.

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3.2. Autorités judiciaires

L'affaire Taylor c. Haughney (1982) a impliqué le statut du gaélique et, en appel, la Haute Cour s'est prononcée contre un droit général à utiliser le gaélique dans les débats des tribunaux. En théorie, d'après les réponses officielles du Ministère des Affaires écossaises en 1969, 1970, tout ce qui est dit ou écrit en gaélique devrait avoir une égale validité avec l'anglais. Au siècle dernier, un écrit diffamatoire en vers gaéliques satiriques a été soutenu avec succès.

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3.3. Autorités et services publics

La législation écossaise n'a pas d'objection à l'usage sérieux de tout nom. Certaines personnes ont légalement adopté la forme originale ou gaélique de leur nom à toutes les fins officielles. C'est toutefois très rare. Par contre, des prénoms gaéliques sont désormais fréquemment déclarés à la naissance. Depuis 1972, les chèques peuvent être rédigés et signés en gaélique.

Les panneaux de signalisation de la plupart des immeubles publics, des rues, routes et directions sont exclusivement en anglais, sauf aux Hébrides, dans l'Ile de Skye et dans quelques rares autres régions. Aux Hébrides, la politique officielle consiste à utiliser les deux langues à importance égale, sauf pour les panneaux routiers locaux, qui sont uniquement en gaélique. Dans l'Ile de Skye, les panneaux routiers sont bilingues, gaélique/anglais. Ailleurs, les panneaux de noms de lieux et de rues sont généralement au format anglais/gaélique. Il y a eu une campagne de panneaux routiers en gaélique à Skye et dans d'autres régions du continent depuis 1981, et une certaine pression locale pour obtenir des panneaux de noms de rue en gaélique a été exercée à Portree et Inverness. Ils sont apparus en version anglaise dominante en majuscules, la mention gaélique apparaissant en-dessous en caractères onciaux, en position symboliquement subordonnée.

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3.4. Mass médias et technologies de l'information

Ces derniers temps, l'usage du gaélique a beaucoup évolué dans les médias. A la radio, elles sont intervenues sur les stations de la British Broadcasting Corporation (BBC), et à la télévision, principalement sur la 3ème chaîne d'Independant Authority (Télévision écossaise, Télévision des Grampians), ainsi que sur BBC2 Ecosse.

A la télévision, 300 heures d'émissions en gaélique sont désormais diffusées officiellement chaque année. Susceptibles de répétitions et de changements au cours de l'année, les heures hebdomadaires réelles s'élèvent généralement à neuf heures par semaine au total. Cela permet d'augmenter la portée des programmes et d'en améliorer la qualité. La plupart des émissions sont produites par de petites sociétés de programmation en gaélique, implantées dans le Gaidealtachd, qui encouragent beaucoup la communauté et l'économie locales gaéliques. L'accent mis par la BBC sur les émissions pour enfants a été une priorité développée vers 1965, qui a beaucoup aidé les jardins d'enfants et l'enseignement primaire en gaélique.

La loi de 1990 relative à la radiodiffusion et télévision (Broadcasting Act) a créé un Fond de Télévision gaélique et un organisme en vue de le gérer. Depuis janvier 1993, la production gaélique a augmenté pour passer d'environ 100 heures par an partagées entre la BBC et la télévision indépendante (des Grampians et écossaise) à 300 heures environ, les nouvelles productions étant principalement diffusées sur la 3ème chaîne (indépendante) et sous-titrées en anglais. A la BBC, les émissions en gaélique passent essentiellement sur BBC2 avec des sous-titres anglais sur CEEFAX, et les émissions pour enfants sur BBC1. La BBC a un comité consultatif gaélique. Le Fond de Télévision gaélique est géré par Comtaidh Telebhisean Gaidhlig (CTG) à Stornoway et le financement s'élève à 8-9 millions de livres chaque année. Certains fonds sont disponibles pour le gaélique à la BBC. Il y a aussi des émissions de télévision scolaires en gaélique sur la 4ème chaîne.

Le sous-titrage en anglais a suscité une controverse. Toutefois, vu que les personnes parlant gaélique vivent de plus en plus dans des ménages linguistiquement mixtes, le sous-titrage en anglais est susceptible d'accroître le nombre de téléspectateurs gaéliques. Beaucoup d'émissions en gaélique étant aujourd'hui diffusées aux heures de grande écoute sur la 3ème chaîne indépendante, il faut aussi garantir que les téléspectateurs non-gaéliques puissent continuer à regarder au-delà des interruptions publicitaires pour garantir la viabilité.

Une vingtaine de chaînes satellites environ peuvent aussi être captées en Ecosse, de même que certains réseaux câblés (à Aberdeen, p. ex.). Aucun d'entre eux ne diffuse d'émissions en gaélique.

A la radio, les émissions en gaélique sont presque exclusivement diffusées sur BBC Radio nan Gaidheal, à raison d'environ 23,5 heures par semaine d'émissions en gaélique dans les Highlands et aux Hébrides, et de 11 heures dans le reste de l'Ecosse, ce qui fait généralement un total de 35 heures par semaine. Il est proposé d'augmenter cette diffusion pour atteindre l'équivalent d'une station à plein temps diffusée dans toute l'Ecosse. Les émissions scolaires en gaélique ont démarré en 1970 suite à une initiative des autorités éducatives.

Il n'existe pas de quotidiens, ni d'hebdomadaires entièrement en gaélique. Les quotidiens "Scotsman" et "Press and Journal" publient des rubriques hebdomadaires en gaélique. Les hebdomadaires locaux des régions gaéliques publient également des rubriques et des articles en gaéliques, tels que Stornoway Gazette, West Highland Free Press, Oban Times, Inverness Courier, par exemple.

Le magazine littéraire Gairm tout en gaélique paraît régulièrement tous les trimestres depuis 1952. Quelques périodiques gaéliques ou bilingues sont également publiés par des organisations gaéliques, de même que le magazine de bandes dessinées pour enfants "SMATHSIN!". CTG publie trimestriellement le magazine de programmes télévisés essentiellement gaéliques SUAS. L'Eglise d'Ecosse publie un supplément en gaélique dans son Rapport mensuel. Tocher, le périodique folklorique occasionnel de l'Ecole des Etudes écossaises, publie beaucoup d'articles en gaélique.

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3.5. Production et industries culturelles

L'Etat fournit une aide à la publication en gaélique, par le biais de subventions annuelles au Conseil littéraire gaélique (Gaelic Books Council - Université de Glasgow). Le Conseil des Arts écossais (Scottish Art Council), basé à Edimbourg, fournit une aide à la littérature et aux arts du spectacle.

Les publications en gaélique ont beaucoup augmenté ces 25 dernières années. Le Conseil littéraire gaélique a permis aux Publications Garim et au Club Leabhar d'augmenter leur production dans les années 70. En 1977, Acair a été créé pour publier des documents émanant de nouvelles initiatives éducatives. Quelques petits éditeurs travaillent dans leur sphère d'intérêt particulière, tandis que l'Association écossaise des Textes gaéliques (Scottish Gaelic Texts Society) publie les oeuvres d'importance littéraire majeure du passé. L'un des principaux problèmes est de véritablement atteindre les lecteurs de gaélique qui vivent sur les îles et dans les régions peu peuplées ne comptant pas beaucoup de librairies. Le Conseil littéraire gaélique possède une camionnette de vente ambulante à cet effet.

Ces dernières années, les nouveaux titres en gaélique ont été estimés à 30-40 par an. Les types de livres publiés sont raisonnablement variés, sauf dans des catégories telles que les "romans internationaux les plus vendus", les encyclopédies et les publications techniques. Les lecteurs gaéliques ont montré un goût particulier pour la "poésie villageoise" locale, les (auto)biographies locales et l'histoire locale. L'accent est mis sur les publications scolaires, les dictionnaires, etc.

La musique populaire et traditionnelle gaélique a connu un développement considérable. Des groupes tels que Na h-Oganaich, les lauréats du premier concours de groupes folk Mod en 1972, ont été novateurs en adaptant la musique gaélique traditionnelle aux goûts populaires modernes, surtout parmi les jeunes. Ils ont été suivis par des groupes tels que Run-Rig et Capercaillie, et plus récemment par Wolfstone (dont la musique est surtout instrumentale). En 1993, des musiciens gaéliques traditionnels ont formé le groupe Mac Talla. Il y a aussi la musique vocale et religieuse, avec des cantiques et des psaumes gaéliques. Les émissions de musique gaélique sont un élément important de la production en gaélique; les enregistrements commerciaux marchent bien et comprennent des morceaux de musique traditionnelle provenant des archives de l'Ecole des Etudes écossaises.

La troupe de théâtre itinérante 7.84 a fait oeuvre de pionnier en présentant les pièces "Ceilidh plays" dans les années 70. Ces dernières traitaient de thèmes gaéliques/des Highlands et étaient jouées en partie en gaélique. Un théâtre gaélique professionnel et des groupes d'arts du spectacle ont formé Fir Chlis (Northern Lights/Merry Dancers) à la fin des années 70, mais qui a disparu en 1981. Le "National Gaelic Arts Project" a récemment relancé du théâtre gaélique en direct. Il y a une troupe de théâtre scolaire gaélique, Ordag is Sgealbag (Pouce et Doigt), des marionnettes gaéliques, et en 1993, Craobh nan Ubhal/Le Pommier - une production trilingue en gaélique, dorien et anglais. Le théâtre amateur gaélique (communautaire) est important depuis de nombreuses années - et il y a un festival annuel.

Il y a très peu de films tout en gaélique. Le premier, "The Hero" (Le Héros) (basé sur une légende ossianique), a été réalisé en 1982. Son gaélique parlé était assez variable et pauvre. Plus récemment, "As an Eilan" (De l'Ile, 1992/93), bien que "'bilingue", est presque entièrement en gaélique et est considéré comme la première production cinématographique vraiment gaélique. La critique l'a beaucoup mieux accueillie et elle illustre la vie gaélique contemporaine. "Gleanntan Ecuador" (Vallées de l'Equateur, 1993) a gagné le premier prix du Festival de cinéma et de télévision interceltique de 1994. Un film consacré à la vie de Mary MacPherson, barde de l'agitation rurale des années 1880, et intitulé "M iri Mh r", vient d'être réalisé.

Le principal festival est le National M d, organisé chaque année par An Comunn Gaidhealach depuis 1892. Il est essentiellement compétitif et a initialement été établi sur le modèle du "Welsh National Eisteddfod" (festival national gallois). Il y a aussi les "Mods" locaux, qui commencent à être éclipsés par les "F isean" locaux, qui ne sont pas des concours et mettent l'accent sur le fait de parler et d'apprendre le gaélique et sur les arts du spectacle qui y sont liés. Les festivals locaux de musique traditionnelle - souvent en association avec l'Association de musique et de chansons traditionnelles (Traditional Music and Song Association - TMSA) présentent de la musique et des musiciens gaéliques. Bien que l'idée ait souvent été évoquée, il n'y a pas de véritable festival culturel gaélique professionnel en tant que tel. Le Festival de cinéma et de télévision interceltique est géré en Ecosse (Inverness) et visite chaque année les six pays celtiques à tour de rôle.

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3.6. Le monde des affaires

Bien que le gaélique n'ait jamais été beaucoup utilisé dans le monde des affaires et du commerce, le nombre de postes des secteurs tant public que privé pour lesquels le gaélique est un avantage, augmente, surtout dans les Hébrides, dans l'Ile de Skye et dans l'ouest des Highlands. Il y a eu une augmentation considérable dans l'emploi lié aux médias, demandant des personnes parlant gaélique à la télévision, à la radio et dans le monde du spectacle. L'impact total est d'environ 300 emplois. Des augmentations ont aussi été enregistrées dans l'enseignement. La compétence en gaélique devient désormais un avantage distinct, bien que ce ne soit pas toujours une exigence stricte, dans le gouvernement local, le développement et autres organes. Vu que le "tourisme culturel" prend de l'ampleur dans le tourisme global, le fait de parler gaélique est un avantage dans ce secteur également, et connaît en outre une certaine expansion dans les secteurs des arts et de l'environnement.

Il n'y a jamais eu beaucoup de publicité en gaélique sur la voie publique, à l'exception de quelques affiches et vitrines présentant des événements occasionnels. La langue n'est quasiment jamais utilisée dans la publicité diffusée à la radio et à la télévision. L'anglais est la langue des publicités télévisées, même si elles interrompent des émissions en gaélique. Le fait que de nombreux téléspectateurs ne parlent pas le gaélique a été un facteur déterminant de ce choix. A la radio, le gaélique est utilisé pour les annonces communautaires (sur Radio nan Gaidheal, p. ex.) - mais ce ne sont pas des publicités à proprement parler. Ces dix dernières années, l'usage du gaélique aurait pu beaucoup augmenter dans la publicité diffusée par les médias. Mais jusqu'à présent, cette augmentation n'a pas eu lieu.

Il n'y a pas de restrictions légales concernant l'usage du gaélique dans l'étiquetage commercial, mais il n'y a pas non plus d'exigences officielles à cet égard. A part deux marques de whisky, aucune entreprise commerciale ne l'a jamais fait. Du fait du système de production et de distribution hautement intégré dans le commerce de détail, quasiment aucun produit n'est fabriqué ni vendu au niveau local, ce qui entraîne l'usage exclusif de l'anglais.

Le CNAG a prévu des initiatives destinées à étendre l'usage du gaélique dans le domaine commercial. Jusqu'à présent, il n'y en a pas eu beaucoup d'autres. Cette question devra être négociée et gagnée avec le monde des affaires - mais seulement s'il peut être convaincu que l'usage du gaélique conférera un avantage concurrentiel. Quelques initiatives récentes ont été prises dans ce domaine. Une importante étude récente, commandée par le CNAG à la Fondation écossaise de recherche économique (Scottish Foundation for Economic Research), a identifié une "économie gaélique" et l'a évaluée de manière similaire au Produit intérieur brut.

Il y a un club d'affaires gaélique actif appelé Club Gnimhachas nan Gaidheal (1985).

Les fonds publics affectés au gaélique sont essentiellement attribués à l'enseignement, aux arts et aux médias. Toutefois, l'implantation d'entreprises locales a apporté des sources de financement locales qui ont aidé les entreprises liées au gaélique. Le HIDB, qui est le prédécesseur du réseau HIB/LEC, a développé des politiques qui apportent une aide importante aux initiatives commerciales dans l'"Ouest gaélique", y compris l'établissement et le financement initial de co-cohmainn (coopératives de producteurs communautaires) dans les régions gaéliques. De même, les autorités locales peuvent fournir une aide aux entreprises commerciales.

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3.7. Usage familial et social de la langue

Des sondages effectués en 1956-59 parmi des enfants en âge scolaire de la communauté typiquement gaélique de Harris ont répertorié 356 (93,7 %) enfants parlant gaélique sur un total de 380. Une étude similaire réalisée en 1972-73 a répertorié 190 enfants parlant gaélique (66,7 %) sur un total de 285. En une quinzaine d'années, le nombre total et le pourcentage de personnes parlant gaélique ont diminué.

Des études ultérieures, effectuées à Harris et Barra en 1976-78, ont analysé les schémas d'usage familial et communautaire de la langue, et les ont comparés aux facteurs sociaux et aux identités individuelles. L'usage de la langue rapporté par les personnes interrogées a été comparé dans des familles d'origine et actuelles. Les domaines de plus grande faiblesse et de déclin intergénérationnel de l'usage du gaélique étaient: aider les enfants à faire leurs devoirs, les enfants entre eux, lors de manifestations publiques, dans le culte et entre parents et enfants.

Un sondage réalisé dans les Hébrides et l'Ile de Skye en 1986-88 a permis de constater qu'un schéma similaire se poursuit. Les plus grandes faiblesses et le déclin intergénérationnel de l'usage du gaélique étaient rapportés pour: les enfants avec des amis, aider les enfants à faire leurs devoirs, le discours intérieur des personnes interrogées, entre enfants de mêmes parents, explications fournies aux enfants, entre parents et enfants. L'échantillon des Hébrides totalisait 270 personnes, dont 225 (83,3 %) parlaient gaélique. 204 (75,6 %) étaient ou avaient été mariées, dont 195 (95,6 %) faisaient état d'un époux autochtone parlant gaélique. L'ensemble des 225 personnes parlant gaélique de l'échantillon ont rapporté un mariage avec un autre autochtone parlant gaélique - ce qui témoigne d'une forte endogamie de groupe linguistique dans les communautés parlant beaucoup le gaélique. Sur les 167 personnes interrogées ayant des enfants, 64,1 % ont déclaré avoir un aîné parlant gaélique tout à fait couramment. Sur les 137 personnes interrogées parlant gaélique et ayant des enfants, 101 (73,7 %) ont déclaré avoir un aîné parlant gaélique tout à fait couramment. Sur les 24 parents ne parlant pas gaélique, 4 (16,7 %) ont déclaré avoir un aîné parlant gaélique tout à fait couramment.

Les résultats correspondants de l'étude réalisée dans l'Ile de Skye étaient: un échantillon total de 145 personnes, dont 81 parlaient gaélique (55,9 %). Sur le total, 105 (72,4 %) étaient ou avaient été mariées. Parmi celles-ci, 93 (88,6 %) ont déclaré avoir des enfants. Parmi toutes les personnes interrogées mariées, 61 (58,1 %) ont déclaré avoir un époux autochtone parlant gaélique et 30 (28,6 %) un aîné parlant gaélique. Parmi les 57 parents parlant gaélique, 45 (78,9 %) ont déclaré avoir un époux parlant gaélique, et 28 (49,1 %) ont déclaré avoir un aîné autochtone parlant gaélique. (Sur les 36 parents ne parlant pas gaélique de l'échantillon, 2 (5,6 %) ont déclaré avoir un aîné parlant gaélique tout à fait couramment.) L'endogamie de groupe linguistique gaélique était inférieure à celle de l'échantillon des Hébrides et la transmission intergénérationnelle du gaélique était beaucoup plus faible.

Les données issues des recensements de 1971, 1981 et 1991 ont révélé des données comparables sur la distribution par âge et par région des personnes parlant gaélique, ce qui a permis d'analyser les changements à entreprendre auprès des jeunes gens. Parmi les enfants en âge préscolaire et scolaire (3 - 15) dans les Hébrides, les nombres et pourcentages d'enfants parlant gaélique sont restés constants de 1971 (4 396 - 67,4 %) à 1981 (4 384 - 67,8 %). En 1991, ce nombre est tombé à 2 573 - 49,5 % du groupe d'âge. L'étude réalisée dans les Hébrides en 1986-88 avait commencé à indiquer une amélioration, en avance sur le recensement. La situation dans la région des Highlands (y compris Skye et le nord du continent) était très contrastée. Les nombres et pourcentages d'enfants parlant gaélique âgés de 3-15 ans ont augmenté de 1971 (1 593 - 4,2 %) à 1981 (1 813 - 4,8 %) et à 1991 (1 988 - 5,6 %). Cela pourrait notamment être dû à la migration de personnes parlant gaélique originaires des Hébrides, mais cela provient plus probablement du développement plus important de l'enseignement primaire, des écoles maternelles et des garderies en gaélique dans la région des Highlands que dans les Hébrides.

L'analyse des études ci-dessus suggère que les jeunes femmes de moins de 45 ans avaient considérablement tendance à déclarer des scores moyens inférieurs concernant les niveaux d'usage familial et communautaire de gaélique et de loyauté à la langue. Parmi les catégories professionnelles et assimilées, les scores moyens les plus élevés concernant ces mesures étaient enregistrés dans les groupes parlant gaélique de professions libérales, d'activités directoriales, semi-qualifiées et fermières (et dans les catégories de qualification et d'éducation correspondantes). Les personnes qualifiées manuelles et non-manuelles (et les catégories de qualification et d'éducation correspondantes) avaient tendance à avoir de moins bons scores pour ces mesures.

Des estimations basées sur les informations provenant du recensement de 1991 suggèrent qu'environ 24 900 familles en Ecosse comptaient un adulte parlant gaélique: 8 490 (34,1 %) étaient des couples dont les deux membres parlent gaélique; 6 730 étaient des couples dont seul le mari parle gaélique (27,0 %), 6 520 étaient des couples dont seule l'épouse parle gaélique (26,2 %), et 3 160 étaient des parents seuls parlant gaélique (12,7 %). En ce qui concerne les familles comptant des membres parlant gaélique, on estime que tous les membres de 31,4 % d'entre elles parlaient gaélique, et sur une estimation de 40 600 personnes parlant gaélique et vivant en famille, environ 20 300 (50,1 %) pourraient avoir vécus dans des familles dont tous les membres parlent gaélique. Les détails complets sont susceptibles d'indiquer bientôt la grande importance de l'exogamie de groupe linguistique.

Il y a une forte impression de stabilité économique de la famille dans les régions parlant davantage gaélique. C'est lié à une culture fort patriarcale largement sanctionnée par la pratique religieuse locale. D'un point de vue historique, la mémoire populaire de l'émigration forcée des petits fermiers dans les Highlands et l'agitation rurale du 19ème siècle, qui ont finalement permis aux petits fermiers d'obtenir la sécurité de bail grâce à la loi sur les petits fermiers (le "Crofting Act") de 1886, exerce toujours une grande influence, même si elle n'est pas reconnue en tant que telle. Cela signifie que le "chef de famille" exerce toujours un rôle social important. La succession à la ferme et le partage dans une affaire de famille, telle que la pêche, peuvent être attribuées à l'enfant aîné mâle. Les hommes, et surtout les aînés, ont tendance à rester dans la communauté lorsqu'ils grandissent. Les femmes ont tendance à migrer pour poursuivre leurs études et suivre des études supérieures ou trouver du travail ailleurs. Les métiers tels que l'enseignement, les soins infirmiers, le travail dans l'hôtellerie et la restauration, la police et autres services ont été des carrières populaires pour les jeunes femmes originaires des Hébrides et de l'ouest des Highlands. Bien que l'intention soit de garantir une sécurité familiale, cela a souvent un effet contre-productif, surtout pour la langue et la culture.

L'hostilité traditionnelle envers les personnes parlant gaélique est toujours inscrite dans la mémoire comme le "mi-r n m r nan Gall", la grande rancune des habitants des Lowlands. Les expressions péjoratives désignant les personnes parlant gaélique, telles que "teuchtar", sont toujours utilisées. Toutefois, un sondage d'opinion national réalisé en 1980 sur les attitudes vis-à-vis du gaélique a révélé que 49 % de l'échantillon de 1 117 personnes estimaient que la langue gaélique est importante pour le peuple écossais dans son ensemble, et 67 % que le gaélique devrait être reconnu officiellement, et 82 % étaient partisans de son enseignement dans les écoles.

La fréquentation des églises est toujours très importante dans les communautés gaéliques et la plupart des gens vont régulièrement à l'église. Les congrégations sont grandes. Les églises prédominantes de Skye et des Hébrides sont l'Eglise d'Ecosse, l'Eglise non-conformiste d'Ecosse et l'Eglise presbytérienne libre (dont l'importance diminue et dont le caractère calviniste et gaélique augmente). L'Eglise non-conformiste s'est séparée de l'Eglise d'Ecosse en 1843. Les presbytériens libres se sont séparés de l'Eglise non-conformiste en 1893 et se sont à nouveau divisés en 1989, avec la formation des Eglises presbytériennes associées. A South Uist et Barra, le Catholicisme romain domine (Moidart et Morar, les Small Isles, le Great Glen central, et Strathglass sont d'autres régions catholiques). Les membres de l'Eglise épiscopale (en communion avec l'anglicanisme) sont nombreux à Lochaber et Glencoe. Il y a des Baptistes à Tiree et dans les îles voisines.

Dans l'Eglise d'Ecosse, les charges pour lesquelles le "gaélique est nécessaire" sont maintenant essentiellement des paroisses hébridiennes, et celles pour lesquelles le "gaélique est souhaitable" se trouvent uniquement dans d'autres régions de l'ouest des Highlands. Il y a deux églises gaéliques urbaines (Edimbourg, Glasgow). Bien qu'il y ait suffisamment de ministres parlant gaélique, ils sont souvent nommés à des affectations non-gaéliques. L'Eglise non-conformiste a la réputation de mieux réussir à engager des ministres parlant gaélique. Les Presbytériens libres ont récemment connu une pénurie de ministres parlant gaélique. Le diocèse catholique d'Argyll et des Iles fournit efficacement des prêtres parlant gaélique à ses congrégations. Des services épiscopaux gaéliques réguliers ont été organisés jusqu'en 1960 environ. Dans les Hébrides, presque tous les membres du clergé, de toutes dénominations, parlent gaélique, et plus de la moitié de tous les offices sont en gaélique. Il y a toujours des offices réguliers en gaélique dans l'Ile de Skye, mais ils sont sporadiques ailleurs sur la Côte ouest.

Une bible gaélique écossaise adaptée de l'irlandais a été publiée en 1690, le psautier versifié en 1984, un Nouveau Testament gaélique écossais en 1767, et l'Ancien Testament entre 1783-1801. Une traduction catholique du Nouveau Testament vulgate a été publiée en 1875. En 1980, une version "Good News" de l'Evangile selon St. Marc a été publiée en gaélique contemporain, de même que des versions des Lettres de Prison de Paul en 1986.

Une révision de l'ensemble de la bible se conformant à l'orthographe moderne a été publiée en 1992. La traduction gaélique du "Book of Common Order" de John Knox a été publiée en 1567; ce fut le premier livre imprimé en gaélique. La version gaélique du Catéchisme de Calvin a été publiée en 1630. Une traduction épiscopale gaélique du "Book of Common Prayer" de l'Eglise d'Angleterre a été publiée en 1881. Une révision du livre d'office épiscopal est sur le point d'être publiée, avec un recensement des offices gaéliques. Un livre de prières catholiques a été publié en 1963. L'enquête réalisée dans l'Ile de Skye et aux Hébrides en 1986-88 contenait trois questions relatives à l'importance locale de la langue dix ans auparavant et dans dix ans. Les résultats étaient réalistes. Dans les Hébrides, 66,7 % de l'échantillon pensaient que l'on parlait moins le gaélique au niveau local que dix ans auparavant, 29,2 % pensaient que la situation était identique et 2,2 % pensaient qu'il était plus parlé.

Les avis sur l'importance de l'usage du gaélique dans dix ans ont produit 58,9 % de personnes pensant qu'il serait moins parlé, 27,3 % prévoyant un usage inchangé et 9,3 % qu'il serait parlé davantage. Dans l'Ile de Skye, 76,2 % pensaient que le gaélique était moins parlé qu'il y a dix ans, 12,5 % croyaient à une situation inchangée et 6,3 % à une augmentation de l'usage de la langue, 70,5 % pensaient que le gaélique serait moins parlé dans dix ans, 10,3 % penchaient pour une situation inchangée et 12,8 % pour une augmentation de l'usage de la langue. Les déclarations relatives à l'avenir étaient donc un peu plus optimistes.

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3.8. Echanges transfrontaliers

Cette rubrique ne contient pas de données pour cette langue.

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4. Conclusion

Les principales recommandations étaient: (1) reconnaissance officielle et légale du gaélique dans l'administration publique, planification linguistique et normalisation; (2) initiatives relatives à l'usage du gaélique dans les affaires, le commerce et les services publics (surtout dans l'étiquetage, les panneaux de signalisation et les avis publics); (3) une initiative de recherche multidisciplinaire (suivant l'analyse du recensement et des données des enquêtes antérieures) sur le gaélique chez les jeunes et dans la vie familiale; (4) une étude de faisabilité consacrée à l'établissement de nouvelles communautés gaéliques.

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