Le Galicien en Espagne
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Institut de Sociolingüística Catalana
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Le Galicien en Espagne
  1. Introduction à la langue
  2. La langue dans le pays où elle est parlée
    1. Données générales sur la communauté linguistique
    2. Description géographique, démographique et linguistique
    3. Histoire générale de la région et de la langue
    4. Statut juridique et politique officielle
  3. Présence et usage de la langue par domaines
    1. Enseignement
    2. Autorités judiciaires
    3. Autorités et services publics
    4. Masse média et technologies de l'information
    5. Production et industries culturelles
    6. Le monde des affaires
    7. Usage familial et social de la langue
    8. Echanges transfrontaliers
  4. Conclusion


1. Introduction à la langue

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2. La langue dans le pays où elle est parlée

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2.1. Données générales sur la Communauté linguistique

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2.2. Description géographique, démographique et linguistique

La Galice se trouve à l'extrême nord-ouest de la Péninsule ibérique. Depuis 1981 elle possède le statut de communauté autonome au sein de l'Espagne. Composée de quatre provinces (la Corogne, Lugo, Ourense et Pontevedra), elle a une surface de 29.574 km2. La capitale est Saint-Jacques de Compostelle. En 1991 la Galice comptait 2.720.445 habitants. La densité (92 hab./ km2) est nettement supérieure à la moyenne espagnole.

Une autre zone d'expression galicienne, la Franxa Exterior, se répartit entre les régions limitrophes des Asturies et de Castille-Léon. La population de la Franxa Exterior est d'environ 70.000 habitants. De plus, de nombreux ressortissants galiciens, dont quelque 550.000 locuteurs, résident dans d'autres régions d'Espagne, en Europe et en Amérique latine.

Plus de 91% des habitants de la Galice, selon le recensement de 1991, savent parler le galicien. Environ la moitié de la population adulte de la Franxa Exterior parlerait le galicien. Certains habitants de la partie asturienne de la Franxa Exterior parlent l'sturien, ou bable. La connaissance du castillan est pratiquement universelle aussi bien en Galice que dans la Franxa Exterior.

Pays d'émigration depuis des siècles, la Galice enregistra un solde migratoire négatif entre 1951 et 1975 équivalent à 17,5% de la population de 1950. Ces émigrants se dirigèrent dans un premier temps vers l'Amérique Latine et, à partir de 1960, vers différents pays d'Europe. L'exode fut provoqué par l'excédent de travailleurs agricoles et la faible industrialisation de la région. Les immigrés, qui ne constituaient en 1986 que 6,7% de la population, sont principalement des fonctionnaires et des travailleurs qualifiés de langue castillane.

Jusqu'aux années 1980 la Galice connut d'importantes migrations internes qui avaient pour effet d'augmenter la population des provinces côtières plus développées (Pontevedra et la Corogne) au dépens de l'intérieur rural. En 1991, 27,4% des Galiciens habitaient dans des villes de plus de 100.000 habitants, alors que 36,5% demeuraient dans des villes d'entre 10.000 et 100.000 habitants. La région compte également un nombre très considérable de petits villages et de hameaux.

Dans l'économie galicienne, l'agriculture et les services sont les secteurs dominants. En 1990, 29% de la population active travaillaient dans l'agriculture ou la pêche, 15% dans rindustrie, 9% dans la construction et 41 % dans le tertiaire. Malgré la modernisation croissante des dernières décennies, les exploitations agricoles sont de taille réduite et de nombreux agriculteurs ont d'autres sources de revenus. L'activité industrielle a connu une certaine expansion, surtout dans les secteurs reliés à la pêche, la navigation et l'agriculture. Les revenus par habitant sont très en dessous de la moyenne espagnole, bien que depuis quelques années l'écart se réduit.

Selon le recensement de 1991, 2.421.102 personnes âgées de plus de 3 ans savaient parler le galicien (91% du total), tandis que 1.322.937 personnes savaient le lire (50%) et 923 441 savaient l'écrire (35% du total, et 73% des jeunes âgés de 11 à 14 ans). Quant à l'usage, 1.459.028 (55% du total) s'exprimaient toujours en galicien, 885.497 (33 %) le faisaient quelquefois et 142.166 (6%) jamais.

Des recherches d'envergure actuellement en voie d'analyse indiquent qu'entre 1.350.000 et 1.629.000 personnes (50 à 60% de la population) sont de langue maternelle galicienne. Parmi les habitants des villes, la classe moyenne et les jeunes ce pourcentage est beaucoup plus bas.

Le décalage entre connaissance et usage est particulièrement frappant chez les jeunes (à peine la moitié de ceux qui ont appris le galicien à l'école s'en servirait de manière habituelle). L'emploi oral du galicien est relié au milieu rural aux tranches d'âge plutôt avancé et à l'appartenance à une strate socio-économique inférieure. La connaissance du galicien écrit, par contre, est plus répandue parmi les jeunes et les personnes de statut socio-économique élevé. Dans les villes l'usage du galicien serait en baisse constante depuis plusieurs années. D'autre part les locuteurs ont une opinion peu favorable de leur propre compétence en galicien: selon une enquête récente, seulement 11 % considèrent qu'ils le parlent "bien" ou "très bien".

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2.3. Histoire générale de la région et de la langue

Royaume indépendant aux Xe-XIe siècles, la Galice devint un important lieu de pèlerinage (Santiago de Compostela) surtout à partir du Xle siècle. Jusqu'au milieu du XlVe, le galicien fut la langue de l'ensemble de la société, de l'administration et du système juridique. Dépourvue d'une noblesse et d'une bourgeoisie autochtones, la Galice tomba définitivement sous la domination castillane au XlIIe siècle. Politiquement marginalisée au sein de respagne, elle fut appauvrie par des structures sociales et économiques archaïques (les derniers privilèges féodaux ne furent abolis qu'en 1973). Le développement industriel fut tardif et de peu d'envergure, et depuis le XVIIe siècle le poids démographique de la région au sein de l'Espagne n'a cessé de diminué.

Au XIXe siècle une nouvelle prise de conscience aboutit au Rexurdiment ("redressement") culturel et au galleguisme (régionalisme politique). La Real Academiada LinguaGalega, fondée en 1904, ne réussit pas cependant à mener à terme la standardisation de la langue, ce qui n'empêcha pas l'éclosion d'une importante littérature. Le régime d'autonomie politique approuvé aux années 1930, qui prévoyait entre autres l'incorporation de la Franxa Exterior, ne fut jamais appliqué à cause de la Guerre Civile. Comme les autres langues non castillanes, le galicien fit l'objet d'une importante répression sous le régùne franquiste. Le processus d!industrialisation entamé aux années 1950, ainsi que rexpansion du système d'enseignement et des média en langue castillane, facilitèrent la pénétration généralisée du castillan qui jusqu'alors avait eu du mal à pénétrer le caractère rural de la société galicienne.

Le gouvernement autonome (Xunta Galega) constitué en 1981 a adopté une série de mesures destinées à promouvoir la connaissance et l'usage du galicien dont l'efficacité est souvent questionnée.

Langue romane, le galicien provient de la même branche que le portugais. Lors de l'apogée de la littérature troubadouresque (XIIIe-XlVe siècles), les différences étaient presque imperceptibles. Par la suite, le galicien deviendrait le moyen d'expression d'une société rurale et les divergences par rapport au portugais, normativisé sur la base du dialecte de Lisbonne et langue de cour, seraient de plus en plus grandes.

Le galicien actuel ne présente pas de véritables dialectes mais plutôt des blocs linguistiques: l'oriental (qui comprend la Franxa Exterior), le central et l'occidental. Le langage parlé, truffé de nombreux castillanismes, accuse les effets d'une normativisation tardive et souvent contestée. La Loi de Normalisation (1983) trancha finalement en faveur des normes élaborées conjointement par la Real Academia Galega (RAG) et l'Instituto da Lengua Galega (ILG) mais les polémiques entre "lusistes" et galleguistes continuent. Dans la Franxa Exterior certains groupes nient que la langue que ron y parle soit le galicien.

Les principaux événements récents ont été la publication des normes linguistiques (1982), l'approbation de la Loi de Normalisation Linguistique (1983), la création de Radio Televisién Galega (1983), l'introduction du galicien dans le système scolaire (1983-84) et la création de la Direction Générale de Politique Linguistique (1990). De nombreuses organisations privés se consacrent également à la défense du galicien dans divers domaines, dont: Asociaciôn de Funcionarios para la Normalizaciôn Lingüistica de Normalización lingüística Galicia (AFNLG), Mesa para a Normalizaciôn Lingüistica de Galicia (UMG), Asociación Sócio-Pedagóxica Galega (AS-PG), Nova Escola Galega (NEG), Asociaciôn de Profesores de Lingua e Literatura (APLL); Editorial Galaxia (publications exclusivement en galicien depuis les années 1950), Asociaciôn de Escritores enLingua Galega (AELG), Patronato Rosalia Castro, Uniôn dosTraballadores do Ensino de Galicia (UTEG), Confederación Xeral de Traballadores Galegos - Intersindical Nacional,- Associaçom Galega da Lingua (AGAL), consacrée à la diffusion de la culture portugaise et à l'application des normes linguistiques du portugais.

La promotion du galicien dans la Franxa Exterior a fait l'objet de diverses rencontres dont deux congrès (1989 et 1990), qui ont revendiqué le soutien du gouvernement galicien, tel que prévu dans la Loi de Normalisation Linguistique de la Galice (accès au système d'enseignement galicien, possibilité de capter les programmes de la radiotélévision galicienne, etc.), et ont exigé du gouvernement central et des gouvernements des Asturies et de Castille-Léon le respect de la langue et la culture galicienne et réintroduction du galicien dans les écoles de la Franxa.

Des conflits se sont produits en Galice au cours des années récentes à propos de l'utilisation (et non utilisation) du galicien dans différentes situations: à l'école, dans la toponymie, dans l'administration régionale et locale, dans le système judiciaire, etc. Le Tribunal Constitutionnel consulté par le gouvernement central a rejeté certaines dispositions législatives en faveur du galicien. Une Asocaciôn Gallegapara laLibertad de Idioma (AGLI) s'oppose à la normalisation du galicien au nom de la défense du castillan. A ces luttes s'ajoutent celles qui opposent les défenseurs des normes linguistiques adoptées par le gouvernement régional aux "lusistes" qui considèrent que ces normes portent atteinte à l'unité du galicien avec le portugais.

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2.4. Statut juridique et politique officielle

Le Statut d'Autonomie de la Galice (1981) déclare le galicien "langue propre de la Galice" et lui confère le statut de langue officielle, à côté du castillan, langue officielle de l'Etat. Il accorde à tous les citoyens le droit de le connaître et de l'utiliser. Le gouvernement galicien doit en garantir l'usage dans tous les domaines et en favoriser la connaissance. Le Statut définit également les compétences de la communauté autonome dans le domaine de l'éducation.

La Loi de normalisation linguistique de la Galice (1983) déclare le galicien langue officielle de l'administration régionale et des organismes qui en relèvent. Elle accorde aux citoyens le droit de recourir aux tribunaux pour sauvegarder leurs droits linguistiques.

D'autres dispositions font référence au statut du galicien dans l'enseignement, à la promotion de la culture galicienne, aux média, à l'emploi du galicien dans les rapports entre l'administration régionale et le public, à son utilisation dans le système juridique et dans les administrations locales, ainsi qu'aux toponymes. La Real AcademiaGalega devient l'organisme responsable de la normatilisation de la langue. La Loi prévoit la participation du gouvernement galicien au processus de normalisation linguistique de la Franxa Exterior et l'engage à offrir des services culturels et linguistiques aux émigrés galiciens.

Ces deux textes fondamentaux ont été appliqués par le gouvernement galicien moyennant une série de décrets et autres dispositions ultérieurs. Une loi de 1988 réglemente l'usage du galicien dans les administrations municipales.

Le galicien n'a aucun statut officiel dans l'administration centrale. Les Statuts d'autonomie respectifs des Asturies et de Castille-Léon, communautés auxquelles appartient la Franxa Exterior, n'y font aucune allusion.

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3. Présence et usage du galicien par domaine

3.1. Enseignement

Selon le Statut d'autonomie, la promotion et l'enseignement du galicien sont du ressort exclusif de la Xunta alors que celle-ci a la "pleine compétence" en ce qui concerne la réglementation et l'administration de l'éducation. La Loi de normalisation linguistique établit le statut officiel du galicien dans l'enseignement à tous les niveaux, reconnaît le droit des enfants de recevoir le premier enseignement dans leur langue maternelle et engage le gouvernement régional à promouvoir l'usage du galicien dans ce domaine. Le galicien devient matière obligatoire dans tout l'enseignement non universitaire et les élèves, avant la fin de leur scolarité, doivent atteindre une compétence égale en galicien et en castillan. Les professeurs et étudiants universitaires ont le droit d'employer la langue officielle de leur choix. L'enseignement du galicien devient obligatoire dans l'éducation des adultes et dans la formation des professeurs. Des mesures sont prévues afin de promouvoir la connaissance du galicien parmi le corps enseignant. Diverses dispositions ultérieures réglementent le nombre d'heures d'enseignement du galicien, l'emploi véhiculaire du galicien dans renseignement de certaines matières (langue, littérature et histoire galiciennes, sciences sociales, etc.), l'implantation du galicien dans l'administration scolaire, la formation et le recyclage des professeurs, etc.

Dans l'éducation préscolaire, bien que l'usage du galicien comme langue véhiculaire soit obligatoire pour les locuteurs, environ 20% des élèves seulement recevraient la majeure partie de renseignement en galicien alors que 44% en recevraient une partie.

Dans l'éducation primaire et le premier cycle du secondaire (6-14 ans), entre 64% et 89% des élèves reçoivent au moins une partie de l'enseignement en galicien selon les données officielles de 1992. Le galicien est matière obligatoire dans presque tous les établissements. Dans le dernier cycle du secondaire et la formation professionnelle, une minorité des élèves étudieraient principalement en galicien et une autre minorité (plus importante) partiellement en galicien. Presque tous reçoivent des cours de galicien à raison de 3-4 heures hebdomadaires.

Dans l'enseignement supérieur, le galicien est langue officielle, à côté du castillan, dans les trois universités et les candidats aux concours d'admission sont soumis à un examen de galicien s'ils ont étudié cette langue au cours des 4 dernières années du secondaire. Deux universités offrent des licences de galicien et les cours menant à cette spécialisation se donnent entièrement en galicien. L'introduction du galicien dans l'administration universitaire a fait plus de progrès que son utilisation dans l'enseignement, où d'importants décalages sont à signaler entre les différents départements et facultés. Environ 10% des matières seraient enseignées en galicien et 18,5% des étudiants recevraient au moins une partie de l'enseignement dans cette langue (données de 1990-91). Le manque de familiarité des professeurs et des étudiants avec le galicien écrit est un obstacle majeur mais les attitudes envers le galicien sont généralement favorables.

Quant à la formation des adultes, bien que la Loi de normalisation linguistique prévoie que l'apprentissage du galicien est obligatoire à ce niveau, il semble que très peu d'attention soit accordée à ce type d'enseignement.

En ce qui concerne la formation des enseignants, les cours de galicien sont obligatoires pour tous les étudiants des écoles normales, lesquels peuvent également se présenter à un diplôme spécialisé de galicien. Grâce aux programmes de recyclage organisés par le gouvernement régional et les universités, 23% des professeurs en exercice auraient suivi des cours d'initiation au galicien et 64% posséderaient un diplôme plus avancé (données de 1989). La maîtrise du galicien est nettement plus élevée chez les jeunes professeurs que parmi les plus âgés.

Dans les écoles de la Franxa Exterior, le galicien n'est ni enseigné ni utilisé comme langue d'enseignement. Les enseignants sont peu familiers avec le galicien écrit.

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3.2. Autorités judiciaires

Le Statut d'Autonomie de la Galice, la Loi de normalisation linguistique et d'autres dispositions légales des gouvernements central et régional contiennent des mesures destinées à favoriser l'emploi du galicien dans le système judiciaire: la nomination de fonctionnaires connaissant le galicien; la validité des documents et procédures, quelle que soit la langue officielle utilisée; le droit des citoyens d'utiliser le galicien dans leurs rapports avec la justice et de s'exprimer en galicien devant les tribunaux, à condition qu'aucune des parties ne s'y oppose (la traduction n'étant requise que si la procédure entraîne des effets en dehors de la Galice); les cours de galicien à l'intention des juges, magistrats, procureurs et autres fonctionnaires, etc.

La création du Tribunal Supérieur de Justice de la Galice a également été perçue comme une importante mesure de décentralisation.

Malgré tout, il semble que l'usage formel du galicien dans le système judiciaire demeure assez rare et que très peu de causes sont entendues dans cette langue (sauf éventuellement au Tribunal Supérieur de Justice de la Galice). Par contre, l'utilisation orale du galicien serait assez répandue, y compris parmi les fonctionnaires et autres professionnels, la proximité linguistique du galicien et du castillan facilitant le recours spontané au galicien sans qu'aucune procédure formelle ne soit prévue.

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3.3. Autorités et services publics

Les autorités de l'Etat considèrent le galicien en tant que richesse culturelle, mais les délégations régionales du gouvernement national ainsi que les services qui relèvent de lui en feraient un usage très restreint dans leurs rapports avec le public, l'existence de formulaires bilingues étant souvent la seule concession à l'existence d'une langue autre que le castillan. Contrairement à ce que prévoit la législation, peu de mesures seraient prises pour assurer que les fonctionnaires affectés à la Galice connaissent le galicien.

En ce qui concerne le gouvernement régional, les débats au parlement galicien se déroulent principalement en galicien et les membres du gouvernement font usage du galicien dans de nombreuses manifestations publiques. La connaissance du galicien serait effectivement un critère d'embauche dans la fonction publique régionale et des mesures auraient été mises en place pour assurer la formation linguistique des fonctionnaires.

Quant aux pouvoirs locaux, la plupart des communes feraient un usage assez fréquent du galicien, aussi bien dans leurs assemblées que dans les contacts avec le public. L'on relève, toutefois, des variations importantes selon le parti au pouvoir.

L'emploi écrit du castillan, seul ou coinjointement avec le galicien, semble prédominer dans la plupart des services publics, sauf en ce qui concerne les panneaux des hôpitaux (principalement en galicien) et les commissariats de police (exclusivement en castillan).

La Loi de Normalisation Linguistique accorde à la Xunta le droit d'établir les noms de lieu (sauf les noms des voies urbaines qui relèvent des communes) et établit que la seule forme officielle sera la galicienne. Les noms et prénoms en galicien sont également autorisés aux termes des lois espagnoles.

La plupart des panneaux et pancartes sont actuellement, soit en galicien, soit bilingues. Il n'en va pas de même pour les enseignes commerciales, qui sont presque toutes en castillan. Les revendications des citoyens ont joué un rôle important dans la récupération des toponymes.

La Loi de normalisation linguistique confie à la Real Academia Galega la mission d'assurer la normativisation, la mise à jour et l'usage correct de la langue galicienne. Des nombreuses recherches linguistiques et technologiques sont également réalisées à l'Institut da Lingua Galega et dans les Départements de galicien des universités.

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3.4. Mass médias et technologies de l'information

La presse quotidienne en Galice est fondamentalement en castillan, le pourcentage de galicien dans les principaux quotidiens étant, à peu d'exceptions près, inférieur à 5%. D'autre part le galicien n'est utilisé que dans certaines rubriques: articles sur la culture du pays, articles d'opinion, programmes de radio et télévision, avis de décès, etc. En vertu d'une convention signée en 1991, le gouvernement galicien accorde des subventions aux journaux et aux agences de presse galiciennes afin d'augmenter la présence du galicien, sans grands résultats. Depuis janvier 1994 on trouve dans les kiosques un nouveau quotidien entièrement en galicien, 0 CorreoGalego (tirage entre 5.000 et 10.000 exemplaires), et la création d'un ou deux nouveaux journaux en galicien est annoncée.

Il existe plusieurs revues hebdomadaires, mensuelles et trimestrielles, publiées entièrement en galicien et consacrées à différents sujets, dont la culture, l'économie, la vie religieuse, et l'environnement. Une seule d'entre elles, l'hebdomadaire d'informations générales A NosaTerra, fondée en 1977, aurait un tirage de plus de 1.000 exemplaires. D'autres revues de périodicité diverse sont publiées partiellement en galicien.

Quant à la radio, un seul poste (Radio Galega), qui relève du gouvernement galicien, émet 24 heures sur 24 en galicien à une audience située autour de 152.000 personnes. Deux postes du gouvernement central (Radio Nacionalde España), ainsi que trois postes commerciaux, diffusent des programmes en galicien à raison de quelques heures par semaine. Une dizaine de radios locales émettent totalement en galicien, d'autres le font partiellement.

La Televisión Galega (TVG), émet des programmes presque entièrement en galicien à raison d'une centaine d'heures par semaine, et détiendrait 24% du marché. Les programmes émis par l'une des deux chaînes de TelevisiónEspañola comprennent quelques heures en galicien par semaine. L'autre chaîne espagnole n'émet qu'exceptionnellement en galicien. La langue galicienne est totalement absente de deux des trois chaînes commerciales, alors que l'autre ne diffuse que de rares reportages spéciaux en galicien. Certains émetteurs locaux offrent également des programmes en galicien.

Dans le monde informatique, il existe très peu de logiciels en galicien (programmes de comptabilité et de gestion de bibliothèques), mais le programme de traitement de texte WordPerfect offre un dispositif de vérification orthographique en galicien (financé par le gouvernement régional).

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3.5. Production et industries culturelles

La production de livres en galicien, qui est passée de 354 en 1987 à 760 en 1992, comprend principalement des manuels scolaires, des livres pour enfants, de la poésie, des contes et des romans. Le nombre de traductions d'oeuvres étrangères est en hausse. Le secteur est fortement dépendant du système scolaire, les lecteurs adultes étant peu familiers avec le galicien écrit. La Xunta subventionne la publication de livres et de méthodes et matériaux d'enseignement en galicien.

La musique en langue galicienne fait preuve d'une certaine vitalité. Des dizaines de chanteurs et de groupes interprètent surtout de la musique traditionnelle, mais également du pop et du rock. De nombreux enregistrements sont réalisés.

Plusieurs troupes professionnelles et amateurs font du théâtre principalement en galicien. Les premières peuvent avoir accès aux subventions de la Xunta et la plupart ont des liens avec le Centro Dramático Galego (organisme officiel créé en 1984). Depuis 1978 la coopérative Escola Dramática Galega joue un rôle important de coordination et d'animation.

Huit long métrages en galicien auraient été tournés en Galice depuis 1987. Tous ont été financés par le gouvernement régional mais leur diffusion dans les circuits commerciaux est fort limitée. La Xunta offre également des subventions à d'autres productions audiovisuelles (vidéos, courtmétrages ... ). Les seuls films doublés ou sous-titrés en galicien sont ceux émis par TVG.

Les autres manifestations culturelles comprennent des circuits culturels, des festivals de théâtre pour adultes et pour enfants, une romeria internationale, un festival de poésie, des festivals de culture celte.

En outre, le gouvernement régional a pris de nombreuses mesures en faveur de la culture galicienne: aides aux bibliothèques, à l'édition, aux traductions, à la production audiovisuelle, théâtrale et discographique, prix littéraires, subventions à d'autres organismes, dont la Real Academia da Lingua Galega, etc.

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3.6. Le monde des affaires

Bien que la connaissance du galicien soit théoriquement obligatoire lors de la nomination des fonctionnaires régionaux et du personnel universitaire, dans d'autres secteurs ce critère n'entre même pas en ligne de compte, sauf éventuellement pour les postes qui exigent des contacts fréquents avec le public.

La publicité institutionnelle se fait principalement en galicien. La publicité commerciale transmise par les média qui relèvent du gouvernement galicien est exclusivement en galicien (par la radio) ou partiellement en galicien (la télévision). Celle diffusée par les chaînes de l'Etat et les chaînes privées est entièrement en castillan, de même que le reste de la publicité commerciale, sauf éventuellement celle des produits ou commerçants locaux et celle des banques.

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3.7. Usage familial et social de la langue

Dans les milieux ruraux, la transmission de la langue se poursuivrait comme dans le passé. Toutefois, en raison du dépeuplement de la campagne qui a eu lieu depuis les années 1950, l'emploi du castillan, qui caractérisait déjà les populations urbaines depuis le siècle dernier, s'est étendu à une proportion croissante de la population. En ville ce n'est que dans une minorité de familles culturellement motivées que le galicien se maintient. Selon les recherches, seulement 4,5% des jeunes citadins actuels seraient de langue maternelle galicienne, quoique la quasi totalité comprennent le galicien et plus de 90% savent le parler. L'emploi exclusif du galicien, selon une enquête menée en 1991, aurait baissé de 84,5% à 34,8% en l'espace de trois générations au profit principalement des comportements bilingues. En contrepartie, dans certaines familles urbaines les enfants qui apprennent le galicien à l'école "rendraient" cette langue à leur parents dans une sorte de transmission intergénérationnelle inverse qui n'est pas suffisamment répandue, toutefois, pour contrecarrer la tendance globale. Les jeunes couples formés de deux locuteurs parleraient encore en galicien et l'on estime à 70-80% la proportion de mariages endogames.

En termes d'âge, le recensement de 1991 révèle des taux de compréhension et de compétence orale fort élevés parmi tous les groupes, à l'exception des jeunes enfants, constatation qui confirme la castillanisation du milieu familial. En revanche, les écarts entre les groupes d'âge se creusent lorsqu'il est question de l'usage de la langue, ceux qui se servent systématiquement du galicien étant deux fois moins nombreux parmi les jeunes de moins de 18 ans que parmi les personnes âgées de plus de 65 ans. L'impact de l'école est perceptible, toutefois, car la baisse continue des taux d'utilisation du galicien se renverse, pour la première fois, parmi les adolescents actuels. Les meilleurs taux de connaissance du galicien écrit, attribuables également à l'enseignement, se trouvent chez ce même groupe.

Les connotations sociales reliées à l'emploi du galicien sont empreintes d'une certaine ambiguité. Certains y voient des connotations négatives, probablement en voie de disparition, dans la mesure où l'usage du galicien est plus répandu, encore de nos jours, parmi les populations rurales, les personnes moins instruites, et celles qui occupent des emplois moins prestigieux. En revanche, le prestige accru dont jouit le galicien depuis quelques années, du fait de son introduction dans les média, dans l'enseignement et dans l'administration, ainsi que l'existence d'une élite intellectuelle d'expression galicienne, sont autant de facteurs qui renforcent les connotations positives.

Les locuteurs du galicien semblent assez optimistes quant à l'avenir de leur langue. S'ils croient presque à l'unanimité que l'on continuera de parler deux langues en Galice, plus de la moitié sont de l'avis que l'usage du galicien augmentera. Près de 90% considèrent le galicien aussi utile que le castillan. Les attitudes, aussi bien des locuteurs que des non locuteurs, sont généralement favorables à rusage du galicien dans de nombreux domaines de la vie sociale et publique, les personnes les mieux disposées étant les plus instruites.

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3.8. Echanges transfrontaliers

On n'a pas recueilli de renseignements concernant d'éventuels échanges transnationaux ni quant aux possibles mesures de promotion du galicien à l'étranger adoptées par le gouvernement espagnol. Par contre, le gouvernement galicien, conformément à la Loi de normalisation linguistique, organise des cours de langue et de culture galiciennes dans les localités, en Espagne et à l'étranger, où il y a une communauté galicienne nombreuse, ainsi que des concours visant la nomination de professeurs de langue et de littérature galiciennes dans les universités étrangères.

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4. Conclusion

La langue galicienne a du mal a se défaire des effets de son long passé rural. Moyen d'expression presque exclusivement orale d'une société pauvre et vieillissante, elle ne parvient pas à s'imposer parmi la jeunesse et dans la société urbaine dont l'exode rural des dernières décennies a augmenté le poids relatif. Les autorités espagnoles se limitent à tolérer son existence et l'effectivité du gouvernement galicien semble moins claire que ne le feraient croire les amples mesures de promotion déployées à l'égard de la langue. Dans certains domaines -tel le système judiciaire- l'acceptation relative dont jouit l'usage oral du galicien semble imputable plutôt à sa proximité linguistique au castillan qu'à une véritable égalité de statut et l'indéniable importance de sa présence dans les écoles et dans certains média de communication s'avère pour l'instant insuffisante pour contrecarrer des habitudes séculaires de diglossie et de passivité. Dans la Franxa Exterior. L'absence totale de mesures de protection de la part des gouvernements central et régionaux concernés a contribué à créer une situation encore plus précaire.

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