Le Mirandais au Portugal
xx-xx-xxxx
http://www.uoc.es/euromosaic/web/document/mirandes/fr/i1/i1.html
Institut de Sociolingüística Catalana
English version
Le Mirandais au Portugal
  1. Introduction à la langue
  2. La langue dans le pays où elle est parlée
    1. Données générales sur la communauté linguistique
    2. Description géographique, démographique et linguistique
    3. Histoire générale de la région et de la langue
    4. Statut juridique et politique officielle
  3. Présence et usage de la langue par domaines
    1. Enseignement
    2. Autorités judiciaires
    3. Autorités et services publics
    4. Masse média et technologies de l'information
    5. Production et industries culturelles
    6. Le monde des affaires
    7. Usage familial et social de la langue
    8. Echanges transfrontaliers
  4. Conclusion


1. Introduction à la langue

Cette rubrique ne contient pas de données pour cette langue.

[Retour au sommaire]


2. La langue dans le pays où elle est parlée

Cette rubrique ne contient pas de données pour cette langue.

[Retour au sommaire]


2.1. Données générales sur la Communauté linguistique

Cette rubrique ne contient pas de données pour cette langue.

[Retour au sommaire]


2.2. Description géographique, démographique et linguistique

Le mirandais est une langue romane (d'origine incertaine mais qui semble pouvoir se rattacher au groupe asturien-léonais) qui commença à se former vers le milieu du XIIe siècle. De nombreux documents légaux attestent son existence tout au long des XIIe, XIIIe et XlVe siècles. Il est parlé dans les villages de la municipalité de Miranda de Douro (excepté Atenor et la capitale), dans trois villages de la municipalité de Vimioso et dans certains villages des municipalités de Mogadouro et Bragança, à l'extrême nord du Portugal, dans une région aux profonds contrastes géologiques entre les vallées des fleuves Douro et Sabor. La région a de meilleures communications routières avec la ville de Zamora, en Espagne, qu'avec Lisbonne ou Porto, ce qui a provoqué un certain isolement par rapport au reste du Portugal dont elle est séparée par le Tras-ós-Montes.

La population totale de la région était de 14.728 personnes en 1991. Au cours des années 60, la population de la région augmenta suite à la construction des barrages hydro-électriques de Miranda et Picote, qui attirèrent de nombreux ouvriers venus d'autres régions du Portugal. La fin des travaux entraîna le départ de ces travailleurs et le début d'un fort mouvement d'émigration des Mirandais -près de 40% de la population totale de l'époque- vers d'autres régions du Portugal et vers l'étranger, suite au surplus de travailleurs agricoles dans la région. Au cours de ces dernières années, l'augmentation des échanges commerciaux avec l'Espagne a entraîné une légère récupération de la démographie.

La population de langue mirandaise (10.000 locuteurs habituels) se concentre presque totalement dans les petits villages de moins de 3.000 habitants. Depuis les années 60, le nombre de locuteurs de Mirandais n'a cessé de diminuer en raison des mouvements d'émigration (suite à la fermeture des nombreuses mines de la région) et de l'immigration de locuteurs de portugais. Aux locuteurs habituels, ü faut ajouter quelque 5.000 locuteurs occasionnels, pour la plupart des émigrés mirandais des grandes villes du Portugal qui retournent à Miranda en villégiature.

L'économie de la région se fonde sur l'agriculture et l'élevage (blé, vin, pomme de terre, huile, ovins et bovins), tandis que le commerce, les services, la construction et l'hôtellerie occupent la plupart de la population de la ville de Miranda do Douro. L'industrie y est pratiquement inexistante. D'autres ressources économiques sont les barrages hydro-électriques de Miranda et Picote, ainsi que le tourisme, bien que les structures d'accueil soient faiblement développées. Le niveau de vie de la région est proche de la moyenne nationale, sans poches de pauvreté, grâce aux ressources financières investies par les émigrants.

[Retour au sommaire]


2.3. Histoire générale de la région et de la langue

L'origine connue de la ville date de 1286. Suite à son développement économique au cours du XIVe siècle, Miranda devient le principal centre culturel social et religieux du Tras-ós-Montes à partir de la moitié du XVe siècle. Au cours de la Guerre de Succession d'Espagne, la ville fut conquise et occupée par les troupes espagnoles (1710-1711).

L'histoire de la langue a été très fortement marquée par le caractère agraire de la région, étant donné l'influence des déséquilibres sociaux et économiques dûs au processus de modernisation qui a eu lieu au cours de ces dernières décennies. Ainsi, la scolarisation obligatoire, l'influence croissante des mass-média et le changement des mentalités des jeunes générations ont provoqué une crise des valeurs traditionnelles de la région, ainsi que la perte de locuteurs et d'intérêt envers le mirandais. En effet, les jeunes considèrent le mirandais comme une langue archaïque et sous-développée, peu apte aux besoins de la communication moderne. En outre, le fait que la tradition linguistique mirandaise soit plutôt orale qu'écrite et qu'il n'existe pas une littérature abondante en mirandais ne fait que renforcer cet état de choses.

La communauté linguistique mirandaise a fait peu en faveur de sa langue. Seules quelques activités purement folkloriques sont organisées par quelques associations, laissant la promotion du mirandais aux autorités locales. Malgré tout, quelques articles parus dans les journaux locaux, ainsi que des reportages à la radio et à la télévision signalent la présence de la langue dans la région.

[Retour au sommaire]


2.4. Statut juridique et politique officielle

Le gouvernement national reconnaît le patrimoine linguistique et culturel que représente le mirandais et fait de son mieux pour le préserver et encourager sa diffusion à travers renseignement facultatif du mirandais -reconnu comme langue seconde dans la région- dans le second cycle des écoles primaires (élèves de 9, 10, 11 et 12 ans) et le premier cycle du secondaire (13, 14 et 15 ans).

Les autorités locales de la région promeuvent le mirandais à travers la publication d'ouvrages en cette langue et d'études linguistiques spécialisées, le folklore et la culture; l'organisation d'un festival de la chanson; le financement d'activités théâtrales; et l'utilisation du mirandais dans certains discours officiels.

[Retour au sommaire]


3. Présence et usage du mirandais par domaine

3.1. Enseignement

Le mirandais n'a aucune présence dans les suivants niveaux d'enseignement: pré-scolaire, premier cycle du primaire, second cycle du secondaire, technique, formation d'adultes et universitaire.

En revanche, les autorités locales ont favorisé l'inclusion de cette langue comme matière facultative du premier cycle de secondaire dans les lycées de la région. Le statut légal du mirandais dans renseignement découle d'un décret émanant du secrétaire d'Etat adjoint au Ministère de l'éducation portugais de septembre 1985. Actuellement le mirandais est enseigné comme matière facultative au lycée de Miranda do Douro à un nombre assez réduit d'élèves du premier cycle du secondaire. Cependant, l'enseignement du mirandais présente de grandes lacunes dans la mesure où il n'existe ni organisme d'inspection des cours, ni stages de formation et recyclage des professeurs.

[Retour au sommaire]


3.2. Autorités judiciaires

La seule langue officielle utilisée dans les tribunaux est le portugais, bien que le mirandais s'utilise quelquefois et que des interprètes soient normalement disponibles.

[Retour au sommaire]


3.3. Autorités et services publics

La seule langue utilisée par les services publics est le portugais. Bien que le mirandais soit utilisé dans les indications des toponymes de la région, les autorités se montrent plutôt réticentes quant à l'adoption de noms propres en mirandais

[Retour au sommaire]


3.4. Mass médias et technologies de l'information

Le mirandais n'a aucune présence dans les mass-média, à l'exception de quelques rares articles parus dans la presse locale.

[Retour au sommaire]


3.5. Production et industries culturelles

La production littéraire en mirandais (une dizaine d'ouvrages) se compose principalement de recueils de poésies, d'oeuvres religieuses et de quelques livres scolaires.

En revanche, la musique traditionnelle mirandaise se porte plutôt bien et de nombreux récitals de chants et danses populaires ont lieu chaque année. Un disque édité par le Centro deEstudios deFolclore deZamora qui recueille certains de ces récitals a reçu le Prix National de Culture en Espagne (1987).

Il existe quelques troupes de comédiens amateurs au sein des associations et cercles culturels de la région. Les pièces se jouent très irrégulièrement (deux ou trois fois par an) malgré le soutien du conseil municipal de Miranda et des Juntas deFreguesia (conseils de district).

Le mirandais est également présent dans d'autres activités culturelles telles que conférences et séminaires sur le patrimoine culturel et folklorique de la région, expositions d'artisanat, de costumes régionaux, de peinture, de photographie, etc. Par exemple, il nous faut souligner les Primeiras Jornadas de Lingua e Cultura Mirandesa, organisées par l'Escola Preparatôria de Miranda de Douro en 1987 et l'Encontro Regional de Variaçao Linguistica, organisé par l'Associação Portuguesa de Linguistica en septembre 1993.

Finalement, il est à noter que le gouvernement portugais fonda en 1982 le Museu Terrade Miranda, qui dépend de l'instituto Português do Patrimonio Cultural, et qui a organisé diverses expositions. Par ailleurs, le conseil municipal de Miranda do Douro créa en 1988 une bibliothèque municipale dont les livres ont été cédés par la Fondation Calouste Gulbenkian et par la Direction Générale d'Extension Educative/Education pour adultes.

[Retour au sommaire]


3.6. Le monde des affaires

Le mirandais est parlé, toujours aux côtés du portugais, dans certaines activités commerciales et agricoles.

[Retour au sommaire]


3.7. Usage familial et social de la langue

En dehors de la capitale de la région, il semble que la très grande majorité des parents continue à transmettre le mirandais à leurs enfants. Quant à l'usage social de la langue, le fait que les locuteurs de mirandais soient considérés comme arriérés par rapport aux locuteurs de portugais constitue un obstacle à son extension. Dans ce sens, les habitants de la région sont assez pessimistes quant aux possibilités de survie de leur langue et ils considèrent que les seules possibilités passent inexorablement par le soutien actif des pouvoirs publics et la motivation des jeunes à parler le mirandais.

[Retour au sommaire]


3.8. Echanges transfrontaliers

Cette rubrique ne contient pas de données pour cette langue.

[Retour au sommaire]


4. Conclusion

Le mirandais se trouve actuellement dans une situation très nette de recul, processus qui s'est accéleré depuis les années soixante. Sans guère de soutien des pouvoirs publics et privé de l'intérêt de ses propres locuteurs, la reproduction familiale de la langue, son prestige ainsi que son usage social sont donc en nette régression. En effet, les manifestations publiques du mirandais se bornent la plupart des fois à des actes plutôt folkloriques. En outre, la faible distance linguistique qui sépare le mirandais du portugais aide à l'assimiler dans l'esprit de la population à un dialecte du portugais.

[Retour au sommaire]

©Euromosaic